Un architecte défend mordicus sa vision de Nyon

UrbanismeGeorges Tornier ne cède pas. Il veut forcer le dialogue autour de ses plans pour le centre-ville. Les autorités font le dos rond.

Image: Atelier 94 Architecture SA

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Georges Tornier persiste et signe. Cet architecte, enfant de Nyon mais établi à Arzier-Le Muids, avait présenté en 2016 une étude urbanistique réalisée à compte d’auteur et sans aucun mandat de la Ville de Nyon. Ses plans, diffusés lors d’une conférence de presse et sur le web, donnaient des pistes intéressantes pour redessiner et revitaliser le centre-ville.


Georges Tornier, architecte


Son travail n’ayant pas été pris en compte par les autorités locales, qui ont organisé depuis leur propre concours d’architecture pour leur projet «Cœur de ville», l’architecte revient à la charge pour forcer le débat autour de ses idées. Dès le mois de mars, il entend constituer un «groupe de développement Mieux vivre à Nyon» en invitant entre 10 et 20 acteurs économiques et politiques ou citoyens à relayer sa vision.

Désaccord sur la mobilité

La raison de cet acharnement? La déception de ne pas avoir été associé à la réflexion sur l’avenir du centre-ville, malgré le gros travail fourni à ses frais (plusieurs centaines de milliers de francs) et la conviction que la Ville de Nyon manque de vision globale, qu’elle n’a pas pris les bonnes options, notamment pour le réaménagement de la place Perdtemps.

Et aussi une certaine amertume de ne pas avoir été sollicité pour participer au mandat d’études parallèles pour l’aménagement de cette place. «J’ai été choqué par ce résultat, l’an dernier, qui reprenait mon idée de restaurer la grande zone verte qui existait autrefois, alors que la Ville voulait à l’origine y construire des bâtiments. On reprenait aussi mon idée de mettre des petits commerces dans les murs du Petit-Perdtemps», déplore l’architecte.

Dans son projet «Mieux vivre à Nyon dessus-dessous», Georges Tornier exploitait à fond les possibilités offertes par ce grand parking du centre-ville. Dans le sous-sol de Perdtemps, il n’intégrait pas seulement un parking souterrain de 1400 places sur six niveaux, mais encore salles de congrès, de cinéma et d’exposition ainsi que des commerces, la surface étant vouée entièrement à un parc de verdure.

Contrairement à la Municipalité, qui n’envisage qu’un parking enterré de 450 places, soit le même nombre qu’actuellement, afin de ne pas attirer du trafic supplémentaire au centre, l’architecte d’Azier est persuadé qu’il faut des places de stationnement pour répondre aux besoins des commerces, habitants et entreprises. Il prônait ainsi une meilleure gestion du trafic plutôt qu’une interdiction.

La version du projet lauréat de la Ville. PAYSAGESTION/LOCALARCHITECTURE/KÜNG & ASSOCIÉS/MRS PARTNEREDIT

La vision de Georges Tornier du Petit-Perdtemps avec ses commerces. ATELIER 94.

Tranchée «hors de prix»

Pour y arriver, il créait une tranchée couverte sous la place de la Gare, ce qui permettait de réduire les nuisances, de rendre cette place entièrement aux piétons et aux transports publics et de supprimer l’engorgement du carrefour de la Morâche. De l’autre, il proposait, comme les autorités l’avaient imaginé il y a 30 ans déjà, de créer un nouvel axe routier depuis le tunnel élargi de l’Étraz jusqu’à Perdtemps, par-dessus l’Asse.

«Comme nous l’avons expliqué à M. Tornier lors d’une rencontre avec lui, son projet est restreint au centre-ville. Il ne tient pas compte de l’ensemble de la cité et de sa mobilité, répond Maurice Gay, municipal de l’Urbanisme. Installer centre de congrès et cinémas à Perdtemps, c’est amener un fort trafic au centre, ce qu’on veut éviter. Et construire une tranchée, c’est un chantier titanesque et hors de prix. Nous avons une vision plus globale, par étapes, qui implique notamment de réaliser la Route de desserte urbaine, au nord de la ville, avant d’attaquer la place de la Gare. Pour le reste, M. Tornier propose des idées qui étaient déjà dans le pipeline.»

En attendant, Georges Tornier fait campagne sur les réseaux sociaux. Sa page Facebook, comprenant quatre capsules vidéo postées entre novembre et décembre dernier, comptabilisait déjà 110'000 vues fin janvier.

Créé: 18.02.2020, 18h26

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