«J'encourage tout le monde à revenir dans une logique de résultats»

Pierre-Yves MaillardA la tête de l'USS, le socialiste ne sera plus au service des Vaudois mais des travailleurs de tout le pays. Premières déclarations sous le gilet du syndicaliste.

Après quatorze ans au gouvernement vaudois, Pierre-Yves Maillard retourne à lutte syndicale en reprenant la présidence de l'USS.

Après quatorze ans au gouvernement vaudois, Pierre-Yves Maillard retourne à lutte syndicale en reprenant la présidence de l'USS.

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Quatorze ans, jour pour jour, après son entrée au Conseil d'Etat vaudois, Pierre-Yves Maillard se retrouve élu à la tête de l'Union syndicale suisse (USS). Les 212 délégués de la faîtière des travailleurs l'ont porté à cette fonction, ce samedi à Berne. Le socialiste quittera son siège de ministre en mai ou en juin 2019.

Premières questions au nouveau chef de file des syndicats suisses.

Est-ce que vous vous réjouissez de retrouver le combat syndical, le choc frontal, après quatorze ans de collégialité dans un gouvernement?

En fait, je suis reconnaissant qu'après tout ce temps dans un Exécutif on me juge encore capable de retrouver l'engagement syndical. Les délégués m'ont fait confiance. Bien sûr que ce sera un gain d'être un peu plus libre dans ma parole, mais cela se paiera d'un peu moins d'influence directe. Dans un Exécutif, on a beaucoup de pouvoir sur un périmètre donné. Ce sera une autre vie, autre chose. J'ai déjà vécu des changements de ce type, en souffrant toujours de devoir abandonner ce que j'aimais faire. Mais la passion d'un nouvel engagement l'emporte très vite.

Il a beaucoup été question de la représentation féminine durant ce congrès. N'aurait-il pas fallu céder cette place à une femme?

Il faut des femmes candidates et des femmes élues à des fonctions importantes, c'est évident. Si j'ai accepté de me porter candidat à cette fonction , c'est que je peux m'intégrer à un collège où les femmes sont bien représentées. Dans le cas du Conseil des Etats, où il risque de ne plus y avoir de femmes du tout, alors là c'est différent: j'ai annoncé que je ne me porterais pas candidat. Une fois cette question de représentativité assurée, il faut que les hommes, aussi bien que les femmes, s'engagent pour l'égalité. On ne milite pas que pour les discriminations qui nous touchent personnellement, mais aussi pour celles qui touchent autrui. Si les femmes ne sont pas libres, les hommes non plus! C'est la liberté des uns qui fait la liberté des autres.

Quel sera le style Maillard en chef des syndicats, consensuel ou combatif?

Ce sera la somme de tout ce que j'ai pu faire jusqu'à présent. On se construit petit à petit et finalement, à partir d'un certain âge, les choses s'équilibrent. J'aurai évidemment un autre rôle et je ne serai plus tenu par le principe de collégialité.

Des objectifs?

J'ai essayé de faire une campagne en encourageant toutes et tous à revenir dans une logique de résultats. Ce n'est pasles grandes envolées ou les discours qui aident les gens à se nourrir ou à vivre mieux. Je travaillerai avec les autres, bien sûr, avec tous les syndicats. Le président de l'USS n'a pas tous les pouvoirs: il est là pour donner des impulsions et amener des idées. J'aimerais impulser une réflexion sur la baisse du pouvoir d'achat.

Quel sera votre premier combat en tant que syndicaliste?

Le premier combat, ce sera évidemment la protection des salaires. Si le Conseil fédéral persiste à nous proposer un affaiblissement des mesures d'accompagnement, cela exigera une riposte rapide du mouvement syndical. Il n'est pas possible de baisser la protection des salaires, alors qu'on assiste déjà à une érosion, dans un contexte où les charges fixes augmentent depuis vingt ans. Si le Conseil fédéral tient sa ligne, nous devrons agir très vite.

Créé: 01.12.2018, 17h11

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