«J'ai donné avec tristesse l'ordre d'endormir Chalom»

Jacqueline de QuattroLa conseillère d'Etat Jacqueline de Quattro se défend d'avoir agi trop vite en faisant euthanasier Chalom hier soir. La ministre explique sa décision

Jacqueline de Quattro affirme avoir fait son devoir en donnant l'ordre d'euthanasier le chien.

Jacqueline de Quattro affirme avoir fait son devoir en donnant l'ordre d'euthanasier le chien. Image: Patrick Martin

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

A peine le Grand Conseil avait-il rejeté la pétition «Sauvez Chalom», hier après-midi, que Jacqueline de Quattro a donné l'ordre de faire euthanasier le chien. Pourquoi une telle rapidité?

La cheffe du Département du territoire et de l'environnement (DTE) se défend d'avoir agi trop vite. Questions

Pourquoi avoir décidé d’euthanasier Chalom tout de suite? Est-ce qu’il n’y avait pas un effet suspensif après la demande de grâce déposée l’année passée?

Non, nous aurions pu faire endormir ce chien après la décision du Tribunal fédéral en 2015. Mais, humainement, par respect pour l’ancien propriétaire et pour les défenseurs du chien, nous avons attendu la décision du Grand Conseil concernant cette pétition. Une fois cette pétition classée, la décision devenait exécutoire. Je précise que cette décision d’euthanasie n’a pas été prise à la légère, je ne l’ai pas fait de gaîté de cœur. J’apprécie les chiens, j’en ai moi-même possédé.

Le Grand Conseil a classé hier la pétition « Sauvez Chalom », mais le recours sur le demande de grâce est toujours pendant au Tribunal cantonal. N’était-ce pas deux choses distinctes?

La demande de grâce était contenue dans cette pétition, puisque cette dernière posait la même question aux députés, à savoir: voulez-vous gracier le chien? Comme la pétition a été classée par le Grand Conseil, qui a d’ailleurs également rejeté la demande de grâce l’année passée, nous considérons que le dossier a été traité dans les formes .

N’aurait-on pas pu confier Chalom à un autre propriétaire?

Confier Chalom à des tiers aurait pu constituer une solution, cela a d’ailleurs été envisagé. Nous avons pesé le pour et le contre et réfléchi longuement sur ce qu’il convenait de faire dans ce dossier. Mais cette solution a été exclue par le Tribunal fédéral en 2015, qui stipule en toutes lettres dans son jugement que le placement à des tiers ne peut pas être une solution et que l’euthanasie s’impose.

Que répondez-vous à ceux qui prétendent que le Canton a manqué d’empathie dans cette affaire ?

Je suis prête à reconnaître que Chalom était un superbe animal. Mais toutes les personnes qui aiment les animaux et qui défendent ce chien ne devraient pas perdre de vue l’ensemble du dossier: ce chien a mordu à plusieurs reprises, et gravement. Le dernier cas était terrible: les morsures ont défiguré le visage de la victime, en lui arrachant les lèvres et une paupière. Même dans le premier cas, où le chien courait après des petites filles, des traces de blessures ont été signalées ainsi que des empreintes de crocs dans le dos de l’une des fillettes. Ce n’est pas anodin. Tout cela est contenu et détaillé dans le jugement du Tribunal fédéral. Il était de mon devoir de mettre en œuvre la décision de la justice.

Vous attendez-vous à des réactions hostiles?

Oui, et j’en ai déjà reçu un certain nombre, mais j'ai fait mon devoir. Les défenseurs de Chalom présentent le dossier en perdant de vue un certain nombre de faits. A court d’arguments, certains essaient de faire pression en faisant appel à l’émotion, comme c’était le cas hier au Grand Conseil. Encore une fois, nous n’avons pas fait euthanasier ce chien par gaîté de cœur. J'ai même éprouvé de la tristesse en donnant l'ordre de l'endormir.

Créé: 02.03.2016, 16h24

Articles en relation

L’euthanasie du chien «Chalom» révolte les amis des animaux

Polémique Le Canton a fait endormir l’animal mardi soir, juste après la décision du Grand Conseil. Ses défenseurs vont manifester. Plus...

Les députés ont voté pour la mort du chien «Chalom»

Grand Conseil Une majorité d’élus refusent de gracier l’animal, condamné à mort par la justice. Le chien va être euthanasié, selon le Conseil d’Etat. Plus...

Les députés diront aujourd’hui si «Chalom» doit vivre ou mourir

Grand Conseil Condamné à mort pour avoir mordu à plusieurs reprises, le chien reste en sursis. Une pétition pour le sauver peine à convaincre les élus. Plus...

La pétition pour sauver Chalom a cartonné

Grand Conseil Remise ce mardi au Grand Conseil de 1600 signatures soutenant la demande de grâce déposée pour le hovawart, condamné par la justice à être euthanasié. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.