Il jugera les lutteurs dans la sciure de la Fête fédérale

EchallensLe président du Conseil communal d'Echallens, Jacques Gottofrey a récemment été nommé juge fédéral de lutte

Pour la photo, Jacques Gottofrey a revêtu le costume officiel des juges fédéraux de lutte. Derrière lui, quelques-uns de trophées glanés par ses fils sur les ronds de sciure

Pour la photo, Jacques Gottofrey a revêtu le costume officiel des juges fédéraux de lutte. Derrière lui, quelques-uns de trophées glanés par ses fils sur les ronds de sciure Image: Jean-Paul Guinnard

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Il y aura au moins un Vaudois dans l’arène de la Fête fédérale de lutte suisse et de jeux alpestres, qui se déroulera à Zoug du 23 au 25 août prochain. Mais il ne combattra pas. Habitant d’Échallens, Jacques Gottofrey vient en effet d’être nommé parmi l’équipe des vingt et un juges – dont seulement deux Romands – qui seront chargés d’assurer le bon déroulement des passes. «C’est un honneur», commente Anne Cardinaux, la présidente de son club, celui des lutteurs de Lausanne et environs. «Une responsabilité rarement accordée. Et en plus, depuis cette année, ces juges ne sont plus élus en assemblée, mais nommés par un jury en fonction de leurs compétences.»

La perspective d’officier devant 50'000 spectateurs, plus les caméras de télévision, n’impressionne toutefois pas plus que ça le principal intéressé. «J’ai déjà jugé dans de grandes fêtes, comme au Säntis, au Stoosberg ou au lac Noir, explique Jacques Gottofrey. De toute manière, où que tu sois, il faut savoir faire abstraction du public. Tu dois être constamment très attentif: une passe peut être gagnée ou perdue en un instant.»

Le sérieux et l’efficacité des juges sont en effet les critères déterminants pour leur sélection. «Et les Suisses allemands, ils ne plaisantent pas avec les règles, rappelle l’agriculteur challensois. Notre travail est surveillé et jugé en permanence.» Pour décrocher un billet pour la Fête fédérale, plus grand événement sportif récurrent du pays, les juges doivent donc, comme les lutteurs, gravir tous les échelons.

Ancien lutteur fédéré

Pour Jacques Gottofrey, l’aventure a commencé en 2009, il y a dix ans. «À force d’accompagner mes fils sur les fêtes de lutte, je me suis dit que ça devait aussi être intéressant de juger.» L’homme avait en effet déjà de longue date «un pied dans la sciure»: il a pratiqué ce sport durant plusieurs années dans le cadre des fêtes de Jeunesse, remportant même le tournoi de la Cantonale à Bretigny-sur-Morrens en 1988.

«La formation de juge débute avec des cours théoriques et pratiques», explique Jacques Gottofrey. Les candidats signent aussi une charte engageant à ne jamais prendre parti pour l’un ou l’autre des adversaires, ou à renoncer de boire de l’alcool avant de juger. Les novices obtiennent alors le droit d’arbitrer leurs premières passes, dans des manifestations régionales. S’ils sont bons, ils peuvent ensuite passer à l’échelon cantonal, puis romand et enfin national.

«La lutte m’a permis de me faire des copains dans tous les cantons»

Une progression qui n’est toutefois pas source d’avantages sonnants et trébuchants. «On est dédommagé à hauteur de 50 fr. par journée, ce qui paie à peine la nourriture et les boissons, explique le juge-agriculteur. Par contre, cette activité m’a permis de me faire des copains dans quasi tous les cantons.»

L’esprit régnant dans le monde de la lutte et sa convivialité sont ses principaux moteurs. «Le fait que chaque lutteur nettoie la sciure dans le dos de son adversaire après la passe est représentatif de l’état d’esprit. Si tu perds ton porte-monnaie dans une fête de lutte, tu trouveras toujours quelqu’un pour te le ramener.»

Jacques Gottofrey ayant été élu sur une liste UDC au Conseil communal d’Échallens – organe qu’il préside d’ailleurs cette année –, on ne peut s’empêcher de lui demander s’il voit un lien entre ses couleurs politiques et sa passion. «Aucun, tranche-t-il. La lutte est une tradition suisse, donc elle appartient à tous les Suisses. Probablement un peu plus aux Suisses allemands, qui ont vraiment ça dans les gènes. Ici, les gars qui font de la lutte, c’est souvent parce qu’ils étaient trop costauds pour faire du foot!»

Deux fils en lice

À ce propos, il n’est pas impossible que le juge vaudois soit rejoint dans l’arène zougoise par deux jeunes lutteurs du même canton: ses fils Luc et Marc, qui disposent tous deux de réelles chances de se qualifier. Quelle famille!

Créé: 19.03.2019, 07h10

Articles en relation

La lutte suisse, ça se joue aussi en salle

Aigle Une première, le club local organise des joutes le 30 mars dans la halle des Glariers. Plus...

Cinq Vaudois vont défier les lutteurs alémaniques

Lutte Landquart accueille 150 jeunes de 15 à 17 ans, ce dimanche, à l’occasion de la Fête fédérale des espoirs. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.