Le châtelain-vigneron devient consul de Slovaquie

EclépensFrançois De Coulon a été nommé mercredi par le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, qui a fait le déplacement de Bratislava jusqu’au petit village vaudois.

Le vigneron du Château d'Eclépens François de Coulon va pouvoir poser la plaque du Consulat sur sa devanture prestigieuse.

Le vigneron du Château d'Eclépens François de Coulon va pouvoir poser la plaque du Consulat sur sa devanture prestigieuse. Image: Jean-François Reymond

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Propriétaire vigneron à Eclépens, François de Coulon n’est en rien issu du monde diplomatique. Pourtant, depuis mercredi, le voici propulsé au rang de consul et titulaire du nouveau Consulat honoraire de la République slovaque, qui a élu domicile dans le cadre prestigieux de son château.

C’est un fait absolument unique qu’une telle institution diplomatique puisse voir le jour dans un village d’à peine 1000 habitants. Le Département fédéral des affaires étrangères a d’ailleurs mis un moment avant de donner son accord, mais l’insistance des services diplomatiques slovaques a finalement rendu la chose possible.

«Il s’agit d’une belle et longue histoire d’amitié et de contacts liés dans une période difficile de fin de guerre froide»

Mercredi, lors d’une petite cérémonie en présence de l’ambassadrice slovaque en Suisse, Elschekova Matisova, et du secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Ivan Korcok en personne, le châtelain a reçu une plaque attestant de sa nouvelle fonction. Mais comment François de Coulon a-t-il pu accéder à un tel poste? «Il s’agit d’une belle et longue histoire d’amitié et de contacts liés dans une période difficile de fin de guerre froide», explique celui qui a travaillé, dans les années 1990, à l’élaboration de conférences et de séminaires dans le cadre de l’OTAN. «A l’époque, tout le monde redoutait un coup d’Etat et j’avais été mandaté pour expliquer le fonctionnement de la démocratie à des militaires, des futurs diplomates ou des membres du parlement. Nous avions le même âge et j’ai gardé le contact avec ces gens qui sont nombreux à occuper aujourd’hui un poste à responsabilité en République slovaque.»

Vingt ans après ce séjour, François de Coulon a manifestement laissé d’excellents souvenirs puisqu’il a été sollicité par l’ambassadrice de Slovaquie pour occuper un rôle aux contours très généraux, un peu honorifiques aussi. «Il faut le voir comme un engagement d’ordre philanthropique. Je rends à ce pays ce qu’il m’a apporté à la fin de mes études. J’ai pu y vivre de belles expériences.»

Un rôle de couteau suisse

Ses missions, justement, relèvent de l’assistance aux citoyens slovaques de passage en Suisse, de la représentation et l’organisation de voyages pour des délégations économiques et culturelles. «Cela peut aller de l’aide à un touriste qui perd ses documents d’identité à l’authentification d’une signature d’un ressortissant slovaque établi chez nous qui devrait par exemple ratifier un contrat. La majeure partie des activités est assurée par l’ambassade, qui nomme des consuls là où elle se sent peu représentée, dans mon cas la Suisse francophone.»

Et François de Coulon devrait survivre à un éventuel changement de gouvernement, les aléas du pouvoir n’ayant pas d’influence sur ce personnel par ailleurs non rémunéré. «Le consul représente le pays mais pas le gouvernement. Il ne fait pas de politique et ne s’exprime jamais à ce sujet», précise l’heureux «diplomate». (24 heures)

Créé: 15.06.2017, 17h28

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