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Les arboriculteurs misent sur des vergers plus propres

Avec le programme Vergers vivants, la coopérative Fenaco promeut une arboriculture fruitière de grande valeur écologique.

Dans son verger de Pink Lady, Pascal Chollet contrôle l'hôtel à micro-guêpes qui inféodent les pucerons.
Dans son verger de Pink Lady, Pascal Chollet contrôle l'hôtel à micro-guêpes qui inféodent les pucerons.
Florian Cella

Ils en ont un peu marre d’être considérés comme les plus grands pollueurs du monde agricole. Les arboriculteurs estiment ne pas pouvoir se passer totalement des pesticides, mais veulent produire plus sain, plus propre. Sur le domaine de La Petite Lignière, à Gland, le mouvement est lancé depuis quelques années, dans la suite de la production intégrée.

Bruno, employé agricole, fait l’aller-retour entre les parchets de vigne, son tracteur étant équipé d’une petite herse qui retourne, sous les ceps, la terre envahie de ces mauvaises herbes qui mangent les nutriments de la vigne. Son patron, Pascal Chollet, utilise le même système pour «nettoyer» ses rangées de pommiers de la végétation spontanée. «Cette approche mécanique, qui permet de casser les racines, remplace l’utilisation d’herbicide. Elle est propre, si l’on excepte le recours plus fréquent au tracteur, mais demande beaucoup plus de manutention et de temps. Il faut en effet passer cinq ou six fois l’an dans les rangées pendant la saison», explique l’agriculteur.

20'000 tonnes de fruits

Avec 87 autres arboriculteurs qui produisent plus de 20000 tonnes de pommes et de poires sur plus de 500 hectares, il a rejoint le programme Vergers vivants, lancé par la Fenaco Produits du sol. Ce projet est une suite à celui mené par la coopérative dès 2012 avec l’Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL), visant à réduire les résidus phytosanitaires dans les pommes. En 2016, le projet Des pommes suisses, naturellement! a été lancé dans le cadre de la coopération dans la recherche de Fenaco et d’Agroscope. Les connaissances acquises constituent le fondement de l’initiative Vergers Vivants.

«Les consommateurs exigent de plus en plus des denrées alimentaires saines, de qualité et produites dans le respect de l’environnement. Notre initiative veut promouvoir une arboriculture fruitière suisse de grande valeur écologique, casser l’image négative de la profession en montrant ce que l’on fait pour la nature», explique Christian Bertholet, responsable fruits à Fenaco.

Cahier des charges précis

Concrètement, le programme comprend un cahier des charges en six points. Outre l’enlèvement mécanique des mauvaises herbes et l’utilisation d’engrais et de compost naturels pour améliorer le sol, il s’agit de lutter naturellement contre les ravageurs en installant des nichoirs pour oiseaux insectivores, des haies et des prairies fleuries ou encore des hôtels à insectes pour encourager la pollinisation. Pour lutter contre les nuisibles, Pascal Chollet a aussi posé des nids pour les microguêpes braconides, qui parasitent les pucerons et des box de paille pour attirer les perce-oreilles, en plus des pièges à phéromones qui pendent depuis des années dans ses rangées de pommes Jazz et Pink Lady.

Outre des modèles météo dont le logiciel détermine les phases de risque pour le développement de certaines maladies, comme l’oïdium ou la tavelure, l’arboriculteur a équipé ses vergers d’électrovannes commandées à distance, pour arroser ses cultures au goutte-à-goutte uniquement quand c’est nécessaire. «Grâce à une station de mesure avec sondes, alimentée par cellules photovoltaïques, qui donne toutes les quinze minutes le taux d’humidité du sol et la température», explique Pascal Chollet. De quoi maîtriser l’irrigation et économiser l’eau.

Les producteurs reçoivent un soutien technique de Fenaco pour la mise en œuvre de ce programme, ainsi qu’un soutien financier direct, car ces mesures entraînent une augmentation des coûts de production. «Une fois dans le système, il ne faut pas se louper. On prend un risque. C’est pourquoi toute la chaîne devrait faire cet effort», estime l’arboriculteur glandois.

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