Dans la tempête, le syndic de Bière démissionne

ControverseJacques-Henri Burnier a gravement dérapé la semaine dernière en prenant à partie un groupe de jeunes.

Un tag a été inscrit vendredi sur le bâtiment de la poste. Il a rapidement été effacé.

Un tag a été inscrit vendredi sur le bâtiment de la poste. Il a rapidement été effacé. Image: DR

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C’est tout un village qui est sous le choc. Depuis une semaine, la pression ne faisait que monter à Bière. Et le tag découvert vendredi matin a rajouté de l’huile sur le feu. On pouvait y lire: «Burnier au trou pour sauver nos enfants.» Une inscription – effacée dans la journée – qui a fait l’objet d’une plainte de la part de la Commune.

Mais que s’est-il passé pour que le syndic se retrouve ainsi ciblé? Il faut remonter au lundi 3 février pour le comprendre. Il est 18h45 et un groupe de jeunes se trouve à proximité de la Migros du village. Un véhicule monte alors sur le trottoir pour «serrer» la bande. Au volant, on retrouve le chef de l’Exécutif, Jacques-Henri Burnier. Après qu’il est sorti de sa voiture, «une joute oratoire de bas niveau» débute et «quelques gestes déplacés sont échangés de part et d’autre».

Incivilités et déprédations

Mais quelle mouche a donc piqué le syndic? «Depuis plusieurs mois, les incivilités et les déprédations aux installations publiques vont bon train, explique-t-il. La porte d’entrée de notre supermarché est un des lieux de rassemblement de nombreux mineurs qui houspillent, gênent et bloquent le passage des clients de tous âges. Ce soir-là, j’ai ressenti de ma part comme une lâcheté de n’être jamais intervenu. En deux secondes, ce fut le débordement. Mais il n’y avait rien de prémédité. Je voulais simplement leur faire peur et j’ai pété un câble.»

Cette situation tendue à Bière est confirmée par plusieurs témoignages récoltés dans le village. «Il y a une bande de jeunes qui squatte différentes places et fait peur aux citoyens. Sans oublier les nombreuses déprédations... Il y a des plaintes, mais la Commune reste inactive. L’incident de lundi est sans doute en lien avec tout ça et le ras-le-bol général au sein de la population», explique une habitante.

Démission inévitable

Le chef de l'Exécutif n’a pas mis longtemps à prendre conscience de la portée de ses actes. «J’ai tout de suite compris que mon débordement ne correspondait plus à ce que l’on est en droit d’attendre d’un syndic. J’ai immédiatement informé notre secrétaire communal de ma décision de quitter la Municipalité birolane.»

Jacques-Henri Burnier, qui se dit au bord du burn-out, s’est rendu mercredi 5 février à Prangins pour un suivi psychologique afin de se soigner «et éviter à tout prix que cela se reproduise». «Ces jeunes sont la pointe de l’iceberg. Finalement, ils étaient là au mauvais moment… S’il n’y avait eu qu’eux, cela ne serait sans doute jamais arrivé. Mais par ma fonction, j’ai eu depuis de nombreux mois de lourds dossiers à gérer et la charge émotionnelle – bien qu’intérieure – est trop importante», explique-t-il.

Lettre d’excuses

Trois plaintes ont été déposées contre le chef de l’Exécutif et l’enquête suit son cours. «Je sais que cette erreur ne sera pas sans conséquence», avoue-t-il. Sur demande de la procureure chargée du dossier, il a envoyé un courrier lundi 10 février aux parents pour présenter ses excuses.

À la Municipalité depuis 2002 et syndic depuis 2006, Jacques-Henri Burnier devrait quitter ses fonctions à la fin du mois de juin.

Créé: 10.02.2020, 17h06

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