La journée de Rebecca Ruiz et Olivier Français

VaudLes deux candidats ont partagé leur dimanche électoral avec deux journalistes de «24 heures». Reportage.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Olivier Français Une journée marathon qui commence avec les baskets aux pieds

Il est 9 h, ce dimanche d’élections féd érales. La journée sera longue et c’est en vêtements de sport que le candidat du PLR lausannois attend devant sa maison. «J’ai très bien dormi», annonce d’emblée Olivier Français. Mais, s’il feint la décontraction, un peu de course à pied jusqu’à Lutry en compagnie de son épouse va lui éviter de tourner en rond dans l’attente des premiers résultats.

Les sondages étaient plutôt favorables à son parti. «Et je n’ai jamais vu le PLR bosser comme ça», dit-il. On l’apprendra par la suite, ces signes vont se confirmer. Mais le tempérament d’Olivier Français lui dicte d’éviter de faire monter la sauce trop tôt. Après un jogging mené à grandes enjambées, l’heure est à la décontraction suivie d’un repas de midi en famille. «Avec une journée comme celle-ci, je crois que je vais profiter un peu du jacuzzi», revendique le candidat qui compte faire vaciller le duo rose-vert au Conseil des Etats.

Le programme de sa journée était minuté. Il n’arrivera pas à le tenir à la lettre. Car le rythme s’accélère en début d’après-midi. Au stamm des libéraux-radicaux, sous les voûtes du club le XIIIe Siècle, on compile les premiers résultats. C’est le début d’une valse des émotions. Les chiffres nationaux sont réjouissants pour le parti bourgeois. Et puis le sourire fait place au doute, face aux colonnes de chiffres. «C’est bien de passer par le stamm, ça aide à se mettre dans le bain», fait-il en homme d’expérience, avec une douzaine de campagnes électorales au compteur. Et puis, quelques minutes plus tard: «C’est bon pour le deuxième tour!» Il n’est que 14 h 30, mais le PLR songe déjà à la nécessité de regrouper la droite derrière la candidature de son champion.

Il est temps de descendre au point de ralliement cantonal, à l’Aula des Cèdres. Déplacement en métro – symbolique – et dans les rues de Lausanne. «Alors, vous avez gagné?» lance un passant au petit groupe. C’est l’heure des premières interviews. Celle de la douche aussi, au moment ou la présidente de l’UDC Vaud annonce à l’antenne que le regroupement de la droite derrière Olivier Français n’est pas gagné pour le second tour. «La nuit porte conseil», philosophe-t-il. Un retour chez lui, à 1 kilomètre de là, pour retrouver son comité de campagne. La discussion sera sérieuse. Mais pas seulement: «Bon, je change de look ou pas?» Un conseil avisé lui recommandera d’adopter la cravate. La rose, celle qu’il a affichée en campagne. «Mon grigri», sourit-il avant de repartir pour un tour devant les caméras.

Alain Détraz

Rebecca Ruiz Le parcours d’une combattante l’œil rivé à son smartphone

Il est 11 h 15 lorsque Rebecca Ruiz nous ouvre la porte de son appartement lausannois où elle vit avec son mari, Benoît Gaillard, et leur fille. Le sourire de la conseillère nationale tranche avec la moue de la jeune demoiselle, qui semble se demander pour quelle raison des inconnus viennent perturber cette matinée familiale. A 2 ans, elle vivra cette journée électorale chez ses grands- parents, loin des calculs et des montées d’adrénaline.

«J’ai bien dormi, mais bien sûr que j’ai pensé à la possibilité de perdre mon siège, car, si c’était le cas, je me retrouverais au chômage», lance la conseillère nationale. Assise à la table de la cuisine, elle garde l’œil rivé à son écran d’ordinateur, alors que son mari se met aux fourneaux. Poulet et salade verte, un repas light pour estomac noué. Les premiers résultats tombent au fil des bouchées. Dans plusieurs petites communes, le Parti socialiste est en recul par rapport à 2011, au profit du PLR. «Nous avons fait une très bonne campagne, et il faut se rappeler qu’à ce stade, cela ne veut rien dire. Il y a quatre ans, nous avions obtenu notre 6e siège sur le fil.» Les minutes s’égrènent, le visage de la députée s’assombrit. Il est temps de filer au Café de Grancy, stamm du PS, partager ses impressions entre camarades. Le couple prend le métro, l’angoisse en bandoulière, la main scotchée au smartphone. «C’est terrible ces résultats en ligne, ça rend accro.»

Sous-gare, l’ambiance est studieuse. On calcule les sièges qui vont et viennent, on se fait peur avec les projections les plus pessimistes. Si la gauche se maintient aux Etats, du côté du National, le glissement à droite se confirme. «A mon avis, c’est dû à la crise migratoire et à un repli sur soi.» Des nouvelles en demi-teinte qui n’arrangent rien au mal de tête carabiné de la conseillère. Le voyage à Berne, en compagnie de son mari et de Roger Nordmann, prend une couleur maussade. «C’est un peu rude là.» Dans le wagon, un amateur de rugby incendie bruyamment l’Irlande. «A chacun son combat», sourit-elle.

Une heure plus tard, la voilà sur le ring de la RTS, seule femme au front. «Malheureusement, j’ai l’habitude.» Après deux petites heures au Palais, retour dans son fief. «C’est dans mon canton que j’ai envie d’être, en compagnie des camarades, des militants.» A 18 h 30, avec une quatrième place dans les suffrages, le siège de la socialiste est quasi garanti. Mais pas question de se réjouir. L’UDC progresse, le mal de tête persiste et la soirée s’annonce longue.

Laureline Duvillard

Créé: 18.10.2015, 22h44

Paid Post

CallDoc, assuré malin et flexible
Bénéficiez de consultations médicales 24h/24, 7j/7 et faites des économies! Profitez du rabais de prime sur l’assurance-maladie de base. Demandez une offre maintenant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.