Un vitrail Art nouveau illuminera le Musée du Léman

PatrimoineAprès des années d’attente, cette vue du lac de grande valeur rejoindra les collections du musée nyonnais.

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Les fameux vitraux de la maison Richard, à Morges, ont enfin trouvé preneur. Cet ensemble Art nouveau représentant une vue du lac, réalisé en 1908 par le maître verrier lausannois Pierre Chiara, ornait jusqu’à ce lundi les deux vérandas de cet immeuble ancien, voué à la démolition dans le cadre des projets de reconstruction du secteur Gare-Sud. Les 28 panneaux de la plus grande véranda seront démontés pièce par pièce pour être restaurés avant de rejoindre les collections du Musée du Léman. Les deux héritières de cette œuvre, classée d’importance régionale à l’inventaire du patrimoine immobilier, ont en effet choisi d’en faire don à la Ville de Nyon. «Nous ne voulions pas que ces vitraux finissent dans la cave d’un musée. Ils devaient rester dans la région et être visibles par le public», explique Catherine Spadini-Richard, qui a cherché pendant deux ans la meilleure formule pour sauver ces trésors.

Une longue recherche

C’est son grand-père Jean Richard qui avait acheté dans les années 30 cette maison construite au début du XXe siècle pour y établir son entreprise de ferblanterie. En 1960, les vitraux avaient été déposés et stockés, afin de les protéger. «Mon père, Jean-Jacques, qui avait repris l’entreprise, les a fait restaurer entre 1994 et 1999 par Roland Béguin, verrier à Sainte-Croix», raconte Catherine Spadini-Richard, qui a elle-même vécu 27 ans à cet étage, profitant d’innombrables soirées dans ces vérandas colorées, que les lumières de la rue suffisaient à éclairer.

Mais en 2006, les projets de l’îlot sud de la gare étant en discussion, son père vend l’immeuble, tout en restant propriétaire des vérandas en vitrail. Son idée est de donner la plus petite à ses deux filles et de vendre la plus grande. En 2008, appelée à faire un rapport sur ces vitraux, Fabienne Hofmann, cheffe de l’Office de la protection des biens culturels, l’encourage à conserver ce patrimoine et à approcher le Musée Forel de Morges et le Musée suisse du vitrail de Romont. Mais aucune de ces institutions, pas plus que le Musée historique de Lausanne, n’a les moyens d’acheter ou d’exposer ces panneaux, qui représentent une surface de 20 m2.

«On a découvert l’annonce en ligne et le thème de ces vitraux nous a interpellés»

Il y a deux ans, en désespoir de cause, Catherine Spadini-Richard met une annonce sur le site de vente en ligne anibis.ch. «Je voulais voir si des privés, un restaurant qui voudrait en faire un décor par exemple, seraient intéressés par ces vitraux», explique-t-elle. Le prix qu’elle avait indiqué était basé sur une fabrication à neuf d’un vitrail d’une telle dimension, soit près de 120 000 francs! Inutile de dire que la démarche n’a pas abouti. Jusqu’à ce qu’en janvier 2017, elle reçoive un téléphone du Musée du Léman de Nyon. «On a découvert l’annonce en ligne et le thème de ces vitraux nous a interpellés», explique sa conservatrice adjointe, Marianne Chevassus. Les carreaux, réalisés en très beaux verres cathédrale, verres cordelés et verres dits «américains» sont composés de motifs liés au lac, soit des barques à voiles latines, des canards, des mouettes en vol, des nénuphars, des joncs et des iris, ainsi qu’une futaie de marronniers.

Le musée nyonnais n’ayant pas non plus les moyens d’acheter les vitraux, les filles Richard ont finalement décidé de lui en faire don. Parce que l’institution vouée au Léman a non seulement montré un fort intérêt à conserver ce patrimoine, mais pourra encore lui réserver un écrin de choix dans le cadre de son projet d’extension. «Ce dernier impliquant la démolition des actuels aquariums, il faudra reconstituer un mur qui donnera sur la future cour du musée. L’idée est d’y insérer ces vitraux, de manière linéaire sur environ dix mètres. Protégés par un double vitrage, ils constitueront un décor fabuleux pour la future cafétéria qui s’installera dans ces locaux», explique la conservatrice adjointe. En attendant, la Ville de Nyon prendra en charge la restauration complète des vitraux, confiée au vitrailliste Roland Béguin. Ces derniers, qui constituent avec ceux du café La Viennoise à Bulle les deux plus grands ensembles réalisés par l’atelier Chiara, seront exposés au 2e étage du musée dès mars 2018. (24 heures)

Créé: 05.12.2017, 07h01

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