Les achats transfrontaliers sous la loupe

Grand GenèveUne large enquête montre que les Suisses dépensent trois fois plus en France que les Français en Suisse.

Image d'illustration. Vue aérienne de la France voisine et de Genève.

Image d'illustration. Vue aérienne de la France voisine et de Genève. Image: I. CAUDULLO

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Près de 6000 habitants du Grand Genève ont participé à la première enquête de consommation menée à l’échelle de ce territoire de 1 million d’habitants, caractérisé par sa frontière franco-suisse. Dans ses conclusions transmises aux médias lundi, le président du Conseil d’État genevois, Antonio Hodgers, a relevé que «l’évasion commerciale» d’un pays à l’autre restait «marginale». Dans le district de Nyon, ce sont assez logiquement les habitants de Terre Sainte qui dépensent le plus d’argent en France (plus de 12% de leur part de dépenses sur des produits de consommation courante).

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Budgets différents

L’enquête porte sur 30 produits de consommation courante (aliments, habits, cosmétiques, équipements de maison, bricolage, jardinage, biens culturels et de loisirs…). La ventilation du budget des ménages est différente entre la France et la Suisse: le budget annuel moyen d’un ménage français se monte à 47'000 francs contre 93'000 pour un ménage suisse. La part consacrée par le ménage français pour sa consommation courante est de 31% (15'000 fr.), alors qu’il est de 21% (20'000 fr.) pour les Suisses. Un ménage suisse consomme 16% de plus qu’un ménage français.

Les Suisses regardent les prix

Les dépenses annuelles des ménages du Grand Genève sont estimées à 7633 millions de francs, dont 51% sont allouées aux achats alimentaires. Un quart des résidents réalise des achats transfrontaliers régulièrement (au moins une fois par mois). Le prix est le premier critère d’achat des Suisses, devant l’offre du produit vendu uniquement en France, la proximité ou les horaires d’ouverture. Les Français, quant à eux, viennent en Suisse pour acheter un produit qui n’existe pas en France. La grande majorité des consommateurs français en Suisse sont des frontaliers.

Les poissons et les viandes

Les achats des résidents suisses dans le Genevois français s’élèvent à 426 millions de francs par an (près de trois fois plus que les Français en Suisse), dont 90% sur neuf communes immédiatement frontalières. Les produits les plus consommés sont ceux de l’alimentation pour lesquels le différentiel de prix est le plus marqué et l’offre la plus variée: poissons, crustacés, charcuterie et viande (68 millions de francs), vins et alcools (40 millions de francs), fromages et produits laitiers (40 millions de francs). Dans le non-alimentaire, les Suisses s’intéressent surtout aux équipements de sport (influence de certaines enseignes), aux journaux et aux revues.

Mobilier et décoration

Les résidents français consomment pour 150 millions de francs en Suisse, dont 90% sur cinq communes (Genève, Meyrin, Vernier, Lancy et Chavannes, dans le district de Nyon). Les lieux d’achat sont principalement liés aux liaisons entre le domicile et le travail. Les denrées alimentaires sont très rarement achetées par les Français en Suisse. Ils s’intéressent davantage au mobilier et à la décoration, dont la moitié chez Ikea (17 millions sur les 33 dépensés en Suisse).

Vente en ligne et mobilité

Pour tout le Grand Genève, la vente en ligne représente 216 millions de francs sur les produits non alimentaires. Elle est plus importante chez les Français (9%) que chez les Suisses (6%, y compris les paquets récupérés en France). L’enquête a été réalisée avant l’arrivée d’Amazon en Suisse. Côté mobilité, la voiture reste très nettement le transport le plus utilisé, aussi bien du côté français que suisse.

Selon Antonio Hodgers, plus que la balance économique franco-suisse, ce sont les effets des modes de consommation sur la mobilité qui représentent un problème important. «On se déplace en voiture pour aller remplir son coffre au lieu de consommer des produits à proximité de chez soi», constate le président du Conseil d’État. L’enquête servira de base pour mieux coordonner la localisation des commerces (et lesquels) sur le territoire, tout en sachant que la marge de manœuvre des pouvoirs publics reste limitée dans ce secteur privé très puissant.

Créé: 15.04.2019, 21h34

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