Un ancien officier veille sur la Maison de l’Ecriture

MontricherPierre Lukaszewski est directeur de la Fondation Jan Michalski depuis plus d’un an. Portrait d’un homme au parcours atypique

La gigantesque bibliothèque de la Fondation Jan Michalski pour l’écriture et la littérature est l’endroit que préfère Pierre Lukaszewski, directeur.

La gigantesque bibliothèque de la Fondation Jan Michalski pour l’écriture et la littérature est l’endroit que préfère Pierre Lukaszewski, directeur. Image: Christian Brun

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Pierre Lukaszewski est un homme posé, de nature discrète. Derrière ses lunettes rondes, ses yeux verts ne laissent pas indifférents. Tout comme son look de gendre idéal: coiffure soignée, pantalon bleu en velours côtelé, veste et cravate kaki assorties. Depuis plus d’une année, il dirige la Fondation Jan Michalski pour l’écriture et la littérature, basée à Montricher dans la Maison de l’Ecriture.

A ce sujet, l’homme de 51?ans est précis, voire pointilleux. «Il ne s’agit pas d’une simple maison pour écrivains comme on en trouve un peu partout en Europe. C’est pourquoi il faut parler de la Fondation Jan Michalski et non de la Maison de l’Ecriture, terme qui est inexact. C’est un projet qui n’a pas son pareil. Ici, nous souhaitons créer une institution qui soit une référence artistique, littéraire et culturelle dans le paysage romand, suisse et international. Certes, nous allons accueillir des écrivains, mais aussi des expositions, des concerts, des conférences, des ateliers et des rencontres.» Dont acte.

Un CV improbable

Pour parvenir à cet objectif, Pierre Lukaszewski s’investit corps et âme. Et sait exactement comment mener sa barque. Assis dans son bureau, ce Franco-Belge d’origine polonaise l’avoue sans détour: «Je n’ai pas traîné mes guêtres dans le monde de la culture. J’ai un CV improbable et atypique. Je n’ai jamais eu de plan de carrière.» Au départ, rien ne le prédestinait en effet à occuper une telle fonction.

Né en Bourgogne en 1963, il s’engage dans l’armée française après l’école obligatoire. «Je ne me voyais pas faire des études classiques, poursuit-il. J’avais envie de bouger et j’avais soif de dépaysement.» Il ne sera pas déçu. Officier, il participera à la première guerre du Golfe ou servira encore en Guyane française et en ex-Yougoslavie. «J’ai vite mûri avec cette fonction, c’est une belle école de vie. Quand vous voyez des gens brisés, des villes détruites, cela permet de prendre du recul sur certains petits tracas du quotidien.»

Après avoir servi quinze ans sous les drapeaux, il décide de basculer dans la fonction publique pour «atterrir en douceur dans un nouveau monde». Il travaille aux Ministères français de l’agriculture et de l’environnement, avant de rejoindre le secteur privé. Cet amoureux de chasse, de montagne et de parapente part s’installer à Spa, en Belgique, où il dirige des thermes pour le compte d’un groupe français. «En 2010, je suis arrivé en Suisse en reprenant la direction générale des bains de Lavey», ajoute-t-il.

Déterminé à rester

Sa rencontre avec Vera Michalski, mécène qui a créé la Fondation Jan Michalski pour l’écriture et la littérature en mémoire de son défunt mari, a été déterminante dans la vie de Pierre Lukaszewski. Elle lui donne la possibilité d’opérer un nouveau virage à 180?degrés dans son parcours professionnel.

«Elle m’a donné la chance de participer à ce beau projet et je souhaite être un trait d’union, un passeur au service de cette fondation», confie celui qui a toujours aimé lire, alors qu’il prend place dans l’un des fauteuils de la gigantesque bibliothèque de 50?000 ouvrages de la fondation. Cette fois, il est déterminé à ne pas faire ses valises de sitôt. «Quand on décide de se lancer dans cette aventure, on ne peut pas se permettre d’être un intermittent du spectacle. Il faut s’inscrire dans le long terme.» (24 heures)

Créé: 29.03.2015, 17h04

Encore un an de travaux

Sur les hauts de Montricher, le chantier de la fondation se poursuit. L’architecture du lieu, pensé comme une véritable petite cité autour d’une imposante canopée qui fait face aux Alpes, est toujours aussi impressionnante.

La bibliothèque de quatre étages a été ouverte en janvier 2014. A terme, elle comptera quelque 80?000 ouvrages. «Tous les livres ont été achetés à des libraires indépendants pour soutenir le monde de l’édition», souligne Pierre Lukaszewski. Mais le lieu compte aussi un auditorium ainsi qu’une salle d’exposition. Courant 2016, les travaux de la construction des sept cabanes pour écrivains, suspendues à la canopée, devraient être achevés.

«Il s’agira de petits studios avec une zone de vie et une zone de travail», explique encore le directeur. La fondation, qui a déjà reçu quelques demandes, devra ensuite procéder à la sélection des auteurs avant de les accueillir à l’automne 2016, voire en 2017.

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