«Jamais je n’imaginais me faire tabasser à Lausanne»

Faits diversSébastien, 38 ans, a été agressé par cinq individus un lundi matin au Flon. Les images d’une rare violence sont en mains de la police.

Sébastien Verdier peine à remettre les pieds au Flon. Pour la photo, il s'est fait violence en revenant sur les lieux de son agression

Sébastien Verdier peine à remettre les pieds au Flon. Pour la photo, il s'est fait violence en revenant sur les lieux de son agression Image: Vanessa Cardoso

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«Quand mon patron a visionné les images prises devant le bistrot pour lequel je bosse, il s’est demandé comment je m’en étais sorti. Moi, je n’ai pas osé les regarder. Je ne sais pas si j’aurais le courage de revivre cela un jour.» Sébastien Verdier a 38 ans. Depuis quelques mois, il est barman au Barberousse, un établissement public au Flon spécialisé dans le rhum. Et c’est là, juste devant son lieu de travail, qu’il a été passé à tabac par cinq inconnus au petit matin du lundi 6 août dernier. Il vient tout juste de déposer une plainte. Il tient à raconter son calvaire, «parce qu’il n’y a pas qu’à Genève que cela peut vous arriver, parce que cela ne touche pas que les femmes, parce que c’était à Lausanne, une ville que je croyais épargnée par toute cette violence gratuite.»

Sébastien se dit volontiers baroudeur. Il a beaucoup voyagé et c’est dans la capitale vaudoise qu’il a finalement posé ses valises, il y a huit années. Il travaillait le soir de son agression. «J’étais seul au comptoir, alors je n’ai pas bu une seule goutte. Je devais assurer le service, la caisse, la fermeture du bistrot.»

Pour une clope refusée

Sur le coup des 2 heures du matin, il décide de prolonger la nuit au MAD situé à deux pas. C’est soirée Gameboy gay-friendly ce soir. «Je suis homo, c’est vrai, je ne le cache pas, mais ce n’est pas pour autant marqué sur ma figure. En tout cas, je ne jouerai pas de mon orientation sexuelle pour expliquer mon agression. J’ai été passé à tabac comme n’importe quel hétéro.»

Il est 5 heures du matin. La soirée en club s’est bien passée. Avant de se séparer et de rentrer chacun chez soi, Sébastien et son ami repassent par le Barberousse pour y récupérer des affaires. Pause cigarette avant le lever du jour. C’est là qu’un groupe s’est approché. Sébastien: «Ce n’était pas des gamins. Ils avaient plutôt la vingtaine. Il y avait un Black, deux Latinos et un Européen. Le Black s’est planté devant nous, comme pour nous empêcher de partir. Ils nous ont demandé une clope.» Banal. L’ami de Sébastien obtempère. Lui, il refuse. Pour toute réaction, il prend un violent coup de poing dans la mâchoire.

Sébastien est saisi. Il est jeté à terre et roué de coups pendant 5 minutes. Sans interruption. «Le ton n’était pas monté entre nous. Il n’y avait pas eu d’embrouille. Ils ne m’ont d’ailleurs pas insulté en me tabassant. C’était juste du défoulement.» Sébastien se couvre la tête. Ses agresseurs tentent de lui arracher sa montre. En vain. Puis ils repartent comme ils étaient venus. Son pote, lui, n’a pas pris le moindre coup. Peut-être parce qu’il avait dit oui, pour la cigarette. Il porte son ami jusqu’au MAD. Là, on le prend en charge et on appelle une ambulance. Direction le CHUV.

«De la violence pure»

Le haut du crâne fendu, une canine cassée, deux prothèses dentaires explosées, la mâchoire ouverte, des hématomes sur les côtes et les jambes… Sébastien se remet avec peine dix jours après les faits. Dans sa tête aussi, c’est toujours la tempête. «Je n’arrête pas d’y penser. C’est inadmissible. Pas que cela me soit arrivé à moi, je ne fais pas la victime, mais que cela puisse se produire ici. Ce n’était pas une simple bagarre. C’était de la violence pure. Juste comme ça. Parce qu’ils avaient envie de passer quelqu’un à tabac. C’est tombé sur moi.»

Une plainte a été déposée cette semaine. La police est venue chercher les images de la caméra de surveillance du Barberousse. Elle a pris aussi les bandes d’autres commerces du quartier. Sur l’une d’elles, on distingue une arme qui aurait été brandie dans la bagarre, mais pas utilisée, heureusement. Une barre de fer ou un long couteau. Sébastien: «Comme le dit mon patron, je crois en effet que je reviens de loin.» (24 heures)

Créé: 16.08.2018, 17h00

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