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David Jaccoud mise sur la technologie pour vivre avec les revenus du lait

L’agriculteur de Froideville vient d’investir dans une écurie ultramoderne et robotisée.

Agriculteur à Froideville, David Jaccoud a misé sur la technologie pour pouvoir continuer à vivre sa passion tout en produisant du lait d'industrie.
Agriculteur à Froideville, David Jaccoud a misé sur la technologie pour pouvoir continuer à vivre sa passion tout en produisant du lait d'industrie.
Odile Meylan
Les vaches vont se faire traire toutes seules à l'un ou l'autre des deux robots de traite; en moyenne 2,7 fois par jour.
Les vaches vont se faire traire toutes seules à l'un ou l'autre des deux robots de traite; en moyenne 2,7 fois par jour.
Odile Meylan
Suspendu sous un rail, ce caisson récupère les aliments les mélange et les distribue automatiquement.
Suspendu sous un rail, ce caisson récupère les aliments les mélange et les distribue automatiquement.
Odile Meylan
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Dans l’écurie flambant neuve de David Jaccoud, les écrans ont remplacé les fourches. Alors que de nombreux confrères renoncent à la production laitière industrielle en raison du prix du lait, l’agriculteur de Froideville tente de relever le défi en misant sur l’automatisation et la robotisation. Une démarche qui suscite beaucoup d’intérêt: en quelques mois de fonctionnement, son nouveau bâtiment construit en contrebas du village a déjà été visité par de nombreuses classes, des dirigeants d’entreprises actives dans le secteur agroalimentaire et même une délégation chinoise.

Si la présence de robots de traite et d’évacuation automatique des fumiers est désormais chose courante dans les écuries, celle d’un distributeur de nourriture est beaucoup plus novatrice. Un chariot suspendu sous des rails va s’approvisionner tout seul, réalise les mélanges d’aliments et les distribue. «Il n’y a que l’insémination qui n’est pas encore robotisée ici, sourit l’éleveur. Pour ça, on a notre taureau Atlas qui fait du bon boulot.» N’allez pas croire toutefois que l’écurie fonctionne toute seule. Une présence humaine reste indispensable. «L’automatisation nous simplifie la vie, mais elle ne nous remplace pas. Il faut être régulièrement présent pour contrôler, corriger ou reprogrammer. Et comme, en plus, j’ai la chance de pouvoir compter comme toujours sur l’aide de mon papa, ça offre pas mal de liberté. La semaine passée, j’ai ainsi pu aller à la piscine avec mes enfants un soir à 17h. Combien de producteurs de lait peuvent-ils se permettre ce genre de plaisirs?»

Récupération d’eau et de chaleur

Tout dans l’écurie a été pensé en termes d’efficacité et cela bénéficie aussi à l’écologie: l’eau de pluie tombant sur les toits est récupérée pour abreuver les bêtes, des panneaux photovoltaïques produisent les 60% de la consommation d’électricité de l’écurie et la chaleur du lait est utilisée pour préchauffer l’eau du système de nettoyage.

Cette recherche poussée d’optimisation n’a qu’un seul but: vivre avec les revenus très bas du lait d’industrie. «L’investissement de départ est important (ndlr: environ 13'000 fr. par Unité de gros bétail), mais nous avons eu la chance de pouvoir compter sur le soutien du conseiller d’État Leuba pour obtenir des fonds. Il est très conscient de la situation du monde agricole et fait vraiment tout ce qu’il peut pour aider, souligne David Jaccoud. Mais ensuite, les robots permettent d’économiser de la main-d’œuvre. Avec des salaires de 30'000 à 40'000 fr. par an et par employé, un robot est remboursé en dix ans. Dans notre ancienne écurie, nous étions trois pour nous occuper de 42 vaches, désormais nous ne sommes plus que deux pour 75 vaches.»

Surtout, ce projet a permis à l’agriculteur de continuer à vivre sa passion d’enfant, perspective compromise dans son ancienne situation. «Notre ancienne écurie au centre du village n’était plus aux normes. Comme nous ne sommes pas dans une zone fromagère, c’était ça ou arrêter.» Mais arrêter aurait été dur émotionnellement. «Un paysan, ça a des vaches!» image l’éleveur. Et de rappeler aussi leur rôle dans le fonctionnement du domaine: «C’est un tout. Nous avons 95 hectares de grandes cultures et de pâturages. Ils permettent de nourrir le troupeau qui, en échange, fournit les engrais de ferme pour les cultures.»

Seul maître à bord

Et puis chaque fois qu’il fait visiter cette écurie à des classes, David Jaccoud se dit que c’était important de continuer; «pour que les enfants puissent continuer de s’émerveiller en découvrant des veaux ou en regardant une vache se faire traire». Le fait d’être dépendant de grands acheteurs ne lui pose pas non plus de problème moral: «Je n’ai pas un caractère de chasseur des primes. Par contre, grâce à cette écurie, je conserve le sentiment d’être seul maître à bord que j’apprécie beaucoup.»

Les vaches n’ont rien perdu au change, au contraire. Dans leur nouvelle maison, elles mangent, dorment ou vont se faire traire selon leurs envies. «Avant, on trayait comme autrefois, matin et soir, rappelle l’éleveur. Ici on constate qu’elles vont se faire traire en moyenne 2,7 fois par jour. On voit aussi qu’elles sont plus calmes (ndlr: on n’a d’ailleurs pas entendu un meuglement en deux heures de présence sur place) et leur production de lait a augmenté. Tout semble donc indiquer qu’elles se sentent mieux.» Pour étayer ses dires, David Jaccoud désigne aussi deux vaches tenant compagnie au taureau Atlas: «Ces deux-là ont refusé de sortir lorsqu’on a voulu les emmener au pré, où les vaches taries passent trois mois par année.»

Si l’écurie héberge aujourd’hui 75 vaches, l’éleveur compte monter progressivement jusqu’à la capacité maximale de 130 bêtes. «Nous allons laisser grandir le troupeau de manière naturelle. Comme il est sain, nous avons décidé de ne pas acheter de vaches à l’extérieur, pour ne pas risquer d’amener des maladies.» Atlas a donc encore du pain sur la planche.

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Pour retrouver tous les épisodes de la série:Un été à la campagne à la rencontre de nos paysans

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