La reprise de la Dôle par les Français est un sacré défi

SkiPremière saison difficile pour la société française qui exploite le domaine de la Dôle. Mais la Sogestar reste confiante.

Saison éprouvante pour Michèle Ulrich, directrice de la Sogestar. Mais elle croit au potentiel du massif franco-suisse.

Saison éprouvante pour Michèle Ulrich, directrice de la Sogestar. Mais elle croit au potentiel du massif franco-suisse. Image: Vanessa Cardoso

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Le manque de neige, une météo exécrable et de nombreux obstacles administratifs ont fait de la première année d’exploitation du domaine skiable de La Dôle par la Sogestar (Société de gestion de la station des Rousses) un vrai parcours du combattant. Mais pour les Français, qui louent désormais les remontées mécaniques de la société nyonnaise Télé-Dôle, l’exploitation d’un seul domaine franco-suisse sera à terme une opération gagnant-gagnant.

Pour commencer, il a fallu attendre le 27 janvier pour ouvrir les pistes. «A La Dôle, nous avons fonctionné sur 70 jours, ce qui n’est pas mal vu les conditions», note Michèle Ulrich, directrice de Sogestar. Grâce aux travaux d’aplanissement des pistes, financés et réalisés l’été dernier par le Conseil régional du district de Nyon, il a été en effet possible de prolonger leur exploitation. L’investissement s’est donc révélé judicieux puisqu’il a permis de tenir, malgré le redoux, jusqu’à dimanche dernier, alors que les massifs français, qui eux peuvent bénéficier de l’apport de canons à neige, ferment ce 2 avril.

Tracas et paperasses

«En moyenne, on fait 103 jours d’ouverture. Cet hiver, vu le manque de neige en décembre et janvier, notre chiffre d’affaires a chuté de 5% sur les domaines français et de 18% sur le domaine de La Dôle par rapport à l’an dernier, ce que j’ai encore de la peine à expliquer», relève Michèle Ulrich. Les Suisses auraient-ils tendance à bouder un domaine repris par les Français? Difficile à dire, même si des employés au télésiège de la Dôle ont effectivement encaissé quelques remarques désobligeantes à cet égard.

«Avec La Dôle, Les Rousses gagnent en notoriété, alors que la Suisse gagne nos clients captifs»
En signant la convention d’exploitation, en septembre dernier, la Sogestar savait qu’elle allait perdre de l’argent au moins sur deux ans. «On payera le loyer, quel que soit le résultat. Car en reprenant La Dôle, les Rousses gagnent en notoriété, alors que la Suisse gagne nos clients captifs», rappelle la directrice, éprouvée par les complications administratives liées à la gestion d’un domaine skiable sur deux pays aux institutions fort différentes. Outre le fait qu’il a fallu mettre le personnel, engagé à date fixe, au chômage technique en attendant la neige, le Service de l’emploi vaudois n’a pas encore validé le système de rémunération de la Sogestar.

Epine dans le pied

Pour placer ses 130 saisonniers sur pied d’égalité, elle a choisi d’affecter chaque employé à 18% sur le domaine suisse, le reste sur France, aux conditions de travail de chaque pays. Cela signifie une rémunération de 17 francs l’heure côté suisse et de 10,5 euros côté français. En moyenne, cela représentait pour le salarié une augmentation de 43%. «Mais pour les anciens employés de Télé-Dôle, c’était une perte. Une quinzaine d’entre eux a renoncé à travailler pour nous, ce qui nous a obligés à recourir à des intérimaires», note Michèle Ulrich. Autre épine dans le pied, la paperasse qu’implique le dédouanement du matériel utilisé ou stocké de part et d’autre de la frontière, problème qui n’est toujours pas réglé.

Cette saison, la Sogestar a repris La Dôle en l’état. «Avec les aménagements prévus pour décembre 2018, soit un nouveau télésiège de liaison vers La Dôle, côté français, et la création côté suisse d’une zone d’accueil et d’un parking, on aura vraiment de quoi rationaliser la gestion de ce domaine unique», se réjouit Jean-Sébastien Lacroix, président de la Sogestar. Reste aux propriétaires, soit Télé-Dôle d’avoir les moyens de suivre, à commencer par le financement par la Région de ces équipements. «Ce sont des pros, qui ont déjà des tas d’idées pour valoriser le site», se félicite son président Thierry Genoud, qui compte aussi sur la dynamique qu’apporteront les JOJ de 2020 du côté des Rousses (biathlon) pour dégager synergies et subventions. (24 heures)

Créé: 30.03.2017, 21h10

Stocker l’eau des toits pour les canons à neige

Morne bilan à Saint-Cergue, où les deux pistes du village, qui sont encore exploitées par Télé-Dôle, ont vu leur fréquentation baisser par rapport aux années précédentes. Les installations n’ont été ouvertes que 40 jours cet hiver, contre 49 en moyenne. «Nous avons essayé de contenir les charges en fermant les jours où il n’y avait aucun client», explique Patrick Freudiger, directeur de Télé-Dôle. «Si on avait pu produire de la neige artificielle pendant le froid de janvier, on aurait pu tourner car quand il fait beau, c’est noir de monde», note le directeur, qui a lancé une étude sur une manière originale d’alimenter des canons à neige, sans pomper dans le réseau de la Commune. Cette dernière pourrait récupérer l’eau des toits et la stocker dans les sous-sols de la future école du Vallon, qui sera construite près des pistes…

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