L’idée d’école unique pour les policiers romands resurgit
SécuritéLe projet d’une seule école sur plusieurs sites est relancé. Cette fois, l’initiative vient de Genève, et Vaud l’appuie
Le 6 mars, sur l’esplanade de la Treille, le libéral-radical Pierre Maudet a participé pour la deuxième fois à la cérémonie d’assermentation des nouveaux agents de la police genevoise devant le Conseil d’Etat. Son discours lui a permis de manifester sa détermination à «faire évoluer la formation policière à l’échelle romande».
A la fin mars, il a tenu le même langage à ses homologues des cantons voisins, qui étaient réunis dans le cadre de la Conférence latine des chefs de départements de justice et police. Il a obtenu sur-le-champ qu’un groupe de travail soit constitué pour réfléchir aux formes que pourrait prendre une école de police par laquelle passeraient chaque année quelque 300 aspirants. Ce qui est un minimum pour offrir un enseignement de qualité à un coût raisonnable.
Structures dispersées
Sur le fond, il n’y a pas de problème: depuis 2004, il faut obtenir un brevet fédéral pour devenir policier, que la pratique du métier se fasse dans un corps cantonal ou communal. Mais en Suisse romande, les structures de formation restent dispersées. Quatre écoles d’aspirants coexistent. Avec ses 105 places annuelles au maximum, le centre de formation de la police genevoise ne répond plus aux besoins et souffre de la vétusté de ses infrastructures. Une demande de crédit devrait donc être bientôt soumise au Grand Conseil pour le refaire à neuf.
La dimension de ce projet dépendra des options stratégiques des autres Conseils d’Etat, qui vont devoir reconsidérer des dispositions prises il n’y a pas si longtemps, à la suite de l’échec des précédents projets d’école unique. Depuis 2003, Vaudois et Valaisans occupent la place d’armes désaffectée de Savatan. Les effectifs de cette «académie» ont été gonflés par la réorganisation de la sécurité dans le canton de Vaud, qui contraint les corps de police communaux à disposer d’agents brevetés.
Bon an mal an, plus d’une centaine d’aspirants passe ainsi par le rocher qui surplombe Saint-Maurice. Les Fribourgeois forment chaque année, en deux langues, entre 20 et 40 aspirants. Soit deux fois plus que Jurassiens et Neuchâtelois qui font école commune à Colombier. Les aspirants du Jura bernois y suivaient jusqu’ici leurs cours mais se rendront à l’avenir à Ittigen, où le gouvernement de leur canton a décidé d’ouvrir un centre de formation pour son personnel francophone.
Formation multi-site
Longtemps, la Vaudoise Jacqueline de Quattro a pu espérer que l’Académie de Savatan s’imposerait en lieu unique pour la formation des polices romandes. En quelques années d’existence, ce centre a largement diversifié la palette de ses cours. Depuis sa création, il assume la formation des agents de la police militaire. Dès 2014, il se chargera de celle des aspirants de langue française de la police des transports. Il a aussi mis en place une filière de formation pour une fonction en plein essor qui va devenir un maillon complémentaire indispensable dans les dispositifs de police: celle d’assistant de sécurité publique. Pour conforter sa position, l’académie valdo-valaisanne offre en outre des cours de sécurité aux entreprises.
Alors pourquoi ne pas concentrer les cours pour l’obtention du brevet fédéral à Savatan, où l’espace se prête à des extensions? «Parce qu’une formation moderne doit comporter une large dimension urbaine», explique Pierre Maudet. Face à cet argument indiscutable, Jacqueline de Quattro s’est faite à l’idée d’une formation multi-site. Avant même que le groupe de travail ait rendu son premier rapport, la géographie du projet se dessine tout naturellement. Avec les installations en tous genres que lui a laissées l’armée, Savatan se prête à l’exercice pratique du métier de policier, du maniement des armes au maintien de l’ordre. Pour tout ou partie, l’enseignement théorique serait avantageusement dispensé à Colombier, où gravitent déjà les spécialistes de l’Institut suisse de police, dont le centre administratif est à Neuchâtel. Le centre de formation genevois serait alors transformé pour que les aspirants de toutes les polices romandes y accomplissent leur stage en milieu urbain.
Opportunité à discuter
L’opportunité d’une école sur trois sites se discute encore. Elle a pour principale qualité de donner une envergure véritablement romande au projet. Jacqueline de Quattro promet qu’elle va prendre contact avec Pierre Maudet dès la rentrée: «Je souhaite que nous empoignions dès ces prochaines semaines notre bâton de pèlerin pour aller discuter de tout cela avec nos collègues des gouvernements voisins.» Plusieurs sont entrés en fonction récemment. Cela aidera à oublier les rancœurs qu’avait laissées l’échec des précédents projets de formation commune.
Un groupe de travail planche sur un projet d’Ecole de police susceptible de former chaque année quelque 300 aspirants entre Savatan (formation pratique), Colombier (cours théoriques) et Genève (stages en milieu urbain).
Créé: 12.08.2013, 07h18
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