Flore et faune recolonisent les prairies de La Côte

BiodiversitéLes mesures prises par les agriculteurs du réseau La Frontière portent leurs fruits. Oiseaux, papillons et grillons sont de retour.

Spécialiste des papillons, Vincent Baudraz a fait des relevés fructueux dans les prairies du réseau La Frontière.

Spécialiste des papillons, Vincent Baudraz a fait des relevés fructueux dans les prairies du réseau La Frontière. Image: Vanessa Cardoso

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Dans l’assiette, à l’heure de l’apéritif dînatoire, pas de lard ni de chips, mais un toast au beurre d’alliaire, des bourgeons de salsifis au vinaigre d’edelweiss, une tarte à l’égopode ou encore une crème de flouve odorante. Autant de plantes sorties tout droit des prairies naturelles que bichonnent les 80 agriculteurs du réseau agroécologique La Frontière.

Une constellation de sites, d’une surface de 150 hectares, éparpillés sur dix-huit communes du district de Nyon, que les paysans redonnent progressivement à la nature. Jeudi, dans un champ de Gingins, les écologues de tout poil ont tiré un premier bilan plutôt réjouissant pour la faune et la flore des mesures lancées il y a bientôt neuf ans afin de revitaliser les écosystèmes.

Plus de 1000 arbres plantés

Cette mobilisation, qui a vu les partenaires planter plus de 1000 arbres et arbustes, des kilomètres de haies et restaurer de vieux vergers, porte déjà ses fruits. D’autant mieux qu’une des spécificités de ce réseau, l’un des plus avancés parmi la centaine que compte le canton de Vaud, est d’avoir régénéré les prairies traditionnelles avec une fleur de foin indigène que les agriculteurs, subventionnés par le Canton et la Confédération, produisent eux-mêmes. Elle a essaimé jusque sur les ronds-points et talus de la ville de Nyon.

En quelques années, le paysage a changé dans ce périmètre de 500 hectares allant de La Rippe à Genolier, de Nyon à Saint-Cergue. Des cultures intensives ont cédé la place à des prairies susceptibles d’attirer à nouveau des espèces d’oiseaux et d’insectes menacés, alors qu’on prépare le retour de certains prédateurs utiles à l’agriculture, comme l’hermine, grande consommatrice de campagnols, qu’elle va chercher jusqu’au fond de leurs galeries.

S’il faut des années pour que ces plantations produisent leur effet sur la biodiversité, les spécialistes enregistrent déjà des résultats très encourageants. Avec les papillons, notamment, dont la moitié des 216 espèces présentes en Suisse est menacée. «La région offre un climat favorable aux papillons, qui étaient déjà implantés dans des zones réservées, comme le Bois de Chênes.

73 espèces de papillons (diurnes) recensées

Depuis 2012, le réseau est assez dense pour qu’ils recolonisent de nouveaux sites», explique Vincent Baudraz, qui a recensé 73 sortes de papillons de jour. Les prairies offrent en effet des plantes hautes, comme le plantain, garde-manger pour les chenilles, et des fleurs à nectar pour le papillon sorti de sa chrysalide. Pour autant que le pré ne soit pas fauché trop tôt. Le spécialiste a aussi recensé 13 sites du réseau favorable à l’azuré des coronilles, une espèce menacée.

Au sujet des orthoptères, entendez sauterelles, grillons et criquets, Stève Breitenmoser, de l’Agroscope, est tout aussi enthousiaste. Pour préserver ces espèces qui deviennent adultes en fin de saison, les agriculteurs sont appelés à laisser des zones de refuge jusqu’au mois de septembre. Le spécialiste a déjà compté 40 espèces dans le réseau, ce qui est élevé. «Au total, 55% des espèces – il y en a 105 en Suisse, dont 45% sur la liste rouge – sont présentes dans le périmètre.»

Les oiseaux pas en reste

Enfin, les oiseaux aussi en profitent. Patrick Jacot, du Centre ornithologique de réadaptation du canton de Genève, n’en peut plus. Lui qui pose des nichoirs tous azimuts, a relevé 10 territoires pour l’alouette des champs, trois pour la huppe fasciée, quatre pour le torcol, espèces des plus menacées. Sans oublier le bruant jaune et le bruant zizi, qui sont aussi présents. (24 heures)

Créé: 23.05.2019, 22h10

Articles en relation

Il faudra glisser 10 francs dans le tronc pour visiter l'Arboretum

Parc botanique Pour assurer son financement, l’association du parc du Vallon de l'Aubonne instaure une entrée payante dès juin. Mais sans caisse ni tourniquet. Plus...

Les villes fourmillent de vie sauvage

Famille La Fête de la nature célèbre ce week-end la faune et la flore dans tout le canton, sans oublier les centres urbains Plus...

Des drones pour sauver Bambi des faucheuses

Faune Des bénévoles genevois parcourent les champs pour repérer et protéger les faons qui s’y cachent. Plus...

Des drones pour sauver les faons de la faucheuse

Faune Chaque année, des milliers de bêtes sont mutilées et tuées après avoir été happées par les machines. Des moyens efficaces peuvent l’éviter. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.