Monsanto fera ses valises de Morges en fin d’année

EconomieLes inventeurs du glyphosate n’auront plus leurs quartiers dans la Coquette. Certains s’en réjouissent, d’autres moins.

Le bâtiment occupé par Monsanto se situe tout près de la gare.

Le bâtiment occupé par Monsanto se situe tout près de la gare. Image: Patrick Martin

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Il est plutôt rare de se réjouir du départ vers d’autres horizons d’une entreprise et des emplois qui vont avec. À Morges, cependant, le départ annoncé de Monsanto – révélé par le quotidien «La Côte» – devrait en ravir plus d’un. On en veut pour preuve notamment les nombreuses manifestations à l’encontre des activités de la société ou encore les interventions au Conseil communal regrettant la présence sur le territoire de la Coquette des inventeurs du glyphosate.

Monsanto – renommé Bayer depuis le rachat du géant américain par la firme allemande – fera ses valises en fin d’année. «Nous réalisons une consolidation de notre division Agriculture, explique le responsable de la communication de Bayer, Patrick Kaiser. Nous sommes donc en train de rapatrier à Bâle les employés du site morgien, mais également d’autres de nos collaborateurs à travers l’Europe.»

Dans les locaux situés près de la gare de la Coquette, quelque 70 personnes travaillent encore actuellement. Et s’il n’est pour le moment pas question de licenciements, la Commune s’inquiète tout de même du sort réservé aux collaborateurs. «On ose espérer que cela ne créera pas de pertes d’emploi», déclare le syndic, Vincent Jaques, tout en reconnaissant n’avoir jamais été réjoui qu’on puisse associer Morges et Monsanto. Du côté des Verts du district, on se montre en revanche un peu moins compatissant. «Monsanto est une entreprise qui est détestable à plein de niveaux avec ses mensonges et le glyphosate, commente le président de la section, Xavier Durussel. Son déménagement est donc plutôt une bonne nouvelle, même si elle reste en Suisse.

Concernant les emplois, il ne faut pas en donner à tout prix. Il y a quand même certaines règles éthiques à respecter et on ne peut pas regretter d’éventuelles pertes dans ce cas précis. Tant que ces entreprises existeront, nous continuerons à manifester pour qu’elles mettent un terme à leurs activités dans le domaine incriminé.»

«Un coup dur»

Conseiller d’État en charge de l’Économie, Philippe Leuba a quant à lui d’abord une pensée pour les personnes concernées. «70 emplois, ce n’est vraiment pas anodin pour notre canton, et ceux qui sourient du départ de Monsanto feraient mieux d’y penser avant de se réjouir. Ce n’est cependant pas une surprise, car la nouvelle était dans l’air depuis l’an dernier, et l’on évoque un groupe qui connaît des difficultés depuis quelques années. Le Service de l’emploi va suivre ça de très près et nous allons nous battre avec nos services de promotion économique pour que le bâtiment soit à nouveau rapidement occupé. Mais qu’on ne s’y trompe pas, c’est un coup dur, quand on sait les efforts qui sont nécessaires pour attirer des emplois, comme nous l’avons réussi avec le groupe Incyte, qui va s’installer dans l’immeuble voisin.»

Les autorités morgiennes espèrent également qu’un repreneur sera vite trouvé. «C’est un objet possédant de beaux volumes, observe Vincent Jaques. Les locaux sont passablement vides depuis quelque temps, on aimerait dès lors qu’ils soient beaucoup mieux exploités qu’actuellement. Afin notamment d’offrir des opportunités économiques et fiscales.» (24 heures)

Créé: 24.05.2019, 21h19

Un quartier en chantier permanent

Si autorités et responsable de la promotion économique ne semblent pas se faire trop de soucis pour la réaffectation de l’immeuble idéalement placé, l’offre sera cependant conséquente l’an prochain dans un périmètre restreint. Le quartier du Sablon, qui s’étale de la gare à l’ancienne usine Pasta Gala, est en effet un «chantier ouvert» depuis plusieurs mois, avec l’immense projet des CFF (logements, bureaux, surfaces commerciales, école, etc.) d’un côté, la construction du siège social du géant pharmaceutique Incyte de l’autre. Le départ de Logitech, premier locataire des lieux, avait été rapidement oublié suite à l’arrivée de Monsanto en 2013, certes, mais dans un contexte où la ville ne disposait pas d’une offre pléthorique pour l’accueil des entreprises. Un indice peut cependant rassurer les autorités, celui du succès rencontré par CFF Immobilier, qui assure «avoir loué quasi sans problème les 4000 m2 de bureaux actuellement en construction le long des rails».

Cédric Jotterand.

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