Les skieurs mongols sont devenus les chouchous de la vallée de Joux

Lausanne 2020Objectif atteint pour les quatre descendants de Gengis Khan qualifiés pour les JOJ.

Pascal Gertsch va passer le témoin, mais il soutiendra encore ses skieurs.

Pascal Gertsch va passer le témoin, mais il soutiendra encore ses skieurs. Image: Odile Meylan

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Le ministre des Sports de Mongolie pourra ériger une statue à Pascal Gertsch. Ce médecin vaudois a réussi son pari d’envoyer une équipe de ski de fond à Lausanne 2020. «Vous verrez, ils ne seront pas ridicules», avait-il clamé haut et fort, il y a trois ans, au moment de créer un ski-club Suisse-Mongolie et de présenter son idée d’envoyer des descendants de Gengis Khan aux JOJ. Un rêve qui s’est concrétisé ce week-end et qui a vu quatre jeunes (deux filles et deux garçons) de 15 à 17 ans disputer les épreuves sur la piste de la Thomassette. Et force est d’admettre qu’ils n’ont pas été ridicules.

Oubliez les athlètes exotiques que l’on voit parfois aux Mondiaux et aux JO. Ceux qui font parfois rire par leur style saccadé et leur dégaine aléatoire. Ces skieurs venus d’un pays 38 fois plus grand que la Suisse, mais qui ne compte que 3 millions d’habitants, ont de la technique et de belles qualités. Mais toutefois pas assez de pratique pour passer l’écueil des qualifications du sprint de dimanche. «Mentalement, j’étais prêt pour la bataille et j’ai accompli ma mission», explique Khongor Batsukh, avec fierté. «Il manque à ces jeunes un an de pratique pour passer en quarts de finale, estime Pascal Gertsch. Pour façonner un skieur nordique, il faut au moins six ans. Là, avec un an de pratique supplémentaire, je pense qu’on en aurait qualifié un ou deux.»

Nombreux donateurs

Pour obtenir le droit de disputer ces JOJ, les quatre skieurs asiatiques sont allés chercher leur sélection sur le terrain. Tout d’abord en disputant des épreuves FIS sur skis à roulettes. Puis sur la neige, en Scandinavie, après avoir passé des milliers de kilomètres en camping-car. Aucun cadeau ne leur a été fait. Si ce n’est celui des multiples dons en argent et en nature reçus depuis la mise en place du projet. «Sans cette générosité d’entreprises et de particuliers, jamais je n’y serais arrivé, souligne Pascal Gertsch, mécène et entraîneur. Le revenu moyen en Mongolie se monte à 300 francs mensuels. S’offrir du matériel de compétition est impensable, dans ces conditions.»

Au bord de la piste, plusieurs groupes reconnaissables à leurs drapeaux mongols ont encouragé les quatre jeunes, dont l’histoire a particulièrement ému la Suisse romande. Parmi les milliers de personnes du public, il y a Sandrina Gertsch, fille de Pascal, venue avec sa nièce Sarah et Sylvie Bohard, épouse d’Alain qui entraîne aussi la délégation mongole. «On crie pour eux, mais aussi pour les autres nations qui en ont besoin, sourit Sandrina Gertsch. Beaucoup connaissent l’histoire autour de ces sportifs et sont venus les encourager. Il y a aussi des gens de la diaspora.» Parmi eux, Byamba Jaquier qui a fait le déplacement de Genève avec sa famille. «Voir ces jeunes aux JOJ est une grande fierté. Je trouve cela émouvant. Il fallait être présents pour les soutenir.»

Des jeunes émerveillés par leur expérience au village olympique. «Vivre au Vortex est magique, ose Khongor Batsukh. L’ambiance y est très positive. On rencontre des athlètes de nombreux pays. On échange des pins, on fait du tir à l’arc ensemble. Ce qui m’a le plus surpris en Suisse, c’est le respect qu’il y a entre les gens.»

