Depuis 25 ans, Stéphane Python construit Paléo

NyonIl règne avec bonhomie sur 14 hectares. Soit 11 de plus qu’à son arrivée comme responsable des constructions.

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Il traverse le terrain, salue tout le monde. Depuis presque un mois, appuyé par des dizaines de bénévoles (500 au plus fort du montage), Stéphane Python construit une ville habitée chaque soir durant une semaine par 50 000 personnes. Elle s’appelle Paléo et l’occupe à plein-temps depuis vingt-cinq ans.

Sa première édition en tant que responsable, en 1992, et après des années comme bénévole, avait été balayée par une tempête qui avait soulevé le Chapiteau et renversé deux tours à l’entrée. Heureusement sans faire ni victimes ni blessés. «C’est formateur, comme entrée en matière», glisse le responsable avant de retourner dans son quartier général, le «chalet des constructions», situé entre l’entrée du festival et l’Asse. Depuis ce coup de vent fondateur, le «Folk» est passé de quatre à 14 hectares (sans compter les parkings et le camping), de trois à sept scènes, d’une organisation encore un peu baba cool à une partition millimétrée.

«Avant, on faisait sans se poser trop de questions»

«Avant, on faisait sans se poser trop de questions. On avait confiance en notre bon sens et c’était alors suffisant. Aujourd’hui, on passe énormément de temps à se défendre, à naviguer entre les diktats, les nouvelles normes, les règlements sur l’aménagement du territoire, la protection des sols…»

As de la préparation

Sans lassitude mais avec une once de cynisme quand même, l’autre adepte nyonnais de la chemise à carreaux parle des très nombreux représentants des très nombreux services cantonaux avec qui il partage de très nombreuses séances. «Alors qu’on a toujours été là pour monter un festival, on ressent toujours plus comme une chape de bonne conscience qui, parfois, nous entrave. Parfois je me demande si tout le monde réalise vraiment que nous montons tout ça pour seulement une semaine, que ces infrastructures ne sont pas permanentes.»

Il n’empêche, le Valaisan d’origine ne lâche jamais son sourire, prend ces écueils comme autant d’expériences. «L’essentiel, c’est que le festivalier ne les ressente pas. Et, pour l’instant, c’est le cas!» Autre différence en vingt-cinq ans: une rigueur absolue dans la préparation, sans doute l’une des grandes forces du festival. «Elle doit être minutieuse», avec une place pour chaque chose, un délai pour chaque construction. «Nous avons eu jusqu’à quarante voitures sans plaques qui, entre le début du montage et la fin du démontage, parcouraient chacune 450 kilomètres pour aller chercher un tournevis ou trois lambourdes. A tout point de vue, c’était absurde.»

Aujourd’hui tout donc est réglé au cordeau. «C’est ce qui nous permet aussi d’affronter sereinement l’imprévu.» Ou les années où la météo, notamment la pluie, rend impossible la vie des équipes de Stéphane Python. «Cette année, heureusement, tout se passe idéalement.» Sur le terrain, les pelouses sont d’un vert gras et profond, les stands prennent forme, et tant le Village du Monde que la zone HES promettent de très belles surprises.

«C’est marrant, avant que tu me le dises (l’homme a le tutoiement instantané), j’avais même pas réalisé que je fêtais cette année mes 25 ans à ce poste. Sans doute que je ne m’y suis encore jamais ennuyé!» Il faut dire que, avec la croissance du festival et l’urbanisation qui vient lentement grignoter ce qui, auparavant, n’était «que des champs, si loin de la ville pour les Nyonnais», les défis du docteur Python sont encore nombreux.

Créé: 16.07.2016, 08h17

En chiffres

190 En tonnes, le poids de la terrasse, dont 121 de bois. Louée pendant huit ans, elle va être rachetée par le Paléo, qui l’utilisera encore «quelques années».
200 Le nombre de containers sur le terrain. «Les premiers cette année, nous les avons posés sur un lac tellement il y avait d’eau!»
55000 Le nombre de clous plantés, notamment dans les 7,5 km de lambourdes. Sans oublier les 15 tonnes de vis.
11300 En mètres carrés, la surface de plancher posée. Pour les loges, les bars, les restaurants… «Ça représente trois terrains de foot!»
655 En tonnes, la ferraille montée sur le site. La Grande Scène en engloutit une bonne partie. Les Arches, le Balcon et l’entrée aussi.

Stéphane Python, responsable des constructions de Paléo. (Image: Florian Cella)

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