La mystérieuse disparition d’un ex-cadre de l’UEFA

NyonDiagnostiqué bipolaire, Bernard Ross n’a plus donné de nouvelles depuis le 18 octobre. Sa femme charge son ancien employeur.

Le Britannique occupait une fonction de cadre dans le domaine de la retransmission TV au sein de la faîtière du football européen, basée à Nyon.

Le Britannique occupait une fonction de cadre dans le domaine de la retransmission TV au sein de la faîtière du football européen, basée à Nyon. Image: DR

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Bernard Ross a quitté sa maison d’Oxford, en Angleterre, le 18 octobre sans portefeuille ni téléphone. Il avait prétendu rendre visite à sa sœur, à Londres, durant «un jour ou deux». Plus de six semaines ont passé et l’homme de 51 ans, père de quatre enfants, n’a donné aucune nouvelle. Seule certitude, il a pris un train Eurostar en direction de Paris, a poursuivi son voyage vers Marseille et a effectué un retrait bancaire à Grasse, dans les Alpes-Maritimes, le 31 octobre. Depuis, plus rien.

Ceux qui tentent de comprendre la mystérieuse disparition de Bernard Ross portent désormais leur regard sur la région lémanique. Car l’homme de 51 ans recevait sa lettre de licenciement de l’UEFA, à Nyon, il y a exactement un an. Les semaines suivantes, il était diagnostiqué bipolaire. «Ses médecins sont convaincus que sa disparition est liée à son employeur», raconte son épouse. Au bout du fil, la voix est fatiguée, signe des jours et des nuits sans réponse. Désormais, Jacinta Evans, la femme de celui que tout le monde appelait «Bernie», agite les réseaux sociaux et parle aux médias de son pays avec l’espoir de voir réapparaître son mari. Selon son décompte, il devrait avoir terminé sa réserve de médicaments. Puis, elle attaque frontalement son ancien employeur: «L’UEFA a constaté sa maladie et l’a poussé dehors en utilisant d’autres prétextes.»

Manies et dépression

L’histoire professionnelle de Bernard Ross est celle d’un employé en poste durant onze ans, parvenu à se hisser dans la hiérarchie de la puissante faîtière du football européen. Au faîte de sa carrière, l’homme dirige le centre international de diffusion des matches de l’Euro 2016, à Paris. «La charge de travail était telle qu’il s’est transformé en superhumain, extrêmement énergique, créatif, perfectionniste», raconte son épouse. C’est après la compétition que les premiers troubles seraient apparus. «Il s’est effondré. Il ne dormait plus, ne mangeait plus. Son humeur changeait brutalement.»

Sur le plan professionnel, l’employé de l’UEFA avait reçu une promotion précisément durant la compétition en France. À partir de septembre 2016, il devait occuper un poste de directeur de la production télévisée, à Nyon. À peine le cadre est-il entré en fonction que les parties mettent fin à leur collaboration. Pourquoi? Contactée, l’UEFA répond uniquement par écrit, se limitant à rappeler la signature d’«un accord de confidentialité» et estimant qu’elle ne peut pas se prononcer sur «une question qui est essentiellement d’ordre privé». Les reproches de la femme de l’ex-collaborateur sont réfutés. «Bernard Ross était un membre estimé et respecté du personnel. Nous compatissons avec sa femme en ces circonstances difficiles, écrit l’organisation. Néanmoins, toute suggestion de mauvais traitement est entièrement infondée. Nous espérons sincèrement le retour prochain de Bernie, sain et sauf, auprès de ses proches.»

Quoi qu’il en soit, les jours qui suivent la perte de son emploi sont difficiles. En janvier, des tests révèlent les troubles bipolaires – caractérisés par des successions de violentes phases maniaques et dépressives – de Bernie Ross. Lui qui n’avait jamais souffert de maladies psychiques fera des allers-retours à l’hôpital psychiatrique dans sa ville d’Oxford durant les six mois qui suivent. Puis, le 18 octobre, il quitte le domicile familial sans donner de nouvelles. Quarante-quatre jours plus tard, sa femme en est certaine: «Si l’UEFA l’avait aidé, il aurait pu être soigné dans une clinique en Suisse, où il disposait d’une bonne assurance. Je suis sûre qu’il irait bien aujourd’hui.»

Disparition signalée

Le désarroi de cette mère de famille porte également sur l’état des recherches. Son seul interlocuteur: la police d’Oxford qui, depuis l’information du retrait bancaire, n’a pas été en mesure de lui transmettre de nouveaux éléments. «Tout est lent, c’est très frustrant», dit-elle.

Néanmoins, toutes les polices de la zone Schengen ont reçu le signalement de la disparition de Bernard Ross par le biais d’Interpol. Une information confirmée par la police vaudoise. «Cette personne est signalée disparue au niveau Schengen. Si elle devait être contrôlée en Suisse, nous nous enquerrions de sa santé avant de voir si elle souhaite être retrouvée, comme le stipule la procédure pour la disparition de personnes adultes», rappelle Florence Maillard, porte-parole. Le cas échéant, le signalement aurait été révoqué. Or, ce n’est pas le cas.

Pour l’heure, aucune recherche particulière n’a été entreprise à proximité de l’ancien lieu de travail du disparu. L’UEFA affirme de son côté avoir pris contact avec les polices du Royaume-Uni et de Suisse pour aider les recherches. (24 heures)

Créé: 02.12.2017, 10h09

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