Tolochenaz dit non à son mégaquartier de 2500 habitants

La CôteLa population de la commune a refusé, à 39 voix près, le projet «Sud Village». Une victoire pour les opposants et un camouflet pour la Municipalité et les propriétaires.

Les opposants Jean-François Huguelet et Pierre Friderici ont su convaincre la population de la démesure du projet

Les opposants Jean-François Huguelet et Pierre Friderici ont su convaincre la population de la démesure du projet "Sud Village" prévu à Tolochenaz. Image: JDM

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Il a fallu attendre jusqu’à 17 h dimanche pour obtenir les résultats des votations fédérales à Tolochenaz. Et pour cause: le taux de participation était particulièrement élevé (65,77%). L’engagement civique remarquable s’explique par la votation communale sur Sud Village, qui a poussé les Tolochinois à se mobiliser. Ceux-ci ont refusé l’objet, à 436 votes contre 397.

Le projet de quartier prévoyait l’implantation de logements et de services dans la zone industrielle du Molliau, actuellement en fin de vie. Avec 2500 habitants potentiels, les constructions auraient plus que doublé la population du village de 1900 âmes. Une densification que la courte majorité a jugée démesurée.

L’épisode met fin à un feuilleton qui se joue depuis plusieurs années, et qui avait vu en janvier 2019 le Conseil communal refuser de trancher sur le plan de quartier, estimant qu’il était du ressort de la population de donner son choix. Depuis, le «débat» public a fait rage dans une atmosphère pesante.

L’intense campagne de promotion du projet – ou de chantage, selon les opposants – menée par les propriétaires immobiliers n’a ainsi pas suffi à convaincre les Tolochinois. La promesse d’un quartier de logements verdoyant en cas d’acceptation, ou d’une terrible zone industrielle peuplée de dépôts rouges et infestée de camions en cas de refus, avait pourtant été déployée dans les discours des partisans, dans des encarts publicitaires, sur une banderole de plusieurs mètres sur un bâtiment de la zone industrielle.

Dans un tel contexte, les opposants au projet sont heureux, mais sans fanfaronner. «On a décidé d’avoir la victoire modeste, car le travail est désormais devant nous, déclare Pierre Friderici. Il faut renégocier cette zone industrielle, et que la Municipalité ait la volonté de défendre la population par rapport à ce qu’on nous promet, et d’en faire quelque chose de raisonnable. Une zone industrielle est une bénédiction pour un village, pour autant qu’on la transforme en un espace moderne, réactif et bien habité.»

De peur de commettre un faux pas et d’être sanctionnée d’un recours, comme cela a pu être le cas dans le passé, la Municipalité refuse de s’exprimer. «On n’a rien à dire par rapport à cette votation, on prend acte», lâche le syndic, Salvatore Guarna. Il n’empêche, ce refus serré est un véritable camouflet pour l’Exécutif, qui se voit désavoué pour la deuxième fois en un an et demi par sa propre population sur des projets majeurs.

Créé: 09.02.2020, 20h54

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