Dans les pas des anges de la propreté nyonnaise

NyonSept jours sur sept et toute l’année, le Service de la voirie est sur le terrain à l’aube pour rendre la ville accueillante.

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«Tu as vu celui qui titubait vers la Raiffeisen?» demande Laurent Bolay. Le sourire en coin, ses collègues acquiescent. Un seul fêtard croisé en ville signifie que la nuit a été calme. «Il y a déjà pas mal de monde en vacances», précise André Scheidegger. Le petit groupe est en pleine forme, alors que le soleil n’est pas encore levé. Il le faut, puisqu’il a la tâche de nettoyer la ville avant que les habitants ne se réveillent et que les touristes débarquent en bateau dans le quartier de Rive. Ces employés de la voirie assurent un service aussi discret qu’efficace, sept jours sur sept 365 jours par an.

Les trois hommes montent rapidement dans leur camionnette électrique qui part silencieusement sillonner la cité. André Scheidegger, conducteur de camion pendant la semaine, est responsable du haut de la ville. François Gander fait la tournée des toilettes publiques. Laurent Bolay descend, quant à lui, vers le lac et ses quais. Comme pressenti, les poubelles ne débordent pas. Il passe de l’une à l’autre à un rythme effréné. En été, le pire, ce sont les emballages de glace qui collent au fond de la corbeille métallique. «Et les bouteilles de bière encore pleines qu’on se renverse sur le pantalon», s’énerve le chef d’équipe. En une heure et demie, il arrive au bout de son travail à Rive. Le plateau arrière est rempli au tiers, alors qu’il est plein lors des grosses matinées.

Dans ces conditions, le travail est plutôt plaisant, avoue l’employé de la voirie. Rien à voir avec les lendemains de manifestations comme la Fête de la musique ou le Marché de printemps. «Quand je suis de service le lendemain, j’évite de me rendre dans ces événements, note ce menuisier de formation. Je ne veux pas voir ce qui m’attend.»

Toilettes putrides

Le ramassage des déchets dans les poubelles mais aussi des amas de détritus laissés sur les trottoirs n’est qu’une des tâches de la voirie. François Gander sourit en sortant des toilettes publiques de la Grande Jetée. «Ça va, c’est soft», note le jeune homme. Il n’est pas tombé nez à nez sur un noceur aviné resté endormi comme cela arrive de temps à autre. «Ce n’est pas le travail le plus agréable, mais en s’engageant à la voirie, on sait que cela fait partie de notre mandat», précise-t-il. Un mandat qui est parfois très difficile, quand les murs sont tapissés d’excréments et le sol recouvert de vomi. «On se demande comment il est possible d’en arriver là? s’interroge Laurent Bolay. Parfois, j’en ai tellement la nausée que j’en rajoute une couche.»

Vers les 8 heures, les trois hommes se retrouvent pour un café. Nyon est propre. André Scheidegger s’est occupé du haut de la ville et de la gare, autre zone sensible. Ils ont aussi eu le temps de faire la tournée des écopoints, qui demandent une attention particulière. Les trois camionnettes sont finalement pleines. «Avant, on faisait le même travail à pied en poussant un chariot, souligne André Scheidegger. On devait le vider tout le temps.»

«Je fais un métier de rêve»

À pied, Sébastien Devaux l’est toujours. Si ses collègues ont la mission d’enlever le gros des déchets, lui commence un peu plus tard et va dans les détails sur les lieux touristiques que sont la place du Château, l’esplanade des Marronniers et le parc du Conservatoire. Il est engagé pendant l’été pour cette tâche précise. «Je fais un métier de rêve, insiste-t-il. Je bénéficie d’une grande liberté car je m’organise comme je veux. L’important, c’est que le travail soit fait. Et je suis en plein air.»

Souriant, il balaie les feuilles devant le château et vide les dernières poubelles dans son petit chariot. Le jeune homme se sent comme un ambassadeur de sa ville. «À force, on connaît beaucoup d’habitants qui nous remercient. Ils reconnaissent notre travail, même s’ils jettent toujours trop de déchets ailleurs que dans les poubelles.»

Créé: 16.07.2019, 07h33

Les écopoints débordent

Avant de rentrer à la voirie, le service de week-end fait encore la tournée des écopoints. «Sans ça, après une semaine, certains sites seraient engloutis sous les déchets», regrette François Gander.

Deux lieux sont les bêtes noires de la Ville: celui du chemin d’Eysins et celui de Gai-Logis, tous deux étant en retrait de la route et des habitations. Dimanche matin, dans le second, un carton de vieilles crevettes, des boîtes en Sagex sales, des peaux d’orange, un sac de vieux livres et une pile de cartons sont éparpillés sur le sol.

En quelques minutes, tout finit dans deux grands sacs de 110 litres. Pendant la semaine, deux passages sont organisés tous les jours et la quantité de déchets à même le sol est similaire.

«Une minorité d’habitants fait le voyage de l’écopoint mais ne met pas les déchets dans les conteneurs à disposition», s’étonne Michel Magnin, chef d’exploitation à la voirie.

Sur l’ensemble des 18 écopoints, 30 à 40 amendes sont distribuées par année pour dépôt illicite. L’amende coûte 200 francs, à quoi il faut ajouter 50 francs de frais administratifs.

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