Jacqueline de Quattro n’a pas vu les morsures que «Chalom» a infligées

EuthanasieLa conseillère d’Etat, qui a fait euthanasier le chien le 1er mars, n’a pas eu les photos de sa dernière victime sous les yeux.

«J’ai vu les conséquences d’une de ses morsures», nous avait déclaré Jacqueline de Quattro.

«J’ai vu les conséquences d’une de ses morsures», nous avait déclaré Jacqueline de Quattro. Image: DR

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Jacqueline de Quattro, cheffe du Département du territoire et de l’environnement, n’a pas caché ne pas avoir été au courant du jugement du Tribunal d’Yverdon qui, le 1er octobre 2015, a condamné le propriétaire de Chalom pour lésions corporelles graves par négligence. Quand elle a pris la décision, le 1er mars dernier, de faire euthanasier un animal qualifié de «dangereux et imprévisible» par le tribunal, elle ignorait cet épisode de l’interminable bataille politique et juridique entamée en 2012 pour sauver la vie d’un hovawart de 8 ans.

A la suite d’une plainte pénale déposée par la dernière victime de Chalom, grièvement blessée au visage, le tribunal s’est montré particulièrement sévère à l’égard de son propriétaire: «Il ne pouvait ignorer, au vu des événements passés, que son chien était dangereux et qu’il ne devait pas permettre à un tiers de s’en approcher sans être en mesure d’intervenir. Son système de défense consistant à rendre la plaignante responsable de l’accident est particulièrement détestable, a notamment souligné le tribunal, et laisse à penser qu’il n’a pas encore pris conscience de la gravité de ses agissements. (…) Il aurait assez aisément pu éviter le drame, comme on l’a vu, en gardant son chien en permanence sous surveillance ou en l’enfermant lorsque des tiers étaient chez lui.» («24 heures» du 11 mars.)

Il y a également un second élément du dossier qui n’a pas été porté à la connaissance de la conseillère d’Etat. Il s’agit en l’espèce des photos du visage de la dernière victime du chien mordeur, qui lui a notamment arraché une partie de la lèvre inférieure et de la lèvre supérieure, ainsi que de la paupière gauche.

Sans ambiguïté

Pourtant, interrogée dans nos colonnes des 5 et 6 mars sur les raisons qui l’avaient poussée à demander l’euthanasie de l’animal, la réponse de Jacqueline de Quattro, menacée et insultée par certains défenseurs de la cause animale, a été sans ambiguïté: «J’ai pris cette décision parce que c’était mon devoir de magistrate. Le tribunal avait jugé ce chien dangereux, le Grand Conseil avait confirmé cette décision, je n’avais pas le choix. C’était la seule possibilité pour la sécurité publique. Je ne pouvais que faire appliquer la loi et la décision exécutoire. Mais moi, contrairement à beaucoup de gens qui s’expriment aujourd’hui et m’insultent, me menacent, parce qu’ils sont manipulés, je connais les faits. Je connais les détails du dossier, j’ai vu les photos des conséquences d’une de ses morsures et, si tout le monde avait cette image sous les yeux, il y aurait moins de discussions, parce qu’elle est terrible!»

L’affirmation selon laquelle elle a pu prendre connaissance des photos de la femme mordue au visage par Chalom a stupéfait l’avocat de la victime. Me Gilles-Antoine Hofstetter s’est donc immédiatement adressé à la conseillère d’Etat pour lui faire part de son étonnement et l’informer que si elle a bien vu les photos de sa cliente, une image qu’elle a qualifiée de «terrible», on est à tout le moins en présence d’une intrusion illicite dans sa sphère médicale et intime, et qu’il la prie dès lors de lui dire comment cela a pu se produire.

L’affaire ne devrait toutefois pas connaître de suite juridique dans la mesure où Jacqueline de Quattro, que nous avons sollicitée, a admis qu’en réalité elle n’avait jamais vu les photos de la dernière victime de Chalom – qui sont dans le dossier pénal – et que ses propos, livrés sous le choc des invectives dont elle a fait l’objet, ont dépassé sa pensée. Dont acte.

Créé: 14.03.2016, 16h57

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