«Les horaires du soir peuvent arranger certains employés»

CommerceCritiqué par Unia pour ses extensions horaires, le directeur de Migros Vaud dénonce les méthodes du syndicat et vante le dialogue social

Pour Marc Schaefer, le directeur de Migros Vaud, son entreprise est un modèle de partenariat social et qu'Unia se trompe de combat en critiquant les futures extensions horaires.

Pour Marc Schaefer, le directeur de Migros Vaud, son entreprise est un modèle de partenariat social et qu'Unia se trompe de combat en critiquant les futures extensions horaires. Image: Philippe Maeder

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Le 20 novembre, six magasins Migros du canton verront leurs horaires étendus. Une décision fermement combattue par le syndicat Unia, qui affirme qu’elle est contraire à la volonté du personnel. Directeur de Migros Vaud, Marc Schaefer prend la parole pour défendre la mesure.

En quoi ces horaires sont-ils nécessaires pour Migros?
Ils répondent à des changements dans les habitudes de consommation. Les consommateurs viennent de plus en plus tard. Nous devons aussi répondre à une concurrence accrue des stations-service, du e-commerce et du tourisme d’achat.

Comprenez-vous que cela suscite des réticences?
La sensibilité des gens dépend de la manière dont le sujet est présenté. Affirmer que Migros fait travailler des mamans alors qu’elles pourraient passer du temps en famille, c’est une émotion compréhensible mais ce n’est pas la réalité. Pour moi, l’importance accordée à la vie privée sera toujours de 51% contre 49% pour la vie professionnelle. L’humain est au centre de nos préoccupations et fait partie de notre ADN.

Alors qui travaillera pendant ces plages horaires?
Déjà, les horaires du soir peuvent aussi arranger certains employés. Un gros travail d’optimisation des plannings a été effectué en concertation avec le personnel. Le but n’est pas d’allonger les pauses de midi pour compenser les soirées. Une dizaine de postes seront aussi créés, ils pourraient notamment intéresser les étudiants.

Après une annonce cet été, vous avez temporisé.Avez-vous sous-estimé le mécontentement?
Non, j’ai stoppé le processus car j’avais des doutes à propos de l’impact sur nos partenaires, comme les boulangeries Jowa par exemple. Je n’avais pas la certitude qu’ils aient fait l’objet d’une consultation aussi poussée que le personnel Migros. Et je me suis aussi rendu compte que notre consultation interne était juste sur le fond mais pas excellente sur la forme. Il fallait mieux formaliser les choses.

Vous parlez désormais d’extensions «mesurées», qu’est-ce qui a changé?
Certains horaires ont été revus et nous n’irons pas jusqu’au maximum légal, comme envisagé auparavant. Il faut bien comprendre que le cadre est fixé par les communes, c’est une spécificité vaudoise. Nous utilisons ce qui est mis à notre disposition.

Quid des enseignes partenaires, censées s’adapter aux horaires de vos centres pour des bénéfices moins importants?
Au MMM Crissier, le processus est toujours en cours car nous devons discuter avec tous les partenaires. Ils pourraient bénéficier d’horaires différenciés. Le plus dur dans le commerce reste de faire venir la clientèle. Ensuite c’est au commerçant de faire son travail. S’il y a du monde dans le centre, les partenaires feront du chiffre aussi. Unia affirme toujours que vous n’avez pas consulté correctement vos employés. La présidente de la Commission du personnel peut détailler les démarches. L’adhésion à 100% est impossible, ça n’existe sur aucun sujet, mais les résultats sont très clairs.

Pourquoi avoir refusé de discuter avec Unia?
Le syndicat Unia n’est pas signataire de la Convention collective nationale de travail (CCNT) du groupe Migros. Ils ont raison de défendre l’employé et de combattre les abus mais ils se trompent de cible. Nous sommes considérés comme le meilleur employeur de sa catégorie en Suisse romande (Bilan – avril 2017) et notre CCNT est reconnue comme la meilleure, en Suisse, pour le commerce de détail.

Le syndicat n’a donc aucune légitimité pour vous?
Sur 350 000 employés, en Suisse, dans la branche, Unia représente 10'000 ou 12'000 personnes. Notre CCNT en touche 70'000. Nous prônons le dialogue alors qu’Unia est aujourd’hui un syndicat d’opposition. Leurs tracts sont totalement orientés. Ils viennent manifester devant chez nous car ils savent que le retentissement médiatique sera important mais ils devraient plutôt s’intéresser à d’autres. (24 heures)

Créé: 03.11.2017, 19h34

«Nos attentes sont prises en compte»

Présidente de la Commission du personnel, Françoise Buret défend un processus de consultation rigoureux.

Comment avez-vous consulté votre personnel?

En posant des questions précises puis d’autres plus ouvertes pour lui permettre de s’exprimer, avec possibilité de conserver l’anonymat. Les suggestions ont été synthétisées puis remises à la direction afin de défendre les intérêts des collaborateurs. Le dialogue existe à tous les niveaux et nos attentes ont été prises en compte. Il s’agissait par exemple de garantir un tournus équitable pour les fermetures. Je suis aussi allée personnellement, et à deux reprises, à la rencontre de l’ensemble des employés pour les entendre puis leur présenter notre synthèse.

A quel point le personnel adhère-t-il à la mesure?

Cette mesure touche 412 collaborateurs et le taux de participation à notre sondage est de 45%. Parmi ces personnes, près de la moitié n’y voit pas d’inconvénients et deux tiers se disent prêts à faire deux fermetures et plus par semaine. Ceux qui sont réticents ont pu expliquer pourquoi.

Comment percevez-vous les méthodes d’Unia?

Ce sont des actions chocs et regrettables car il y a d’autres manières d’agir. Quand ils manifestent devant le Centre MMM de Crissier, ils pénalisent tout le monde, clients comme employés.

Articles en relation

Migros refuse de discuter de ses horaires avec Unia Vaud

Commerce Le syndicat exigeait une rencontre avec la direction avant samedi. Le distributeur balaie l’idée. Plus...

Migros surprend en relançant ses horaires étendus

Commerce L’enseigne annonce à nouveau des ouvertures prolongées. Unia ne s’y attendait pas et va réagir. Plus...

Coup d’éclat matinal d'Unia en guise d’avertissement à Migros

Travail Ce jeudi matin tôt, le syndicat a installé des barrages filtrants et distribué des tracts aux entrées du centre commercial Plus...

Migros Vaud gèle aussi ses extensions horaires

Commerce A l’instar de Coop, l’enseigne a finalement renoncé temporairement à l’ouverture étendue. Le syndicat Unia n’entend pas s’arrêter là. Plus...

«Je fais déjà des semaines à plus de 50 heures»

Crissier L’ouverture étendue décidée dans les centres Migros et Coop fait tousser les employés et les petits commerces. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 5

Johnny monument national. (Paru le 9 décembre)
(Image: Vallott) Plus...