La rénovation de la Maison de Ville de Coppet tourne au bouillon

La CôteLes travaux devaient coûter 2,2 millions de francs. Au final, la facture atteint 3,5 millions. Chronique d’un fiasco financier.

La qualité des travaux de rénovation de la Maison de Ville est louée. Par contre, leur prix est vivement critiqué.

La qualité des travaux de rénovation de la Maison de Ville est louée. Par contre, leur prix est vivement critiqué. Image: Vanessa Cardoso

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Trop c’est trop. Le Conseil communal de Coppet, remonté, a refusé net la facture présentée par la Municipalité pour les travaux de transformation et de rénovation de la Maison de Ville. Il faut avouer que depuis le premier crédit de construction accepté en 2010, le chantier a pris des allures de dés­astre. La note est passée de 2,2 millions de francs à 2,9 millions en 2013 après que le Tribunal a donné raison à un opposant et a imposé des travaux supplémentaires. Elle atteint désormais 3,5 millions avec le crédit complémentaire de 719'000 francs demandé lundi soir à l’assemblée. Ce qui représente une hausse de 68% par rapport à 2010.

Les conseillers communaux n’ont pas caché leur mauvaise humeur. «Un manque de diligence notable de la part de la Municipalité.» «La manière dont a été gérée l’affaire ne peut être tolérée.» La commission de gestion et son président, Éric Charlot-Valdieu, ont été les porte-parole de l’assemblée. L’Exécutif a fait amende honorable. «Ce n’est pas de gaieté de cœur qu’on vient devant vous. On arrive la tête basse et on aimerait vous dire: «Plus jamais», a expliqué d’emblée le syndic, Gérard Produit, qui a eu le courage d’aller au front pour l’ensemble des acteurs du dossier.

Un mauvais départ
Tout débute en 2010 avec un projet de transformation maous qui se monte à 3,5 millions de francs. «J’avais affirmé au syndic d’alors que le montant était trop élevé pour être accepté par le Conseil communal», se souvient Gérard Produit, alors municipal des Finances. Pour le rendre défendable, deux séries de coupes successives sont effectuées: le budget de construction est réduit à 2,2 millions. Une économie qui n’en sera pas une. «C’était biaisé depuis le départ, estime Éric Charlot-Valdieu. Et c’est à la Municipalité d’aujourd’hui d’assumer.»

Il ressort qu’une partie des travaux exclus en 2010 ont dû être entrepris parce qu’ils se sont avérés au final essentiels ou ont été dictés pour des raisons de cohérence. «Il m’est arrivé de me retrouver avec trois murs peints sur quatre, raconte Jean-Claude Trotti, le municipal en charge des Bâtiments communaux. Le quatrième n’était pas compris. Il nous a semblé logique de payer pour le peindre aussi.»

Des dégâts d’eau et des mauvaises surprises dans un bâtiment historique ont fini de saler la facture. Une cheminée a par exemple été découverte derrière un mur, alors que les sondages effectués avant le début du chantier n’avaient rien signalé. L’architecte qui a suivi les travaux a été pointé du doigt par la Municipalité et par le Conseil. La première a même demandé un avis de droit pour savoir si elle pouvait espérer des dédommagements pour la mauvaise estimation des coûts et pour les dépassements. Les juristes ont répondu par la négative, en justifiant que la qualité du chantier n’était pas remise en cause. C’est même tout le contraire: le bâtiment est loué par les collaborateurs de la Commune qui y travaillent, par le public et par les élus eux-mêmes.

«Nous aurions alors dû arrêter les travaux pendant trois mois, le temps de préparer un préavis, le faire voter puis attendre le délai référendaire. Cela aurait eu un coût supplémentaire, car un chantier à l’arrêt a aussi un prix»

Reste que la méthode municipale a mal passé auprès du Conseil communal, qui aurait préféré plus de transparence. L’Exécutif aurait-il dû demander des rallonges en cours de chantier lorsque des travaux supplémentaires sont apparus nécessaires? Le syndic n’y croit pas. «Nous aurions alors dû arrêter les travaux pendant trois mois, le temps de préparer un préavis, le faire voter puis attendre le délai référendaire, souligne Gérard Produit. Cela aurait eu un coût supplémentaire, car un chantier à l’arrêt a aussi un prix.» À noter qu’en informant la Commission de gestion des dépassements tout au long des travaux, la Municipalité a respecté la loi cantonale en la matière.

Le coup de gueule du Conseil communal a beau être fort, il n’aura qu’une portée symbolique. «La décision de l’organe délibérant n’aura pas beaucoup d’effets, puisque l’argent a déjà été dépensé, remarque Corinne Martin, cheffe du Service cantonal des communes et du logement. La sanction pour la Municipalité n’a pas d’effets juridiques. Elle est de nature politique, dans la mesure où la Municipalité a été désavouée par le Conseil communal dans sa gestion sur ce dossier.» La punition restera toutefois gravée dans la mémoire de l’Exécutif. «Ce n’est pas agréable de se faire brosser par le Conseil communal», assure Gérard Produit. (24 heures)

Créé: 30.01.2018, 20h17

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