Un an après l'incendie, le cauchemar continue

SinistreFabienne Lavanchy a vu l'immeuble où elle vivait partir en flammes en février 2018 à Échandens. Elle est encore sous le choc et en veut à l'ECA.

Les pompiers avaient combattu le feu durant des heures.

Les pompiers avaient combattu le feu durant des heures.

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Cette nuit du 20 au 21 février, Fabienne Lavanchy s’en souvient comme si c’était hier. Un peu après minuit, alors qu’elle regarde tranquillement un film, elle entend une alarme. Elle pense tout d’abord que le bruit provient de la télévision, mais comprend assez rapidement que ce sont en fait les détecteurs de fumée. Ni une ni deux, elle se précipite dans le couloir et comprend que le problème vient de l’appartement du propriétaire du bâtiment, juste au-dessus de chez elle.

Elle tambourine à sa porte, mais personne n’ouvre. Comme elle a un double de la clé, elle décide finalement d'entrer. Elle aperçoit une fumée noire et épaisse ainsi que des flammes. Elle crie. Son locataire sort de sa chambre, déboussolé. Elle l’embarque sous son bras et ils évacuent les lieux à la vitesse grand V. Commence alors un triste spectacle pour Fabienne Lavanchy. L’immeuble d’Échandens où elle vit brûle. Les sirènes résonnent. Elle n’a même pas de chaussettes aux pieds et regarde les soldats du feu essayer de sauver son logis.

Un peu moins d’une année plus tard, le cauchemar continue. «Depuis cette nuit, ce sont des larmes, des larmes et des larmes», témoigne-t-elle. Dans son canapé, elle fait défiler les photos qu’elle a prises du sinistre en tentant de contenir ses émotions. «Les pompiers ont fait un sacré travail, se souvient-elle. Ils ont réussi à éteindre l’incendie, qui ne s’est pas répandu au-delà du dernier étage. Mon appartement n’a pas été atteint par les flammes. Néanmoins, quasi tout ce que je possédais était bon pour la poubelle. Il faut bien se rendre compte qu’ils ont balancé des milliers de mètres cubes d’eau. Tout était donc détrempé.»

Valeur sentimentale

Si certaines personnes ne manquent pas de lui rappeler que «ce n’est que du matériel», il existe des choses qui ne se remplacent pas. «Ma maman est décédée quand j’avais 18 ans, confie Fabienne Lavanchy. Des souvenirs que j’avais d’elle m’ont été enlevés ce jour-là. La télévision, le lit, l’armoire, tout cela évidemment se rachète. Mais chacun a chez soi des objets à valeur sentimentale dont il n’existe pas de double.»

«Tout ce que je demande aujourd’hui, c’est que cela s’arrête. J’aimerais simplement retrouver une vie normale et pouvoir enfin tourner la page»

Pour ne rien arranger, la native d’Échandens indique n’avoir toujours pas été complètement indemnisée par l’Établissement d’assurance contre l’incendie et les éléments naturels du canton de Vaud (ECA). «Je suis assurée à hauteur de 117'000 francs, explique Fabienne Lavanchy. Mais il ne faut pas croire qu’on vous donne immédiatement cette somme et que vous pouvez tout racheter à neuf. On doit évidemment prouver l’existence de ce qu’on avait déclaré posséder, ce qui n’est pas systématiquement une tâche facile. Surtout lorsque des tickets ou autres garanties ont pris l’eau. On peut ensuite racheter les objets, puis se les faire rembourser. Pour cela, il est nécessaire d’avoir quelque chose sur son compte ou des proches qui vous aident.»

Une si longue attente

Pour le moment, Fabienne Lavanchy a reçu environ 10'000 francs. «Avec cet argent, j’ai notamment payé une facture de 2500 francs d’hôtel. J’ai également acquis de quoi meubler le nouvel appartement que mon compagnon et moi-même avons trouvé dans le village deux mois après le drame. C’est un deux-pièces. Comme il est plus petit que le précédent, je ne vais pas racheter tout ce que je possédais. Je suis donc bien consciente que l’on ne me versera pas 117'000 francs. Ce n’est d’ailleurs pas ce que je demande. J’aimerais simplement avoir de quoi voir venir. Je dois, par exemple, me procurer des habits pour l’hiver, mais je n’ai pas assez d’argent. J’estime qu’après autant de temps on aurait dû recevoir un certain montant, un genre de forfait. L’attente est trop longue.»

Fabienne Lavanchy pense également que l’ECA a manqué de clairvoyance concernant le traitement de ses biens: «Des entreprises sont mandatées pour assainir et nettoyer ce qui peut l’être. J’ai ainsi pu récupérer quelques affaires. Mais je ne vous dis pas dans quel état. On est venu me rapporter mon matelas qui était resté une semaine dans l’eau et la fumée. Il gondolait. On m’a aussi ramené des chaussures entièrement déformées. Le pire, c’est un arbre à chat qui m’avait coûté 25 francs. Son nettoyage m’en a coûté 26. Car tout cela, on vous le facture. J’en ai pour 7000 francs en tout. J’en suis à mon deuxième rappel. J’ai tout envoyé à l’ECA, qui n’a pas encore payé. Tout ce que je demande aujourd’hui, c’est que cela s’arrête. J’aimerais simplement retrouver une vie normale et pouvoir enfin tourner la page.»

Créé: 09.01.2019, 12h18

L’ECA estime avoir fait tout juste

Responsable du service des sinistres, Jean-François Dutruy affirme que l’Établissement cantonal d’assurance du canton de Vaud (ECA) n’a rien à se reprocher dans cette affaire.

L’ECA a-t-il fait tout juste dans le cas en question?

En raison de la protection des données et comme c’est un dossier en cours, je ne peux pas entrer dans les détails. Je souhaite simplement mentionner que les propos de Mme Fabienne Lavanchy correspondent à sa vérité. De notre côté, nous estimons n’avoir pas rencontré de problème dans la gestion de ce sinistre.

Pour faire rembourser un objet détruit, le principe est de le racheter et vous envoyer la facture. Mais comment procéder lorsqu’on n’a pas d’argent?

Nos clients peuvent nous demander des acomptes, qui sont versés au regard de l’état d’avancement du dossier, si possible directement à la personne, sinon aux mandataires ou aux offices cantonaux compétents (ndlr: Office des poursuites ou Office des curatelles et des tutelles professionnelles).

Comment décidez-vous si un objet doit être assaini ou jeté?

L’ECA n’intervient en principe pas dans ce processus. Cela se règle entre une entreprise d’assainissement et le client. Ensemble, ils définissent quels objets peuvent être récupérés ou non. Dans le cas où un élément n’a finalement pas pu être assaini, le client doit rapidement le signaler. Il est alors comptabilisé dans la liste des objets détruits et son assainissement n’est pas facturé.

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