L’élevage perd des plumes, pas ses fervents apôtres

EtoyLe village reçoit ce week-end l’exposition cantonale vaudoise d’aviculture. Un rendez-vous à ne pas manquer pour les éleveurs.

Vidéo: Romain Michaud

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Pour bien terminer l’année de ses 70 ans, la Société vaudoise d’aviculture, de cuniculture et de colombophilie de Nyon et environs a vu les choses en grand. Elle organise en effet de vendredi à dimanche l’exposition cantonale d’aviculture. «On attend plus de 2500 personnes, lance, enthousiaste, le président de la société et organisateur, Patrick Lüthi. On accueillera un peu moins de 1000 bêtes de 130 races différentes.»

Poules, lapins, pigeons, canards et faisans, entre autres, seront sur leur 31: ils seront là pour être notés. «C’est le principe même de ces expositions, détaille celui qui est aussi paysagiste. Les éleveurs, tous amateurs, présentent leurs animaux afin de savoir où ils en sont au niveau des standards. Nos bêtes sont jugées selon leur coloris, leur race, leur taille, leur morphologie ou encore l’hygiène. Tout cela permet de maintenir le patrimoine génétique des races.»

Relève à trouver

Si les éleveurs participent à ce genre d’événement pour avoir un retour sur leur travail, Patrick Lüthi poursuit un but parallèle avec l’organisation de cet événement dans son village. «Les animaux attirent tous les publics, et c’est une très bonne chose, assure le président d’organisation. On leur présente notre hobby, ils peuvent poser des questions, et peut-être que certains sortiront de la salle avec l’envie de se lancer dans l’élevage.»

Car l’Étierruz ne s’en cache pas, son activité est en net recul dans le canton. «Il existe aujourd’hui onze sociétés vaudoises. Avant, il y en avait pratiquement une dans chaque village.» Une baisse qui s’explique, selon lui, par l’évolution de la vie. «Les gens ont de moins en moins de temps et ils ont d’autres loisirs à choix, détaille celui qui possède entre 60 et 80 bêtes. Sans compter que la grippe aviaire a elle aussi fait des dégâts par le passé. Certains éleveurs ont arrêté car il était nécessaire de recouvrir toutes leurs infrastructures, ce qui était beaucoup trop cher.»

Et si une tendance actuelle consiste à accueillir des poules pour, notamment, se débarrasser de ses déchets verts, ça n’est pas pour autant que l’on peut parler d’élevage. «On est super contents que les gens prennent des poules, explique Patrick Lüthi. Mais sans coq et sans petits, ça n’est pas de l’élevage. Et avec tous les soucis que l’on rencontre lorsqu’on possède un coq chez soi, à cause du bruit et des plaintes des voisins, ça ne facilite pas notre passion.»

Sans compter les difficultés qui ont trait à la loi. «Aujourd’hui, il faut une mise à l’enquête pour construire un poulailler, développe le président de la Société d’aviculture de Nyon. À l’époque ça se faisait comme ça, à côté de la maison. Tout cela n’encourage pas à se lancer.»

Mais Patrick Lüthi ne désespère pas. «Nous recevrons quelque 17 classes, soit plus de 300 élèves dont certains n’ont jamais vu de poule en vrai. On souhaite créer quelques vocations parmi eux. D’autant plus que nous aurons 19 exposants juniors (ndlr: de 7 à 18 ans). Ils pourront s’identifier à eux et en discuter.»

Ouverts à la discussion

L’éleveur le sait: à l’heure actuelle, le fait d’exposer des animaux en cage peut faire réagir négativement certaines personnes ou associations. «Nous savons que certains sont contre, admet-il. Mais il faut savoir que la Société pour la protection des animaux passe toujours incognito faire un contrôle. Et puis, nous n’avons aucun souci à discuter avec les gens qui pensent que c’est une mauvaise idée, c’est justement l’occasion de leur expliquer notre point de vue.»

Malgré les difficultés, le président conclut sur une note positive: «Certains font de l’équitation, nous on fait de l’élevage. On aime nos bêtes, elles sont notre passion.»

Créé: 15.11.2019, 06h50

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