Dolivo repart au combat pour le Conseil d’État

PolitiqueEnsemble à Gauche lance sa campagne pour le siège que laissera Pierre-Yves Maillard. Une «lutte» qui se fait sans l’allié POP.

Jean-Michel Dolivo croit se souvenir que c’est la 3e fois qu’il se présente au Conseil d’État. JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Jean-Michel Dolivo croit se souvenir que c’est la 3e fois qu’il se présente au Conseil d’État. JEAN-CHRISTOPHE BOTT Image: Keystone

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La gauche radicale se lance dans la course au Conseil d’État. Elle a choisi le député solidaritéS Jean-Michel Dolivo, 67 ans, pour tenter de ravir le siège socialiste que Pierre-Yves Maillard laissera vacant ce printemps.

Et le ton choisi est pour le moins ferme. «Cette candidature a pour objectif de proposer aux habitants de ce canton une alternative réellement à gauche, c’est-à-dire des propositions qui marquent une rupture avec une politique néolibérale, saupoudrée de quelques mesures sociales, avec parfois le label frelaté du développement durable, une politique menée aujourd’hui par la coalition PLR-PSV, incarnée par le couple Brouillard et Malice», a déclaré Jean-Michel Dolivo en conférence de presse.

Une candidature de lutte, donc, que l’avocat lausannois spécialisé en droit du travail, des locataires et des étrangers mènera au sein d’une coalition composée de son parti, de Décroissance Alternatives et de Solidarité Écologie. Le POP n’est pas associé à la démarche. «Pour l’heure», précise le candidat (lire ci-contre).

Revendications féministes

Jean-Michel Dolivo croit se souvenir que c’est la 3e fois qu’il se présente au Conseil d’État. Son parti affiche une ligne clairement féministe. Pourquoi n’a-t-il pas cédé sa place à une femme? C’est sa collègue de parti Franziska Meinherz qui a répondu pour lui. «Nous voulions une candidature crédible pour cette campagne qui va probablement se dérouler dans des conditions difficiles. Il est vrai que nous avons peu de femmes qui ont de l’expérience. Cela dit, les revendications féministes sont clairement au cœur de cette campagne, aussi en vue de la grève. Le féminisme est un thème transversal de toutes les thématiques. Bien que Jean-Michel ne soit pas une femme, il portera les revendications féministes.»

«De la rue au gouvernement»

Dans le programme présenté par le candidat, on retrouve logiquement tout ce qui fait les combats d’Ensemble à Gauche, tendance solidaritéS, donc. Jean-Michel Dolivo explique qu’il s’appuiera sur les mouvements sociaux pour mener son action. Son slogan «De la rue au gouvernement», exprime ce lien.

Il a livré quelques exemples de politiques qu’il aimerait mener s’il accédait au Conseil d’État. L’axe féministe, d’abord, avec l’autorisation pour les employées de l’État de Vaud de participer à la grève du 14 juin prochain. Axe migrants ensuite, avec une opposition assurée aux renvois forcés, particulièrement pour les mineurs et les familles. Jean-Michel Dolivo ferait des locaux vides du canton des lieux de refuge. «Oui, le canton peut devenir un lieu de désobéissance civile», dit le candidat.

Transports publics gratuits

C’est aussi en matière de mobilité que le candidat solidaritéS veut faire bouger les lignes, en rendant notamment les transports publics gratuits. Finalement, Jean-Michel Dolivo remet aussi le salaire minimum sur la table avec un revenu cantonal de minimal qu’il souhaiterait fixer à 4500 francs.

«Je suis conscient que les propositions politiques que nous formulons doivent être soutenues et développées par des mouvements sociaux.» Ceux-ci connaissent-ils actuellement un regain d’importance? «Oui, c’est certain, répond Jean-Michel Dolivo. On l’a vu avec les mobilisations des maçons, celles autour des questions d’asile ou encore sur l’accueil de jour.» Des manifestations d’un écart toujours plus grand, «un dégagisme» ambiant qui montre que les habitants se demandent à quoi ça sert d’élire des gens.» (24 heures)

Créé: 06.12.2018, 18h13

Crise

Les gauches radicales ne se parlent plus

Les affiches fraîchement imprimées ne laissent pas de place au doute. Le POP est absent de la coalition Ensemble à Gauche, qui part en campagne pour ravir le siège socialiste de Pierre-Yves Maillard au Conseil d’État. Censée regrouper les différents partis et tendances de la gauche radicale vaudoise, la coalition ne tient plus. Pas vraiment une surprise, au moment de découvrir ces visuels jeudi matin, puisque la presse a été étrangement informée, mercredi soir par le POP, d’une rupture de dialogue entre lui et les autres partis de la coalition.

Mais on pouvait encore envisager une réconciliation express, à en croire le POP. Raté… «pour l’heure», insiste le député SolidaritéS Jean-Michel Dolivo. «Nous souhaitons vivement qu’ils nous rejoignent et nous changerons même les visuels s’il le faut!» Pas sûr que le souhait se réalise. Le parti ouvrier et les trois autres composantes d’Ensemble à Gauche ne se parlent plus. Depuis le mois de juin, le POP décline les invitations aux séances de la coalition.

Une «politique de la chaise vide» qu’Ensemble à Gauche dit déplorer. Le POP dément, par la voie de sa vice-présidente, Anaïs Timofte. Il pointe plutôt «des différences dans la manière de fonctionner et de s’organiser». Ainsi, le parti ouvrier affirme n’avoir pas eu le temps de réunir sa base pour la consulter en vue de discussions avec le reste d’Ensemble à Gauche. «En plus, il était question de discuter des fédérales de la fin d’année prochaine, relève Anaïs Timofte.

Ils ont ajouté sans rien nous dire un point sur la complémentaire dans le canton de Vaud.» SolidaritéS et ses deux alliés démentent. Et ajoute, comme un signe de la distance que prend le POP, que le parti ouvrier a informé récemment ses alliés qu’il s’engagera dans les élections fédérales tout seul… «Le POP vaudois commence à être sectaire», dit un proche de la mouvance.

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