La restructuration d’Agroscope menace le site de Changins

NyonLe Conseil fédéral veut couper dans le budget alloué aux centres de recherche. Il prévoit de créer un seul grand site à Posieux.

La Confédération veut diminuer le budget de l’Agro­scope de 20%. Le personnel de Changins, ainsi que 
les milieux économiques et politiques, sont sous le choc.

La Confédération veut diminuer le budget de l’Agro­scope de 20%. Le personnel de Changins, ainsi que les milieux économiques et politiques, sont sous le choc. Image: VANESSA CARDOSO

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Après les restructurations de 2014 et de 2016, on pensait que la recherche agronomique suisse allait pouvoir s’effectuer dans un climat plus stable. La nouvelle mesure d’austérité annoncée vendredi par le Conseil fédéral a donc surpris tout le monde. La Confédération veut diminuer le budget d’Agro­scope de 20%. Pour y parvenir, l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG) envisage de concentrer les activités des différents sites de recherche du pays à Posieux, dans le canton de Fribourg. Le personnel de Changins, ainsi que les milieux économiques et politiques, sont sous le choc.

Porte-parole de l’OFAG, Florie Marion cherche à relativiser l’importance de cette annonce. «Il s’agit d’une stratégie qui s’étendra sur dix ans. L’idée est de faire des économies sur les infrastructures plutôt que sur le personnel. Construire un nouveau centre revient moins cher que de rénover chaque site en Suisse. Et des installations satellites seront conservées. À ce jour, cependant, nous ne pouvons pas préciser quels seront les effets de ces mesures sur tel ou tel site. Nous en saurons davantage à la fin du 2e trimestre.»

Collaborateurs abasourdis

À la station de recherche de Changins, près de Nyon, les collaborateurs sont abasourdis. Ils s’attendaient à de nouvelles mesures de rationalisation, mais pas de cette ampleur, ni aussi vite. Sous couvert d’anonymat, des chercheurs se disent très préoccupés. Pas seulement pour leur emploi, ou leur délocalisation, mais pour la recherche en elle-même. Ils craignent que cette centralisation les éloigne du terrain et de leurs partenaires directs, les producteurs. «Nous nous rendons plusieurs fois par jour sur nos cultures expérimentales, et on ne va pas planter de la vigne ou des abricotiers à Posieux», remarque l’un d’eux.

L’Association vaudoise de promotion des métiers de la terre, Prométerre, enjoint la Confédération à renoncer à son projet. «Tout déplacer à Posieux, ça nous interpelle, déclare son président, Claude Baehler. C’est par une meilleure connaissance des spécificités régionales que l’on peut affiner nos modes de cultures et diminuer les produits phytosanitaires. Plus que jamais, nous avons besoin de la recherche fondamentale et on ne veut pas que ce soit Monsanto qui la fasse. On a besoin d’Agroscope.»

Réactions politiques

Les milieux politiques ont également réagi à cette annonce. Le Conseil régional du district de Nyon et la Ville de Nyon ont envoyé un courrier au conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann pour lui faire part de leur inquiétude et de leur attachement au site de Changins. Le syndic de Nyon, Daniel Rossellat, a demandé au conseiller d’État vaudois Philippe Leuba de défendre le site.

«Comment se fait-il qu’on ait injecté 75 millions pour moderniser le site si c’est pour ne pas l’utiliser? s’interroge le syndic. Il s’agit d’un outil de travail magnifique, avec un immense domaine agricole. On ne peut pas laisser la recherche dans les mains du secteur privé. C’est une responsabilité de la Confédération. Et nous sommes inquiets pour les emplois. Changins est un acteur économique important, qui contribue à la notoriété de la région. On ne peut pas le laisser tomber.»

Propos rassurants

Située sur le même site que la station de recherche, la Haute École de viticulture et œnologie de Changins est-elle aussi menacée? Son directeur, Conrad Briguet, rassure. «L’école n’est pas touchée par ces coupes car elle ne dépend pas du financement de la Confédération. Cela dit, nous avons un rapport de relations très étroit avec la station, et même une unité mixte de recherche, qui pourrait être affaiblie.» (24 heures)

Créé: 16.03.2018, 08h26

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Agroscope Suisse et Vaud

Agroscope? C’est le centre de compétence de la Confédération pour la recherche en agriculture, alimentation et environnement. Il dépend de l’Office fédéral de l’agriculture. À ce jour, Agroscope emploie 1021 personnes réparties dans tout le pays, sur 7 sites principaux (Avenches, Changins, Liebefeld, Posieux, Reckenholz, Tänikon, Wädenswil), 3 sites spécialisés (Cadenazzo, Conthey, Pully) et 15 exploitations. Changins compte 132 employés, plus de 100 hectares de cultures expérimentales et plusieurs corps de bâtiments. Changins, c’est aussi le nom de la Haute École de viticulture et œnologie. Elle se trouve sur le même site mais ne dépend pas de l’OFAG. Le canton de Vaud comprend aussi la station de Pully (recherche en viticulture, 6 employés) et le site d’Avenches (Haras national suisse, 45 employés).

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