«Kaamelott» la loufoque débarque sérieusement à l’Uni

LausanneDes étudiants de master étudieront la légende arthurienne en s’appuyant sur la série humoristique d’Alexandre Astier.

Image: DR

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

«Moi, j’ai appris à lire… Eh ben je souhaite ça à personne!» Prononcée par le chevalier Léodagan dans la série humoristique Kaamelott , qui revisite la légende arthurienne, la formule semble bien loin du sérieux académique. Et pourtant!

Après un colloque animé par des docteurs en littérature médiévale à la Sorbonne, en mars dernier, la série créée par Alexandre Astier aura les honneurs de l’Université de Lausanne (UNIL) au printemps prochain. Et à Dorigny, c’est carrément un cours-séminaire d’un semestre qui est prévu. Jusqu’ici, les étudiants découvraient la légende du roi Arthur avec Chrétien de Troyes et Robert de Boron; leurs homologues de 2018 ont droit à Alexandre Astier.

Mais ceux qui pensent passer près de quinze semaines à décortiquer les propos sans queue ni tête du Perceval de la série («Vous, vous avez une idée derrière la main, j’en mettrais ma tête au feu!») en seront pour leurs frais. Milieu universitaire oblige, le cours, baptisé «La Table Ronde, c’est pas la fête de l’artisanat!», sera en effet tout ce qu’il y a de plus sérieux. Il faut dire que derrière les blagues loufoques et le ton délicieusement grinçant de la série, Kaamelott constitue une solide et fidèle représentation de la légende arthurienne et de la quête du Graal. Un Graal qui, «si Joseph d’Arimathie a pas été trop con, est un bocal à anchois» (toujours Perceval).

Respect de la tradition

«La série est comique et de nombreux étudiants, de même mes collègues et moi, en sont fans. Mais elle est également très profonde. Nous n’allons pas regarder des épisodes de Kaamelott durant six mois, mais nous nous appuierons sur la série pour évoquer le français médiéval et les différentes langues d’alors, le latin, le burgonde, ainsi que l’ensemble de la légende arthurienne», précise Barbara Wahlen, maître d’enseignement et de recherche à la section de français de l’UNIL, responsable du cours-séminaire.

Pour prouver le sérieux de la série, l’experte évoque tout d’abord le Graal, élément central du mythe arthurien. «Dans le roman Le conte du Graal de Chrétien de Troyes, le Graal est un plat à poisson. On retrouve la notion de récipient du bocal à anchois d’Astier. Les ressorts comiques de Kaamelott n’empêchent donc pas de renfermer une certaine vérité. Sans oublier qu’humour et ironie se retrouvent également dans la littérature médiévale. Il y a une vraie recherche derrière Kaamelott», poursuit Barbara Wahlen.

Mieux, c’est dans sa structure même que la série, qui compte six saisons, est fidèle à la légende arthurienne. «Les épisodes des premières saisons sont indépendants les uns des autres, ils peuvent être visionnés dans n’importe quel ordre. Comme les romans en vers des XIIe et XIIIe siècles, qui ne se suivent pas. La suite de Kaamelott est plus linéaire et plus sombre, une différence notable que l’on retrouve dans les romans en prose de Robert de Boron, qui embrassent la période qui va de la mort du Christ à celle d’Arthur.»

À l’inverse, la série comporte des éléments fictionnels qui lui sont propres. «Entre anachronismes, personnages parfois inventés dont les rapports sont souvent différents, il existe des dizaines de productions arthuriennes. Kaamelott reflète parfaitement cette plasticité de la tradition.» (24 heures)

Créé: 28.12.2017, 06h39

Articles en relation

Le chêne de Napoléon défie les postulats de la génétique

UNIL Son génome passé au crible révèle que l’arbre le plus célèbre du campus a accumulé étonnamment peu de mutations génétiques Plus...

L’université frappée par une vague de vols

Suite à un déferlement de vols, l’UNIL met ses étudiants en garde. Plus...

La traque du deal de coke passe par l’analyse des billets de banque

Lausanne Des chercheurs de l’UNIL ont mis au point une méthode capable de faire le lien entre argent saisi sur des dealers et trafic de stupéfiants. En composant avec l’omniprésence de la coke sur les billets de banque. Plus...

Toujours plus d’étudiants à l’UNIL

Université Deux nouveaux masters sont proposés aux presque 15 000 étudiants de l’Université de Lausanne. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 6

Publié le 19 septembre 2018.
(Image: Bénédicte) Plus...