Ses interventions font des millions de vues sur LinkedIn

Gregory LoganA 25 ans, le jeune créateur de start-up est devenu un influenceur de renom sur le réseau social professionnel.

Gregory Logan compte quelque 32'000 suiveurs sur le réseau professionnel LinkedIn.

Gregory Logan compte quelque 32'000 suiveurs sur le réseau professionnel LinkedIn. Image: ODILE MEYLAN

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Surtout, ne demandez jamais à Gregory Logan de vous expliquer ce qu’il fait dans la vie. Après dix minutes de discussion intense, le dynamique entrepreneur de 25 ans aura utilisé dans un débit frénétique les termes de brainfit, brainhack, workshop, hackathon, speed consulting, provoquant en vous un mal de tête immédiat. Noyé dans cet océan d’anglicismes branchés, il vous suffira de lever le bras en signe de SOS pour que le Lausannois aux yeux azur vous lance une bouée de sauvetage bienvenue. «Nous sommes des schizophrènes, admet-il, avec un regard rieur et un sourire complice. Quand nous nous rendons chez des clients, nous disons juste que nous faisons de l’innovation.» Gregory Logan a cofondé une start-up nommée The Shared Brain, présente dans 20 villes d’Europe. «Pour résumer, le principe est de créer un réseau qui vient en aide aux entrepreneurs.»

As du réseautage, il compte quelque 32'000 suiveurs sur LinkedIn, le Facebook professionnel. Ses interventions – essentiellement des conseils dans le lancement de projets – cartonnent. Son audience hebdomadaire varie entre 1,5 million et 5 millions de vues, à raison de 3 ou 4 posts par semaine. Un de ses derniers messages a même attiré 3,5 millions d’internautes à lui seul.

Je suis un mec qui a la dalle, du matin au soir, et qui vit à 300 à l’heure. J’ai tellement de peps que je veux partager cette énergie avec les autres.

Sa recette? «Toujours rester authentique. Ne pas se donner un genre. Si ça marche si bien, c’est justement parce que les gens s’y retrouvent.» Malgré sa jeunesse, Gregory Logan se dit riche d’une solide expérience acquise sur le terrain. «Pour en arriver là, on en a bavé et on a mangé du bitume. Nous avons créé pas moins de 200 events et rencontré plus de 2000 entrepreneurs. Chacun de nos événements a généré entre 10 et 40 idées.»

Conséquence: cette réussite instantanée attise la jalousie. Certains jugent les posts de Gregory Logan risibles ou écrits à l’emporte-pièce. Un profil parodique se moquant de ses interventions a même vu le jour. «Je m’en fiche. Quoi qu’on en pense, je ne suis ni un gourou ni un coach de vie. Je ne suis pas du genre à expliquer aux autres comment faire. Je suis un mec qui a la dalle, du matin au soir, et qui vit à 300 à l’heure. J’ai tellement de peps que je veux partager cette énergie avec les autres.»

Un déo et une grosse remise en question

C’est à 15 ans que Gregory Logan fait l’une des expériences les plus saisissantes de sa vie, lorsqu’il subtilise un déodorant dans un magasin. Il se fait pincer. «Mes parents m’ont copieusement engueulé, mais en mode constructif. Cette bêtise de gosse a été une vraie remise en question qui m’a construit.»

À cette période, la natation occupe une partie importante de sa vie. Il remporte même une médaille d’argent aux Championnats de Suisse sur 100 m dos. «Je m’entraînais dix fois par semaine. Le mardi et le jeudi, je me réveillais à 5 h 30 pour aller nager une heure avant d’aller à l’école. À 12 h 30, je mangeais chez un copain et on filait au Centre sport et santé à Dorigny pour faire deux heures de fitness. Ensuite, on prenait le métro pour nager de 16 h 30 à 18 h 30. Je crois que le sport m’a offert une bonne école de vie. J’ai notamment appris à planifier mes horaires, mon sommeil et ma nourriture.»

Ancien entraîneur du Lausanne Natation, François Willen se souvient bien du caractère de Gregory Logan. «Au départ, ce n’était pas un grand talent. Mais c’était un énorme bosseur. À 15 ans, il était déjà très conséquent. Quand il a dérobé son déodorant, il a dû aller s’excuser au magasin pendant un entraînement. Il aurait très bien pu me cacher la raison de son absence. Or, il m’a tout expliqué, sans slalomer. Il sait assumer, prendre ses responsabilités. Il se remet en question. On sent qu’il est l’aîné d’une fratrie de cinq enfants. Sa sœur Tess pratiquait aussi la natation. Il la protégeait constamment.»

Ce trait de caractère, le Lausannois l’a ancré dans la peau. Sur son dos, il porte un tatouage représentant un aigle en plein vol. «Il symbolise la loyauté, la fidélité et le courage. Je l’ai fait à 18 ans. J’aime m’accrocher aux choses et aux gens que j’apprécie et me montrer protecteur.» Au-dessus du rapace, une locution latine: hoc majorum virtus, slogan du clan Logan. Traduction? «Ceci représente les valeurs de mes ancêtres» ou «Ici règne un grand courage», précise le jeune homme aux racines écossaises.

Amateur de bubble tea et de photographie, Gregory Logan fait tout à fond. «Mes parents m’ont toujours soutenu dans ce que j’entreprenais. Ils étaient présents même quand mes compétitions de natation avaient lieu au Tessin. On formait un team. Ils m’inspirent beaucoup. Mon père (ndlr: Ian Logan, le CEO de Lausanne 2020), colonel à l’armée, est un hyperactif très méthodique, mais très social. Il parle à tout le monde. Ma mère est plus à l’écoute. Elle a toujours tout en tête. Elle réfléchit, planifie. C’est la plus grande force de la nature que je connaisse. Elle s’occupe d’une famille de cinq enfants, d’un mari, de sept animaux. Enseignante à 50%, elle vient de passer un bachelor, en gérant tout cela.»

C’est devant eux, assis sur le canapé du salon, que Gregory Logan a fait une présentation PowerPoint de 45 minutes un dimanche soir. «C’était il y a quatre ans. Je leur ai dit que je voulais quitter mes études et créer mon propre bachelor. J’ai avancé mes arguments, créé un graphique de mon emploi du temps, dressé les différentes options qui s’offraient. Mes parents ne m’ont pas dit non, et ne m’ont pas dit oui. Ils m’ont juste demandé d’assumer mon choix. Ils ne devaient pas trop y croire. Mais aujourd’hui, je suis fier de leur montrer que je gagne ma vie grâce à mes idées.»

(24 heures)

Créé: 19.12.2017, 08h55

Bio

1992
Naissance le 29 février à Lausanne.
2007
Vice-champion de Suisse de natation au 100 m dos.
2010
Opération du cœur de son père. «J’ai eu très peur.»
2011
Coup de cœur. Il tombe amoureux de Dara.
2012
Grenadier de chars à Thoune, il est réformé de l’armée, à la suite d’une blessure à un genou. Lui qui voulait être parachutiste, il se retrouve à la PCi.
2013
Quitte la HEIG-VD après un an et demi. À cette occasion, il fait son premier pitch de 45 minutes devant ses parents pour leur expliquer pourquoi il quitte les études.
2014
Lancement officiel de sa première start-up: uJobit.
2015
Organisation du premier événement The Shared Brain, présent aujourd’hui dans vingt villes européennes.
2017
Premier gros buzz sur LinkedIn avec un post qui génère plus de 8000 likes et vu par 800 000 personnes.

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