La Croix Fédérale a su conserver son âme

L'Esprit des pintesL'auberge de Villars-sous-Yens est le théâtre de nombreux souvenirs.

Issus de grandes enseignes de prestige, Patrick et Natalia Strauss sont revenus dans la région du premier pour relever le défi qu’est celui de tenir et d’animer une auberge de village.
Images: ODILE MEYLAN

Issus de grandes enseignes de prestige, Patrick et Natalia Strauss sont revenus dans la région du premier pour relever le défi qu’est celui de tenir et d’animer une auberge de village. Images: ODILE MEYLAN

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On ne peut vraiment pas la louper, la Croix Fédérale, elle qui délimite quasi à elle seule le centre du village avec sa petite terrasse d’où l’on voit les automobilistes trembler un peu avec la priorité de droite sur l’axe Yens - Saint-Prex. On entre d’ailleurs dans cet établissement qui a littéralement «pignon et perron sur rue» par le côté café, comme à l’époque. Un choix des tenanciers de l’Auberge de Villars-sous-Yens, Natalia et Patrick Strauss, installés depuis novembre 2017, avec la ferme intention de conserver l’âme d’un bistrot à l’ancienne malgré les rénovations apportées.

L’Auberge de la Croix Fédérale de Villars-sous-Yens propose une cuisine revisitée dans une ambiance villageoise.

Dans la jolie salle qui n’a rien perdu de son charme d’antan, on découvre des murs lambrissés et un mobilier simple, typique des pintes de village. Derrière le bar, Aurélien Marcellier – le maître d’hôtel – et Natalia Strauss ont cette élégance qui trahit leur passé dans l’hôtellerie de luxe. Patrick Strauss, lui, est dans ses cuisines, prêt à entamer le service de midi. «Il connaît ce lieu depuis qu’il est petit et a toujours eu envie de le reprendre un jour avec le même esprit qu’à l’époque», raconte son épouse.

Pour le couple, qui a tout d’abord travaillé au Palace de Lausanne avant de voyager notamment à Londres et en Espagne, la reprise d’une auberge de village et de ses trois chambres s’est apparentée à un nouveau défi au moment de faire le pas. «Ce n’est pas forcément évident de s’intégrer et d’imposer son esprit, précise le patron. Dans ce genre d’endroit, on s’attend à une carte traditionnelle alors que notre style est plutôt méditerranéen. Les gens étaient au départ surpris de devoir partager les plats posés sur la table.»

Alfred Humbert-Droz et Daniel Aubert apprécient l’ambiance de leur pinte villageoise, théâtre de nombreux souvenirs.

Car les tapas sont au cœur de la carte du chef, une tradition qui fait écho aux origines espagnoles de Natalia Strauss. Et deux fois par an, avant les fêtes de fin d’année et en période estivale, des soirées sont organisées sur ce thème. «Elles finissent assez tard et souvent très fort, s’amuse Patrick Strauss. Cela crée une bonne ambiance et ça mélange tous les types de clientèle, dans l’esprit festif que nous souhaitons imprégner.» Et le couple ne va pas en rester là puisque dès 2020, une soirée d’un nouveau type sera organisée grâce à la cagnotte, récemment reprise par une équipe formée d’habitués et de vrais mordus de leur auberge. L’endroit où, par exemple, on annonce les résultats des élections communales.

Ce qui frappe dans ce lieu sans prétention, c’est l’humeur décontractée de son personnel. Comme en témoigne Aurélien Marcellier, qui, à l’instar de ses employeurs, a quitté l’ambiance feutrée du luxe et des grandes enseignes pour cette pinte de village où la simplicité est de rigueur. «J’ai découvert le monde des auberges, où on y mange souvent mieux qu’en ville. C’est un esprit qui n’est pas guindé, où les gens se sentent vraiment à l’aise. Il y a moins de codes hiérarchiques que dans d’autres restaurants.»

«À l’époque on faisait des soirées de la cagnotte avec un accordéoniste et la table était couverte de graffitis. Si seulement elle pouvait parler!»

Daniel Aubert, client fidèle

Cette simplicité aura également permis de drainer à nouveau une clientèle jeune. Tandis que la Société de jeunesse y a repris ses marques, les samedis à midi et leurs traditionnels poulets rôtis rameutent les familles avec enfants. «On le pose sur la table et les gens se le partagent, comme à la maison.»

Au bistrot, alors que les premiers clients affluent, l’unique table ronde est occupée par Alfred Humbert-Droz, «l’encyclopédie du village» et coauteur d’un ouvrage sur l’histoire de Villars-sous-Yens, et Daniel Aubert, habitué des lieux depuis une quarantaine d’années et ancien président de la cagnotte. Une table plutôt réservée ici «à ceux qui papotent», précise Daniel Aubert. «À l’époque on faisait des soirées de cagnotte avec un accordéoniste et cette table était couverte de graffitis. Si seulement elle pouvait parler!» s’exclame-t-il en riant. Attachés à cet endroit qui propose par ailleurs une très jolie carte des vins, les deux citoyens apprécient l’authenticité du lieu, qui propose toujours des plats régionaux à un prix raisonnable. «Le charme de cet endroit, c’est tout ce qui traîne ici comme âme et comme souvenirs, évoque Daniel Aubert. C’est un lieu qui a conservé son statut au fil des ans.»

Créé: 10.11.2019, 09h56

Infobox

Auberge de la Croix Fédérale
place du Village 2
1168 Villars-sous-Yens

auberge-villars-sous-yens.ch
Tél. 021 801 25 08

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