L’ancien commissaire de Gland a posé les plaques

PortraitLaurent Sumi a travaillé 23 ans à la Ville, dont 13 à la tête de la police municipale

L'ancien commissaire de Gland Laurent Sumi est parti à la retraite.

L'ancien commissaire de Gland Laurent Sumi est parti à la retraite. Image: VANESSA CARDOSO

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Laurent Sumi, c’est le grand avec des lunettes qui connaît tout le monde au marché hebdomadaire de la place de la Gare à Gland. Il est d’abord là comme chef du service de la population (spop), en charge de la police du commerce. Mais aussi parce qu’il aime cette ambiance conviviale. À l’avenir, il viendra acheter ses courses en tant que retraité. Laurent Sumi, qui a été commissaire de 1995 à 2008, avant de reprendre la responsabilité du spop, a accompli son dernier jour de boulot vendredi 5 octobre, deux jours après avoir fêté ses 60 ans.

Les gens qui habitent Gland depuis plus de dix ans gardent certainement le souvenir du chef de la police municipale en uniforme. On l’appelait le commissaire. L’homme sous la casquette, c’était Laurent Sumi. Cet enfant de Gland, parti de son village à 18 ans pour aller travailler aux CFF, y est revenu à 37 ans pour prendre la tête du poste de police, en remplacement de Jean Steiner.

«Je pense que la liberté commence par le respect des lois, déclare l’ancien commissaire. En homme convaincu du bon sens de cette philosophie, je n’ai donc jamais eu de problème pour les faire appliquer, quitte à devoir parfois sanctionner les contrevenants». Laurent Sumi ne cache pas qu’il était fier de porter l’uniforme. «C’est nécessaire pour montrer à la population que je suis le représentant de l’ordre et de l’autorité. C’est un poste exposé, mais quand on a la manière d’appréhender les situations, cela ne pose pas de problème.»

Autant dire que le commissaire a toujours été droit dans ses bottes. Même s’il y a eu des moments difficiles lors d’accidents mortels, de violences conjugales ou d’interventions délicates. «J’ai dû sortir mon arme à plusieurs reprises mais heureusement, je n’ai jamais eu besoin de tirer. Et je n’ai jamais été frappé. J’ai toujours privilégié le dialogue, dans le respect de l’autre. Même les jeunes, je les vousoyais pour leur marquer du respect. C’est comme ça qu’on peut espérer en avoir en retour.»

Les circonstances peuvent toutefois s’avérer plus complexes. L’ancien commissaire raconte qu’un jour, en voulant maîtriser un forcené, il s’est fait mordre au sang. «J’ai appris que la personne était atteinte d’une grave maladie transmissible. J’ai eu de l’inquiétude jusqu’au moment de recevoir les analyses».

Une autre anecdote en dit long sur le caractère bien trempé du personnage: «Nous étions en patrouille de nuit quand nous avons repéré un véhicule suspect. S’est alors engagée une course-poursuite. À un moment donné la voiture s’est arrêtée et ses occupants ont fui à pied en franchissant des haies et des treillis. Ils nous ont échappé. C’était une voiture volée. J’étais tellement frustré qu’en rentrant chez moi, j’ai nettoyé toutes les vitres de la maison pour me calmer. Et je peux vous dire que c’est la seule et unique fois de ma vie que j’ai lavé les vitres.»

Son quotidien a totalement changé en 2008 lorsque Gland a remplacé sa police municipale par un contrat de prestation avec la gendarmerie cantonale. C’était la première ville du Canton à se séparer de son poste de police. «J’ai dû faire le deuil de l’uniforme», reconnaît Laurent Sumi, qui a été nommé chef du Service de la population, créé à cette occasion. Cette nouvelle fonction est plus administrative mais elle m’a tout de même permis de garder un contact avec les habitants, notamment lors du marché.»

En pleine forme, Laurent Sumi a prévu de ressortir son vélo du galetas. Mais pas pour faire de la compétition. «Au contraire, je vais enfin pourvoir éliminer le mot «vite» de mon vocabulaire», se réjouit-il. Ce grand-père a d’autres projets: moniteur de marche au sein de l’association Vivre Ensemble à Gland (VIVAG), il envisage d’organiser des sorties en raquettes à neige. Il poursuivra son rôle de guide bénévole pour la Villa Rose, et il prévoit de partir avec ses amis contemporains faire un voyage au Brésil. «On voulait déjà le faire pour nos 40 ans. Il est temps d’acheter les billets.» (24 heures)

Créé: 09.10.2018, 10h21

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