Infirmiers et médecins s’exercent ensemble à l’urgence dans la rue

FormationC’est une première romande: les étudiants de l’UNIL et de La Source ont réagi ensemble et in situ à une simulation de catastrophe.

Auprès de chaque patient simulé, deux étudiants, coachés par le DPMA, tentaient de faire les gestes justes.

Auprès de chaque patient simulé, deux étudiants, coachés par le DPMA, tentaient de faire les gestes justes. Image: Philippe Maeder

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La rue Sébeillon était à feu et à sang hier soir. Après l’explosion suivie de l’incendie d’un immeuble rue de Boston, une trentaine de personnes évacuées ont été prises en charge par une ruche de 70 professionnels de l’urgence au sein de l’Ecole des métiers. Quelque 30 étudiants infirmiers et médecins accompagnaient les 36 spécialistes du Détachement du poste médical avancé (DPMA) du Service de protection et sauvetage de Lausanne (SPSL).

Ce déploiement n’était pas dû à la gravité de la situation: hier soir, les brûlures et plaies ouvertes des victimes n’étaient que pipeau. Une mise en scène élaborée pour permettre le premier exercice de simulation extrahospitalier et commun de l’Institut et Haute Ecole de la santé La Source et de la Faculté de biologie et médecine de l’UNIL. «Cela fait des siècles que les médecins et les infirmiers travaillent côte à côte, mais c’est nouveau qu’ils travaillent ensemble», explique Jacques Chapuis, directeur de La Source. En bref, la tendance est à l’inter- plutôt qu’à la pluridisciplinarité. Ainsi, depuis deux ans, les deux institutions romandes collaborent pour mettre en place des modules interprofessionnels (9 après-midi, à option) au sein du Laboratoire des pratiques cliniques, inauguré en 2012 par La Source à Lausanne.

«La base de la médecine d’avenir»

«C’est juste génial, j’aurais adoré faire ça, témoigne la Dresse Dominique Truchot-Cardot, seule professeure médecin de La Source. Aujourd’hui, nous avons affaire à des générations qui sont prêtes à travailler de concert. C’est la base de la médecine d’avenir que d’apprendre à se connaître et à parler le même langage.»

Charlène Frei, étudiante en médecine de 3e année, vient d’envoyer en ambulance un patient simulé qui montrait les signes d’un infarctus. Encore un peu hagarde, elle témoigne: «Ces exercices qui mêlent médecins et infirmiers, c’est capital!» Vanessa Deroche Imhof était au chevet du même patient. «C’est difficile de communiquer dans le stress, avoue cette infirmière qui termine sa formation. Cela apprend à trouver sa place, mais aussi à apprivoiser un matériel d’urgentiste auquel nous ne sommes pas habitués.» Et puis, les deux étudiantes le clament: cela met en exergue leur complémentarité. «Certains gestes, nous ne savons tout simplement pas les faire», admet Charlène Frei.

Ce sont quatre professeurs de La Source, tous rompus aux soins intensifs, qui ont imaginé ce «bouquet final» pour les étudiants en médecine ou en soins infirmiers de 3e année. «Cet exercice grandeur nature est un moment pour resynthétiser, rassembler tout ce qu’ils ont appris», justifie la Dresse Truchot-Cardot, qui a quinze ans d’expérience d’urgentiste à Paris. Et davantage qu’en hôpital, cette simulation leur permet d’utiliser leurs connaissances aux côtés d’autres professionnels de l’urgence, tant du point de vue des soins que de celui de la sécurisation des lieux.

Après la simulation – toujours en cours au moment où nous bouclons – viendra l’heure du débriefing, «le moment pédagogique fort», selon la doctoresse, où il faudra, devant ses pairs, décortiquer les gestes qu’on a faits, et que, la prochaine fois, on fera pour de vrai.

Créé: 22.04.2016, 08h25

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