«La Libye, ça reste un souvenir douloureux»

VaudRachid Hamdani, habitant de La Côte, fut le compagnon d’infortune de Max Göldi dans les geôles de Kadhafi. Retrouvailles mercredi à Zurich.

L’ancien captif photographié chez lui, à Crans-près-Céligny, le 21 juin 2010, quatre mois après son retour en Suisse.

L’ancien captif photographié chez lui, à Crans-près-Céligny, le 21 juin 2010, quatre mois après son retour en Suisse. Image: Odile Meylan

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Au téléphone mercredi en fin d’après-midi, Rachid Hamdani, dans son hôtel zurichois, accepte de discuter un moment à bâtons rompus. «Max arrive», lâche-t-il avant d’interrompre la conversation. Le Suisso-Tunisien, qui se définit lui-même comme un «citoyen vaudois» de Crans-près-Céligny, parle ainsi de Max Göldi, qui se préparait pour le vernissage de son livre, «La vengeance de Kadhafi. Journal intime d’un otage».

Moment d’émotion. Rachid Hamdani, 78 ans, s’apprête à revoir le compagnon d’infortune de ses dix-neuf mois de captivité en Libye, avant son retour en Suisse le 23 février 2010. Max Göldi, lui, avait dû attendre quelques mois de plus, jusqu’en juin. Le Vaudois n’a pas encore lu le témoignage de l’électronicien bernois. L’événement le replonge dans une période pénible. Rachid Hamdani assure avoir réussi à tourner la page: «La Libye, ça reste un souvenir douloureux. Mais le passé, c’est le passé. J’ai repris la vie comme avant. Ce n’est pas une référence pour ma vie actuelle.»

Mais quand même. La discrétion de l’ex-otage vaudois ne peut pas masquer les forts sentiments qui le lient à Max Göldi: «Nous avons gardé des liens d’amitié. Nous avons partagé nos vies dans 16 m2, nous étions plus qu’un couple.» Au bout du fil, Rachid Hamdani se réjouit de retrouver ceux qui l’ont aidé. Il s’attendait à revoir Hans-Rudolf Merz, président de la Confédération en 2009, pris à partie avec virulence en Suisse après les excuses présentées à Muammar Kadhafi pour l’arrestation mouvementée d’un des fils du colonel à Genève. «Il a été critiqué à tort. C’est une affaire très complexe, et personne n’avait en mains tous les éléments.» En veut-il aux Libyens? «Non, même eux nous ont aidés. Kadhafi n’était pas aimé, sauf par ceux qui avaient un intérêt direct. Il n’avait pas un large soutien.»

Rachid Hamdani regrette les circonstances de la mort du colonel, exécuté sommairement en plein Printemps arabe, le 20 octobre 2011: «J’aurais préféré que Kadhafi soit jugé et que justice soit rendue à ses victimes. La rage et le besoin de vengeance spontanée se sont manifestés.» Le captif des geôles libyennes avait de son côté éveillé d’étranges soupçons dans les médias suisses, qui avaient cru voir en lui un espion ou un marchand d’armes. Il s’était en fait associé, dans le secteur de la cimenterie et de la construction, à l’entrepreneur Miguel Stucky, qui fut le patron de Métrociné à Lausanne. Il lie sa captivité à un mauvais concours de circonstances: «Ma présence en Libye était un accident. Je devais présenter un projet de développement car nous n’avions pas de spécialiste sous la main pour le faire.»

«Aller à l’étranger m’a aidé à revivre normalement»

Après avoir retrouvé la liberté, l’ancien otage a repris des activités de conseil dans le même domaine. Il a ainsi beaucoup séjourné en Indonésie: «J’avais gardé des liens là-bas. Aller à l’étranger m’a aidé à revivre normalement.» Un peu comme Max Göldi, parti, lui, au Japon. Aujourd’hui, Rachid Hamdani ne veut plus bouger. Il évoque plutôt ses vieux jours en Suisse, auprès de sa famille. (24 heures)

Créé: 31.10.2018, 21h36

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