Cette première expérience olympique en appelle d’autres. «Mon but est de m’entraîner dur et de me qualifier pour les JO de Milan-Cortina, en 2026», ajoute le jeune Mongol. Un objectif qui se fera sans Pascal Gertsch. L’ancien médecin des Diablerets, âgé de 73 ans, va passer le relais à une quinzaine d’entraîneurs de là-bas. «Je ne veux pas m’incruster, dit-il. Le service national du sport en Mongolie a trouvé le financement pour envoyer ces coaches en Suisse, afin de se former. C’est désormais à eux d’empoigner le projet Milan 2026.» Pascal Gertsch continuera toutefois d’acheminer du matériel sur place et de soutenir avec force et ferveur son insolite groupe de skieurs.

Créé: 19.01.2020, 22h14

Spectaculaire short-track

Avec le hockey 3x3, le short-track était la grande curiosité des JOJ. Grâce aux 5500 places réservées avant même la cérémonie d’ouverture, la première session a été l’un des «best sellers» de la quinzaine. Et le show a été à la hauteur de l’attente. Les spectateurs de la Skating Arena ont électrifié l’ambiance, entamant même une olà quand le vidéotron a buggé. «C’est la première fois que je vois ça au short-track», s’enthousiasme Natan Métraux, 11 ans, frère de Thibault et lui-même pratiquant. Quand soudain, le patineur que tout le public attendait est arrivé. Coups de pied tambourinant au sol, ovation, agitation de drapeaux: l’ex-Malley 2.0 a accueilli Thibault Métraux comme une superstar. «J’en ai eu des frissons partout, a déclaré le Leysenoud de 17 ans. J’ai essayé de faire abstraction de tout ce bruit, mais c’est comme si j’avais un casque sur les oreilles avec le volume à fond.»

Malgré cela, le patineur du Lausanne Short Track s’est montré volontaire, attaquant ses adversaires. Flirtant avec la qualification pour les quarts de finale, il a finalement échoué dans le dernier des neuf tours de ce 1000 m. «Je suis un peu déçu car je m’attendais à passer les qualifications, mais participer aux JOJ est un grand honneur. Je vais utiliser cette expérience pour l’épreuve du 500 m de lundi.» Samedi, 30 à 40 proches étaient venus le soutenir avec un sweat-shirt rouge confectionné pour l’occasion.

Alexia Turunen, 15 ans, a elle aussi été éliminée au stade des qualifications. «Ce n’était pas le meilleur 1000 m de ma vie, explique la patineuse de Belmont-sur-Lausanne. J’étais un peu stressée par tout ce monde qui m’encourageait. D’habitude, il n’y a pas plus de 200 ou 300 spectateurs.» «Une expérience qui lui sera profitable pour l’avenir», observe la coach de l’équipe de Suisse, l’olympienne Evita Krievane. P.-A.S

Les Américains étaient trop forts

La Vaudoise aréna – en configuration exclusivement assise, comme cela sera également le cas lors des Mondiaux à Lausanne en mai – avait fait le plein pour l’entrée en lice de l’équipe nationale masculine des moins de 16 ans aux Jeux olympiques de la jeunesse. Face aux Américains, l’une des nations les plus redoutables et les plus victorieuses au niveau international junior, les Suisses ont connu un début de match aussi dynamique qu’inattendu: première occasion, premier but du match! Une œuvre cosignée Jonas Taibel (Rapperswil) à la distribution et Noah Greuter (Kloten) à la conclusion après seulement 29 secondes de jeu dans une ambiance électrique.Un état de grâce qui n’a malheureusement pas duré pour les jeunes joueurs de l’entraîneur Thomi Derungs. Les Américains ont profité de la première pénalité helvétique signalée à l’encontre du Genevois Robin Leibzig pour égaliser. Suffisant pour que Team USA prenne son envol dans une rencontre disputée en trois périodes de quinze minutes et se mette définitivement à l’abri. La relève helvétique, même si son avenir s’annonce brillant, a toutefois pu mesurer l’écart qui la sépare encore à ce stade des meilleurs joueurs nord-américains. C’est avant tout au niveau de la vitesse d’exécution et de la qualité des tirs que leurs adversaires sont sortis du lot. Pour espérer se hisser en demi-finale, les Suisses devront désormais battre la Finlande lundi (20h) avec une différence de buts extrêmement favorable lors de son deuxième et dernier match de la phase de groupe. Cyrill Pasche

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