De bien naïfs cambrioleurs jugés pour home-jacking

ProcèsA Mont-sur-Rolle, le quatuor avait menacé et ligoté l’occupante des lieux. A les entendre, rien n’était vraiment préparé.

Les quatre accusés sont jugés depuis mardi par le Tribunal criminel de La Côte.

Les quatre accusés sont jugés depuis mardi par le Tribunal criminel de La Côte. Image: Philippe Maeder-A

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Ils n’ont pas l’allure de premiers communiants mais de durs à cuire, avec leurs entraves aux chevilles et leurs menottes aux poignets. Escortés par sept policiers et six avocats – stagiaires compris –, ces quatre Kosovars âgés de 25 à 37 ans comparaissent depuis mardi devant le Tribunal criminel de La Côte. C’est d’un home-jacking perpétré un après-midi d’avril 2016 à Mont-sur-Rolle qu’ils doivent répondre. En plus de quelques menus autres larcins qu’ils contestent (vol, stups…).

Pour le brigandage en revanche, on est quasi dans le flagrant délit. L’occupante de l’appartement, une quinquagénaire russe, menacée et ligotée à son lit, avait pu s’extirper de là et donner l’alerte. Après s’être enfuis par l’A1 dans un fourgon qu’ils abandonneront près de Chavannes Centre, les accusés seront serrés par la police dans les heures qui suivront.

«J’ai cru qu’ils allaient me tuer. L’un d’eux m’a répété trois phrases: «Ne crie pas! Baisse la tête! Où est l’argent?»

La version des faits présentée par le quatuor est très évasive. On ne sait trop ni comment ni pourquoi ces compatriotes se sont lancés dans cette opération. Quelques SMS échangés les jours précédents laissent clairement penser que cela était planifié. L’un des comparses croyait que le logement était désert la journée et renfermait un magot d’un demi-million. Mais ils nient que ces messages aient un lien avec l’affaire.

Les quatre prévenus pensaient donc commettre un simple cambriolage, avec spontanéité et à visage découvert. Personne n’aurait fait de repérages auparavant. L’un attend au volant du fourgon, dans le garage de la PPE, les autres sonnent à la porte, à tout hasard. Mais ils ne s’attendaient pas à tomber sur Tatiana*. «Ça nous a effrayés, stressés, lâche l’un d’eux. Si elle avait crié, nous aurions pris la fuite. La situation était surréaliste.» «On en vient presque à la reprocher à madame», persifle le président de la Cour Daniel Stoll.

Revolver ou tournevis?
Point de divergence qui aura son importance dans la lourdeur de la peine: l’arme. La victime, qui est venue témoigner avec aplomb, affirme avoir été menacée par un revolver au canon assez long, doré. Non, c’était… un tournevis, pris pour fracturer la porte, assure son détenteur. Les autres affirment que, en effet, le pistolet non munitionné était resté dans la boîte à gants.

L’aîné de la bande attache Tatiana avec un T-shirt et une ceinture de manteau. «J’ai eu peur de sa réaction. J’ai essayé de la calmer, je me suis excusé plusieurs fois, j’ai un peu desserré les liens à sa demande et je lui ai même fait un bisou sur la tête en partant», raconte-t-il. Tatiana ne se souvient guère de tant de prévenance. «J’ai cru qu’ils allaient me tuer. Il m’a répété trois phrases: «Ne crie pas! Baisse la tête! Où est l’argent?» Les 200 francs trouvés dans la chambre ne les satisfont pas. «Il en a rigolé.» C’est avec un coffre-fort qu’ils se carapateront.

Les pieds nickelés étaient dans leurs petits souliers mardi. Répétant à tour de rôle leurs excuses à la victime et «la honte» qui empourpre leur front. Aucun ne charge ses compères et les questions gênantes ne trouvent souvent d’autre réponse que «Je ne sais plus». Versatiles, ils reviennent parfois sur les déclarations faites à la police. Deux des accusés étaient en séjour illégal en Suisse. Les deux autres ont un permis C et ont reçu le soutien d’amis et de parents, venus témoigner de leur gentillesse. Tous aspirent à tourner la page, à travailler et à avoir une vie stable. Ils dorment en prison depuis leur arrestation. Verdict prochainement.

* Prénom d’emprunt (24 heures)

Créé: 11.07.2017, 21h24

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