Passer au contenu principal

Les jardiniers des nantis fêtent 100 ans de solidarité

Créée en 1920, la Société des jardiniers de maisons bourgeoises est une mine d’anecdotes sur un métier qui a bien changé. Elle se réunit dimanche à Prilly.

C'est au parc de Valency que Gaston Solliard a commencé.
C'est au parc de Valency que Gaston Solliard a commencé.
FLORIAN CELLA

À lui seul, son nom est tout un poème. La Société vaudoises des jardiniers de maisons bourgeoises fête ses 100 ans ce dimanche. Ce sera à la grande salle de Prilly, et pour l’occasion 140 personnes sont déjà inscrites. Au programme, il y aura un déjeuner en musique, une tombola, sans oublier le discours annuel du président de l’association. Gaston Solliard, 88 ans, occupe cette fonction depuis quarante-cinq ans. Autant dire qu’il a des choses à raconter sur un métier qui a bien évolué en un siècle: celui de jardinier auprès des nantis.

«La société a été fondée en 1920 quand un jardinier de Renens est décédé. La famille n’avait pas d’argent pour les obsèques, au point de devoir se tourner vers l’Armée du Salut. C’est comme ça qu’est venue l’idée de créer une caisse de décès.»

À l’époque, explique Gaston Solliard, ceux qui entretenaient les jardins des avocats, des médecins et des châtelains étaient souvent nourris et logés, mais ils ne gagnaient pas grand-chose. «Bien sûr, il y avait les patrons qui se conduisaient bien, et il y avait les autres. Quelqu’un pouvait se faire virer sur-le-champ parce qu’il avait râclé la terre du mauvais côté de l’allée.»

À partir des années 1940 déjà, les jardiniers de grandes maisons privées se sont faits plus rares, et la société s’est ouverte aux employés des communes et des institutions. Gaston Solliard, lui, a travaillé toute sa carrière pour la Ville de Lausanne, mais il a beaucoup œuvré pour placer des jardiniers auprès de grandes familles de la région. «En tant que président, j’ai même été invité en Angleterre par la baronne de Rothschild, se souvient-il. Elle nous avait demandé de trouver des gens pour ses propriétés en Suisse.»

Le respect envers les patrons allait parfois très loin, se souvient-il. «Il est arrivé qu’un jardinier et sa femme partent au beau milieu de leur anniversaire de mariage pour aller chauffer la maison des propriétaires. Ils étaient rentrés de vacances sans prévenir. C’était comme ça.» Gaston Solliard s’est même rendu à Berne pour réclamer des contrats de travail décents pour la profession.

Depuis, les choses ont bien changé. «Il n’y a plus de jardiniers de maisons privées parmi nos membres. Avec le temps, en plus des employés communaux, la société s’est ouverte aux femmes et même à tout ceux qui ont un balcon fleuri. Il a fallu trouver du monde!» Des membres qui se réunissent aujourd’hui essentiellement pour partager un bon moment.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.