«Ce que j'ai fait est impardonnable, je le sais»

ProcèsL'homme qui avait abattu deux personnes à coups de couteau rue du Lac à Yverdon en septembre 2016 est jugé depuis lundi.

Prévenu d'assassinat, l'auteur du double homicide de la rue du Lac à Yverdon est jugé à Renens

Prévenu d'assassinat, l'auteur du double homicide de la rue du Lac à Yverdon est jugé à Renens

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Retour ce lundi à Renens sur les événements dramatiques de septembre 2016 à la rue du Lac à Yverdon. L'auteur du double homicide qui y avait été perpétré est face à ses juges, poursuivi pour assassinat et omission de prêter secours. En cette fin d'après-midi, ce jeune homme aujourd'hui âgé de 28 ans s'était acharné sur ses voisins du dessous à coups de couteau, leur infligeant des plaies mortelles. Arrêté peu après, il peine aujourd'hui à expliquer ses gestes.

L'acte d'accusation établi par le premier procureur du Nord vaudois Christian Maire retrace la fin d'après-midi sanglante, alors que ce monteur sanitaire rentrait de son travail. Entendant sa voisine et son compagnon rire et crier, il s'est saisi d'un couteau de cuisine pointu et s'est rendu un étage plus bas. Dans l'intention de «leur régler leur compte», dira-t-il ensuite au procureur dans une première audition. De «les menacer et leur faire peur», déclare-t-il aujourd'hui.

Il n'en reste pas moins que face au compagnon de sa voisine qui lui ouvre la porte et tente de l'empêcher de pénétrer dans le couloir du logement, ce Suisse d'origine est pris d'un accès de rage. 25 coups de couteau s'abattent sur le voisin du dessous, qui finit par s'écrouler et décéder sur place. La locataire des lieux, prise au piège, tente de se confiner dans sa cuisine pour contacter du secours, mais le meurtrier la poursuit et lui assène à son tour 32 coups de lame, empoignant une nouvelle arme dans le tiroir de sa voisine, lorsque son propre outil se brise. La femme décédera dans la soirée, après un vain passage au bloc opératoire.

Amateur de jeux vidéo et de films criminels sombres

Le temps que les forces d'intervention n'arrivent, alertées par le voisinage, le tueur aura le temps d'effectuer deux allers-retours chez lui, tentant de nettoyer les taches de sang «pour pas que les voisins ne soient effrayés» et de laver ses propres plaies et vêtements. La police le cueillera sur les lieux.

Si cet amateur de jeux vidéo et de films criminels sombres, consommateur quotidien de cannabis, s'est ainsi acharné, c'est, estime le procureur, parce qu'il avait développé une haine intense contre cette voisine. Il la jugeait bruyante, la soupçonnait de pénétrer dans son appartement en son absence, de faire du mal à son chat. «Aujourd'hui, j'ai compris que ce n'était pas le cas. Mais j'étais dans un délire. C'est ce que m'ont dit les psychiatres», raconte-t-il d'une voix quasi imperceptible au ton monocorde.

Une certaine jalousie de sa voisine

Ce lundi aux débats, il admet tout de même avoir nourri une certaine jalousie à l'égard de cette femme qui ne travaillait pas, mais touchait des rentes et donc pouvait «payer son loyer et organiser des fêtes chez elle».

Dans un complet bleu sombre, la chemise blanche boutonnée jusqu'en haut, le garçon fait face aux parents de l'homme abattu. Autre partie civile, le fils de l'autre victime est dispensé. L'incompréhension de ces familles semble intacte face aux réponses lapidaires, au visage quasi sans expression de leur vis-à-vis. Tout au plus a-t-il articulé, à la demande de son avocat: «J'aimerais leur dire que je suis désolé. Je sais que ce que j'ai fait est impardonnable.»

Pour tenter de sonder les racines du véritable massacre qui s'est déroulé dans l'appartement du petit locatif de quatre étages, les juges ont entendu lundi matin plusieurs proches de l'accusé. Frère, soeur, amis d'école restés soudés, tous décrivent une personne plutôt introvertie, taciturne, qui ne s'épanchait guère sur sa vie privée.

Perçu comme gentil, parfois un peu impulsif quand il s'énervait sur les chantiers où il travaillait avec son frère dans l'entreprise paternelle, il n'avait que très peu évoqué ses soucis de voisinage. Quelques uns se souviennent néanmoins qu'il ait fait mention d'une voisine bruyante et qu'il n'aimait pas.

Quant aux rencontres entre potes, habituellement fréquentes, elles s'étaient espacées les six derniers mois. «Il était peut-être un peu déprimé» diront certains, sans pouvoir vraiment décrire un état changé par rapport à la norme. «Rien qui ne nous laisse imaginer qu'il puisse en arriver là», affirment en chœur ceux qui continuent de rendre visite régulièrement à leur ami ou frère au parloir. «Quand je pense à l'homme que je connais et à ce qu'il a fait, ça bloque dans ma tête», souffle un de ses amis.

Développement suit.

Créé: 26.08.2019, 11h17

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