A Rolle, plus de 30 arbres menacés pour éviter les inondations

La CôteLe projet communal de réaliser un bassin de rétention dans un parc de détente suscite des critiques.

La création d’un bassin naturel de rétention des eaux condamnera tous les arbres de ce secteur du Bois de la Bigaire

La création d’un bassin naturel de rétention des eaux condamnera tous les arbres de ce secteur du Bois de la Bigaire Image: VANESSA CARDOSO

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C’est un mal nécessaire, et surtout temporaire. Voilà, en bref, comment la Municipalité de Rolle justifie son projet de creuser une vaste zone inondable au bois de la Bigaire, très apprécié des promeneurs. Conscientes que l’impact de l’ouvrage sur ce lieu bucolique va soulever inquiétudes et critiques, les autorités organisent une séance d’information publique lundi soir à 20 h au Casino Théâtre. Mais déjà, un groupe d’opposantes, toutes membres de l’Association Osons Changer, a décidé de faire opposition.

Le municipal rollois Cédric Échenard est catégorique: «Notre devoir est de protéger la ville et ses habitants des inondations. Par le passé, nous avons subi des pertes irréparables, qui se comptent en centaines de milliers de francs. Il n’y a pas eu de victime mais les dégâts ont provoqué des traumatismes que nous ne voulons plus subir.» La plus grosse inondation a eu lieu en 1996. Chaque fois, c’est le centre-ville qui se retrouve sous les eaux et la boue à cause des crues du Famolens, un cours d’eau qui traverse le bois de la Bigaire, situé à l’est de la gare.

Le phénomène est simple à comprendre: lors de gros orages, l’eau de pluie accumulée sur les pentes au-dessus de Rolle converge au confluent de deux petits cours d’eau, le Flon et le Famolens. À la sortie du petit tunnel qui passe sous les voies CFF, le canal est rétréci. Tout le débit qui dépasse 18m3/seconde déborde et inonde le centre-ville avant de se déverser dans le lac. En 1996, il y a eu un pic de 30 m3/s. Du jamais-vu. C’est sur cette base que l’Entreprise de correction fluviale (ECF), créée par le Canton suite à ces inondations, a évalué la dimension du bassin de rétention des crues du Famolens projeté au bois de la Bigaire. L’ouvrage s’étendra sur une surface triangulaire avec une base, le long des voies, d’environ 150 m, et deux côtés d’environ 200 m. Pour réaliser ces travaux, il faudra sacrifier plus de trente grands et beaux arbres.

«On va saccager cet endroit en nous faisant miroiter qu’on va faire mieux, alors que les compensations prévues sont ridicules»

Ce qui fait bondir les Rolloises membres de l’Association Osons Changer. «On va saccager cet endroit en nous faisant miroiter qu’on va faire mieux, alors que les compensations prévues sont ridicules», s’insurge Monique Pérusset, qui s’inquiète non seulement des arbres eux-mêmes mais aussi des oiseaux et des insectes vivant dans ce milieu.

Remontées contre le projet, et déçues que la population n’ait pas été consultée avant la mise à l’enquête, les opposantes ont de nombreuses questions à poser. Pourquoi ne pas faire cet ouvrage ailleurs? Pourquoi ne pas renaturer le cours d’eau afin de laisser l’eau s’infiltrer dans la terre? Pourquoi, lors des travaux de la Grand-Rue, ne pas avoir pensé à cette problématique?…

Président de l’ECF, maître d’ouvrage du bassin, Joël Varidel apporte quelques réponses: «Il est logique de le situer en amont du rétrécissement du canal. Mais plus en amont, ce n’est pas possible, car il y a trop de pente. On aurait dû excaver de trop grandes quantités de terre. D’autre part, en aval des voies CFF, la densité du bâti ne permet pas de réaménager le cours d’eau.»

Pas un bassin bétonné

L’analyse des spécialistes écarte toute alternative. Mais Cédric Échenard se veut rassurant. «Il ne faut pas imaginer une piscine de béton. On va creuser le terrain, qui restera un espace vert, où coulera le Famolens, que l’on va dévier de son cours. On va recréer des habitats pour la faune, et on va replanter une quarantaine d’arbres. On va aussi créer un chemin accessible aux personnes à mobilité réduite. Le parc restera attractif, mais il faudra 15 ans pour que les arbres poussent. En plus, cela ne coûtera que 175 000 francs à Rolle, soit 5% du coût total de 3,5 millions, assumé par le Canton (60%) et la Confédération (35%).»

Consultée, Pro Natura ne s’oppose pas au projet, mais juge les mesures compensatoires insuffisantes. «Pour avoir un bilan environnemental équilibré, il ne suffit pas de replanter des arbres. On a demandé des mesures hors du périmètre, mais on n’a pas reçu de réponse», regrette Michel Bongard, secrétaire de Pro Natura. (24 heures)

Créé: 11.01.2019, 19h19

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