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L'histoire de l'animation ne doit pas «finir en queue de poisson»

Le Conseil communal a pressé la Municipalité de trouver un compromis avec la Fondation pour l'animation socioculturelle lausannoise.

David Payot (ici lors d'un débat en octobre 2016)défend une politique autonome de l'animation socioculturelle, mais où la Ville gardera son mot à dire.
David Payot (ici lors d'un débat en octobre 2016)défend une politique autonome de l'animation socioculturelle, mais où la Ville gardera son mot à dire.
LEO DUPERREX/A

Le Conseil communal de Lausanne s'est attelé ce mardi soir à l'animation des quartiers, dont la politique traverse actuellement une crise. Sous les yeux d'un groupe d'animateurs socioculturels venus garnir les rangs du public, les élus ont passé en revue les réponses de la Municipalité à trois interpellations sur les récents déchirements entre la FASL et la Ville. Menacée de disparition, la Fondation pour l'animation socioculturelle fait l'objet de toutes les attentions. A gauche, surtout, où les trois interpellateurs sont issus des trois formations rouge, rose et Verte.

La longue discussion a abouti à l'acceptation par une majorité de trois résolutions demandant d'une part d'éviter la municipalisation de l'animation des quartiers et d'encourager une nouvelle solution rapide et concertée (Ensemble à gauche et les Verts), d'autre part de "garantir, soutenir et construire" "une véritable politique publique et une service public de l'animation socioculturelle" (socialistes). Une quatrième résolution du PLR a également passé la rampe, qui revendique l'ouverture au public de l'audit du Contrôle des finances de Lausanne, resté secret jusque-là.

Plutôt mesuré, le débat a parcouru les nombreuses facettes de cette animation des quartiers lausannois qui implique des associations, des professionnels, une fondation, la Ville et les habitants. Les problèmes se situent à plusieurs niveaux, idéologique, pratique et sur le plan des interactions.

Le PLR Philippe Miauton a relevé, non sans malice, que ce dossier, qui occupe beaucoup ses adversaires de gauche, est pétri de paradoxes. Non seulement il a l'heur de diviser les trois formations de la majorité, mais, en plus, il pousse la gauche radicale à refuser une municipalisation.

Le conseiller communal estime pour sa part que le manque de vision d'ensemble qui, selon lui, se dégage de tout le secteur, militerait plutôt pour une reprise complète par la Ville. Il précise que cela n'a rien à voir avec une volonté de faire des économies: "Nous n'avons jamais dit que l'animation socioculturelle était trop chère. Nous constatons simplement qu'elle est subventionnée à 99,2% par la Ville..."

Pour Johann Dupuis, d'Ensemble à gauche, l'une des difficultés vient du fait que l'animation socioculturelle est née du terrain, il y a 60 ans. "Cette activité a toujours été gérée au plus près des quartiers", dit-il. Pas facile dès lors de dégager une politique publique à partir de réalités qui se sont développées aux quatre coins de la cité, à des rythmes différents.

L'élu déplore que la Municipalité n'ait, selon lui, pas voulu entendre les auditeurs qui ont analysé l'animation socioculturelle lausannoise et ont recommandé de forger une véritable politique publique de l'intégration dans les quartiers et de laisser au terrain le soin de la mettre en oeuvre. Il déplore en outre des "négociations menées au pas de charge".

Chez les Verts, Marie-Thérèse Sangra note que la "décision unilatérale" de la Municipalité communiquée en décembre de reprendre à elle seule toute la gestion de l'animation a "crispé" les protagonistes du terrain.

Son collègue Ilias Panchard fait valoir qu'il existe une crainte dans les différents quartiers d'une standardisation. Ces peurs auraient notamment été alimentées par des éléments contraignants (prises en charge, horaires) figurant dans le projet de convention de subventionnement. Il demande l' "apaisement" et l'aboutissement à une "solution globale et concertée" contrairement à celle de la municipalisation, choisie par défaut et dans un climat tendu: "Nous ne pouvons pas accepter une fin en queue de poisson."

C'est d'un autre angle que le socialiste Denis Corboz aborde la question. Il rappelle que les divergences entre Ville et acteurs de l'animation sont historiques. Dans les années 1970-80, la Municipalité craignait la montée en puissance des gauchistes.

Dans les années 1990, des maisons de quartiers ont commencé à être aménagées contre l'avis des animateurs: "Aujourd'hui, les discussions continuent. Nous ne sommes pas a priori pour la municipalisation, mais il faut maintenant prendre des décisions." Surtout, l'élu exhorte la Municipalité à communiquer davantage pour ne pas laisser les acteurs du terrain dans le flou.

Répondant à une multitude d'interventions, le municipal en charge, David Payot, répète qu'il veut de la concertation. Il ne peut pas y avoir 17 politiques des quartiers comme autant de centres d'animation. Les services de la Ville sont également nombreux à être impliqués dans toutes les activités en lien avec la vie des quartiers. Des rencontres ont déjà eu lieu et il doit y en avoir encore, en particulier dans chaque centre socioculturel, dès mars: "Nous devons trouver des orientations qui puissent faire consensus."

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