«Ce n'est pas une fusion, c'est une annexion»

La ChauxEric Vion, municipal à La Chaux, dénonce l’union qu’envisage sa commune avec Cossonay et Dizy. Une position qui passe mal.

Eric Vion a choisi le lieu du rendez-vous, à la frontière entre Cossonay et La Chaux. «C’est le lieu-dit langue de bois. Eh bien moi, je la foule aux pieds!»

Eric Vion a choisi le lieu du rendez-vous, à la frontière entre Cossonay et La Chaux. «C’est le lieu-dit langue de bois. Eh bien moi, je la foule aux pieds!» Image: Olivier Allenspach

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Chaque projet de fusion compte son lot d’opposants. Le fait est connu et le rapprochement qu’envisagent les communes de Cossonay, La Chaux et Dizy, sur lequel les trois délibérants se prononceront lundi soir, n’échappe évidemment pas à la règle.

Mais l’opposition à ce mariage comporte une originalité de taille: elle est emmenée par un municipal d’une des communes fiancées, en l’occurrence Eric Vion, municipal de Police à La Chaux. L’élu, chef de file d’un collectif qui comprend onze habitants de La Chaux – dont un ancien syndic – et six de Dizy, joue en effet les empêcheurs de fusionner en rond. Depuis des mois, le petit groupe multiplie les écrits pour dire tout le mal qu’il pense du projet. A commencer par sa dénomination. «Ce n’est pas une fusion, mais une annexion des deux communes par Cossonay, qui court après sa primauté régionale perdue. Et à peine ose-t-on une remarque qu’on est accusé de crime de lèse-majesté, quand on n’essaie pas de nous intimider», fustige l’élu, pour qui ce projet masque en réalité les ambitions territoriales de Cossonay, en perte de vitesse depuis le redécoupage des districts, qui lui a fait perdre sa place de chef-lieu.

Comme dans les affaires du même genre, les autres griefs du collectif concernent la perte d’identité, de pouvoir et d’influence que ne manquerait pas de provoquer la fusion. Le tout assorti de critiques acerbes.

Collégialité en jeu

La semaine dernière, lors de la séance publique pour la présentation de la convention de fusion (lire «24 heures» de vendredi dernier), Eric Vion s’est attiré les foudres du préfet de Nyon, Jean-Pierre Dériaz, pour avoir rompu la collégialité. «J’ai été élu lors d’une complémentaire en novembre dernier (ndlr: il était le seul candidat annoncé), je n’ai donc pas participé aux travaux préparatoires de ce projet. Et la population le savait parfaitement lorsqu’elle m’a élu», se défend-il.

Les municipaux réagissent

Toujours au chapitre «collégialité», Eric Vion assure encore ne pas être l’unique brebis galeuse du dossier: «A La Chaux et à Dizy, quatre des huit municipaux hésitent.» Dans la région, où la position du municipal dissident passe mal, il n’en fallait pas plus pour faire sortir les élus concernés de leur réserve. «A Dizy, les municipaux soutiennent unanimement ce projet. Ce que dit M. Vion est faux», lance le syndic, Gérard Gaille. Du côté de La Chaux, le son de cloche n’est guère différent. «Eric Vion excepté, nous soutenons tous le projet de fusion», assure Paul-Henri Marguet, syndic

Enfin, à Cossonay, cible de toutes les attaques, Georges Rime, chef de l’Exécutif, dénonce, lui aussi, les écrits du collectif. «Beaucoup d’arguments qu’il brandit ne sont pas vrais! Et, contrairement à ce qu’on entend, Cossonay n’est pas en perte de vitesse. On m’accuse encore de vouloir tirer la couverture à moi, mais, à Cossonay, j’ai beaucoup donné et n’ai plus grand-chose à prouver.» (24 heures)

Créé: 18.03.2015, 17h50

«L’Etat ne s’ingère pas»

«Oui, je suis au courant de ce qui se passe à La Chaux. D’ailleurs, tout le monde est au courant», soupire Laurent Curchod, «Monsieur Fusion» du Canton. Fin connaisseur
des mariages intercommunaux, le juriste, qui chapeaute tous
les projets de fusion et anime nombre de séances d’information sur la question, est bien placé pour évoquer le cas de La Chaux.

«Voir un municipal en place s’opposer au projet de fusion qu’envisage sa Commune n’est pas inédit. En revanche, un tel activisme est bien plus rare», poursuit Laurent Curchod, qui pense à l’abondante production du collectif. Sacro-sainte autonomie des communes oblige, Laurent Curchod n’en dira pas davantage. «L’Etat ne s’ingère pas», lâche Monsieur Fusion, qui prévient: lundi, jour du vote des Conseils, «il faut s’attendre à plusieurs assermentations
de nouveaux conseillers, à La Chaux et à Dizy.»

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