Huitante ans d’urbanisation vus du ciel

ExpositionUn pilote a reproduit 1200 vues aériennes du canton prises entre 1930 et 1962. On y voit l’impact de l’homme sur le territoire.

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C’est un trésor que Jean-Michel Zellweger a découvert en 2013, sur les murs des Archives cantonales: des photographies grand format, prises par le chef de place de l’aéroport de La Bécherette Alphonse Kammacher entre 1930 et 1962, montrent le territoire cantonal vu du ciel. En fait, le trésor n’est qu’une infime part des quelque 3000 clichés récupérés (et numérisés) par le Canton auprès de collectionneurs genevois.

Allaman

Le pont sur l'Aubonne prend racine sur les vergers du maraîcher Albert Cauderay, qui vit dans la petite maison toujours debout.

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Chavannes-près-Renens

Du petit village au campus. Au premier plan, le SwissTech.

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Orbe

Les usines Nestlé (et Nespresso) se sont modernisées. Seul témoin du passé, la cheminée de brique a été conservée à titre patrimonial.

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Penthalaz

Le village s'est densifié autour de Cossonay-Gare.

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Romanel-sur-Lausanne

Les zones commerciales ont poussé comme des champignons.

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Yvonand

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Le délégué scientifique à la Direction générale de l’environnement (DGE), pilote et passionné de photographies aériennes, voit immédiatement l’intérêt de comparer ces vues à des photographies actuelles. Durant deux ans, il passe son temps libre à retravailler les contrastes des vieux clichés lorsqu’il fait moche (plus de 2000 heures) et à voler sur les traces de Kammacher quand la météo est clémente (30'000 clichés et 100 heures de vol). Alphonse n’est pas facile à tracer: «On pouvait voler beaucoup plus bas à l’époque, témoigne Jean-Michel Zellweger. La Blécherette m’a remis deux fois à l’ordre…»

Mille deux cents paires concordantes couvrent (presque) tout le territoire vaudois (250 communes). Manque cruellement les photos du Chablais, acquises par le canton du Valais. Trois livres réuniront ces clichés, visibles jusqu’à fin février dans l’entrée de la DGE (rue Caroline 11) à Lausanne, durant les heures de bureau.

Créé: 03.01.2017, 16h39

«Je suis né à la campagne mais j’ai grandi dans une zone artisanale»

Denys Cauderay avait 10 ans quand la photo du premier pont de l’autoroute A1 - aussi son premier tronçon - a été prise en 1960. Il vivait (et vit encore!) avec sa sœur Rolande dans la petite maison juste à côté du nouveau pont sur l’Aubonne, dans la famille depuis le début du siècle. «C’était génial, se souvient-il. Comme j’adorais les machines, ça a été trois ans de bonheur de vivre en plein chantier!» Rolande évoque aussi la période qui a précédé l’ouverture de l’A1, où «on allait marcher sur le pont le dimanche». La nouvelle voie rapide, accueillie d’abord avec intérêt par la famille Cauderay a toutefois mis du temps à la convaincre. Les parents, Albert et Huguette, avaient coutume de dire: «Elle ne sert à rien, leur autoroute: y a personne dessus!» Les choses ont changé avec la venue, en 1978, de Pfister Meubles, à Etoy, rejoint un an plus tard par Ikea, à Allaman. «A la place, il y avait des champs, puis la Coop a été construite sur la forêt, se souvient Denys. Je suis né à la campagne mais j’ai grandi en zone artisanale.» Les vergers et les meurons d’Albert, maraîcher, ont aussi fait les frais du bétonnage: ils se trouvaient sur le tracé de l’autoroute. Sa petite maison, elle, a survécu. Elle s’est un peu agrandie et, surout, les travaux de l’autoroute l’ont mise sur un piédestal. Car la route qui passait devant la maison était plate à l’origine. Elle ne descendait qu’à l’approche des voies de chemin de fer. En 1960, on l’abaisse au nord pour ne pas devoir faire grimper l’autoroute. Et rebelote à la fin des années 90, pour s’adapter aux véhicules modernes. «Certains camions dégonflaient leurs pneus pour passer sous la ligne CFF!» explique Denys. Pour survivre à ces excavations successives, la maison est assortie d’un mur de soutènement. Ce qui était un petit chemin de terre est aujourd’hui encore le seul trait d’union entre la sortie de l’A1 et la zone commerciale d’Etoy. Aux heures de pointe, la route d’Aubonne devient une artère surchargée et le reste du temps, un goulet à Fangio. «Petit, je ne regardais jamais avant de me lancer à vélo sur la chaussée: j’écoutais, témoigne Denys. Là, il faut parfois un quart d’heure avant de pouvoir s’y engager et c’est dangereux de s’y aventurer à pied.»

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