La helpline antiterroriste ravive l’Affaire des fiches

Grand ConseilLa permanence téléphonique pour signaler des cas de radicalisation n’inquiète que la gauche radicale, qui craint une dérive.

La ministre Verte Béatrice Métraux a vu son projet soutenu par la plupart des élus.

La ministre Verte Béatrice Métraux a vu son projet soutenu par la plupart des élus. Image: Jean-Bernard Sieber

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Le Canton de Vaud va se doter d’une helpline anti-radicalisation, atteignable gratuitement 7 jours sur 7 sept, de 6 h à 22 h. Chacun pourra ainsi signaler, anonymement ou pas, si une personne se trouve sur la pente glissante de l’extrémisme violent, religieux ou non. Formellement, le décret n’est pas encore entériné par le Grand Conseil, mais il ressort clairement du premier débat, mardi, qu’une large coalition politique soutient cette idée, dévoilée il y a peu.

En fait, seul le groupe Ensemble à Gauche, ultraminoritaire, s’y est frontalement opposé. Son inquiétude porte sur la protection des données. Car le futur «groupe opérationnel» spécialement dédié à la lutte contre la radicalisation, à qui seront transmis les signalements, disposera de données sensibles sur l’individu suspecté. Et il pourra les partager avec des entités partenaires, qu’elles soient publiques ou privées, s’il le faut. «Cette forme de droit d’urgence à la vaudoise foule aux pieds des libertés fondamentales et ouvre la voie à une surveillance arbitraire, a fustigé le député Jean-Michel Dolivo. Il existe déjà dans le Code pénal des articles qui répriment les actes préparatoires d’attentats terroristes!» «Le projet vise la prévention, pas la répression, a rétorqué la ministre Verte Béatrice Métraux. Les informations ne seront transmises à des professionnels habilités que si cela est nécessaire pour le bon accompagnement des dossiers difficiles.» Le décret a reçu l’aval de la préposée vaudoise à la protection des données.

«Cette forme de droit d’urgence à la vaudoise foule aux pieds des libertés fondamentales et ouvre la voie à une surveillance arbitraire»

En filigrane du débat, le scandale des fiches, vieux de 30 ans, a plusieurs fois été évoqué par les députés. Pour ses activités militantes, Jean-Michel Dolivo lui-même avait eu droit à sa fiche établie par la Police fédérale. «Nous devons faire attention à ce que ce décret n’entraîne pas la diffusion large d’informations qui mettraient en danger l’avenir d’adolescents qui, parfois, se radicalisent», a ainsi abondé l’indépendant Pierre Zwahlen. «Oui, quand on cherche à intervenir avant l’acte et non après, on est liberticide, a assumé l’UDC Jean-Luc Chollet. Et toute mesure liberticide est déjà une victoire pour ceux qui s’attaquent à vingt siècles de civilisation judéo-chrétienne. C’est pourquoi il faut un savant dosage, réagir avec proportionnalité, sans surréagir, et c’est ce que propose le Conseil d’État.»

Le projet pilote a une validité de trois ans, au terme desquels un bilan en sera fait. C’est le Centre d’engagement et de transmission de la Police cantonale, rodé avec le 117, qui gérera la helpline. Un point qui laisse sceptique le PS, redoutant que cela dissuade des personnes de faire des signalements. Les infos seront ensuite transmises au groupe opérationnel, présidé par le préfet de Lausanne Serge Terribilini et composé d’assistants socio-éducatifs et de spécialistes en matière de santé et de sécurité. (24 heures)

Créé: 29.05.2018, 21h33

En bref

Environnement



La 3e correction du Rhône soutenue

«Un chantier pharaonique» a reçu le feu vert d’une très large majorité des députés: celui de la 3e correction du Rhône. Le décret approuvé par le Grand Conseil porte sur un premier montant de 60 millions qui seront investis sur vingt ans avec pour objectif une meilleure gestion des crues. Cela passera par l’élargissement des rives pour abaisser le niveau du fleuve, couplé à un renforcement des digues. Le projet, dans sa globalité, est devisé à 700 millions de francs, dont un peu plus de tiers sera à charge du Canton de Vaud. Le reste sera supporté par le Valais.

Civisme



Pourquoi vote-t-on moins dans l’Ouest lausannois?

Les taux de participation aux votations et élections dans l’arrondissement de l’Ouest lausannois est systématiquement inférieur à la moyenne cantonale. Pourquoi?, s’était interrogée la députée socialiste Myriam Romano Malagriffa. Le Conseil d’État tente de l’expliquer en avançant «le caractère urbain» des communes composant le district et «la proportion de personnes récemment naturalisées». Le Gouvernement rappelle plusieurs mesures en place visant à favoriser le vote des jeunes: Journée Forom, projet Easyvote, Commission cantonale des jeunes, etc.

Mobilité



Des millions pour la gare de Cully

Le Grand Conseil a voté l’octroi d’un prêt conditionnellement remboursable aux CFF de 28,9 millions de francs. Il permettra, d’ici à la fin 2021, de réaménager la gare de Cully de manière à permettre le rebroussement des trains du RER vaudois. Le même décret accordait une subvention à fonds perdu aux CFF d’un montant de 1,8 million.

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