«L’armée m’a appris la camaraderie et la loyauté»

PortraitConservateur des musées du château de Morges depuis près de vingt ans, Albert Dutoit tirera sa révérence en novembre.

Conservateur des musées du château depuis 1996, Albert Dutoit tirera sa révérence fin novembre.

Conservateur des musées du château depuis 1996, Albert Dutoit tirera sa révérence fin novembre. Image: ODILE MEYLAN

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Entre les murs épais du château de Morges, Albert Dutoit se sent comme chez lui. Il en connaît tous les recoins, les secrets, les anecdotes. A 65 printemps, le conservateur des quatre musées logés dans l’édifice médiéval s’apprête à mettre un point final à sa riche carrière. Fin novembre, il fermera une dernière fois les grilles de ce lieu qui a occupé plus de trente ans de sa vie. Un pincement au cœur? «Immanquablement.»

Rien, pourtant, ne prédestinait cet Eclépanais à prendre la tête d’un arsenal, et encore moins de musées. Fils d’un employé de Holcim, le jeune Albert Dutoit apprend le métier de dessinateur machines et se spécialise dans le béton armé. Son diplôme en poche, l’ingénieur est envoyé au Caire pour le compte de l’entreprise alémanique Holderbank. Il embarque avec lui sa jeune épouse, Micheline. «Nous nous sommes mariés dix jours à peine avant notre départ.» C’est sous le brûlant soleil d’Egypte que naîtra leur premier enfant, Laurent. Une expérience de deux ans, qui aura inoculé aux deux époux le virus du voyage.

Une école de vie

Toutefois, Albert Dutoit est profondément attaché au village qui l’a vu grandir: Eclépens. De retour en Suisse, il décroche un job chez Sapal, à Ecublens. Mais la chose militaire le titille de plus en plus. A l’aube de ses 30 ans, il devient commandant d’une compagnie et obtient le grade de capitaine. «L’armée a été une école de vie, confie-t-il en sirotant un café noir. C’est un passage obligé. On y apprend la camaraderie, le respect de l’autre, la loyauté.»

Virage professionnel. A l’automne 1982, alors jeune père pour la seconde fois, le voilà nommé adjoint à la direction des arsenaux vaudois, au château de Morges. Il ne le quittera plus. Et gravira les échelons. Nommé directeur des arsenaux en 1996, il est bombardé conservateur des quatre musées nichés dans l’édifice (lire ci-dessous). «Je ne connaissais rien au monde culturel, je ne suis pas historien! Mais j’avais envie de découvrir ce milieu, j’ai tout appris sur le tas.» Etape ultime: en 2006, il prend la tête de la Division affaires militaires et logistique, jusqu’en 2013. Depuis lors, il ne porte plus qu’une seule casquette, celle de conservateur, à 40%. «Le passage à la retraite s’est fait en douceur.»

Son sourire en coin laisse transparaître une pointe de nostalgie. Pas question pour autant de se laisser abattre. Sa vie de retraité, Albert Dutoit compte la garnir de mille activités. «Mon rôle de président de l’Association Verte Rive-Centre Général Guisan me permettra de garder un pied dans le monde militaire. Et je souhaite continuer à organiser des manifestations, comme je l’ai fait pour le 1200e anniversaire d’Eclépens. J’adore ça!»

Rêves d’ailleurs

Et, surtout, il y a Agathe, sa petite-fille, âgée de 1 an. «Avec ma femme, nous vivons des moments extraordinaires avec cette petite nana.» Ses yeux perçants se mettent à étinceler. Le couple occupe une grande partie de son temps à dorloter la petite. Mais n’en oublie pas ses rêves d’ailleurs. «Nous venons de passer deux semaines idylliques en Grèce. Mais je pense déjà à notre prochain voyage. Sans doute au Cambodge et en Birmanie.»

Créé: 26.09.2015, 15h01

Bientôt cinq musées au château

Le château de Morges, imposante forteresse du XIIIe siècle, abrite quatre institutions: les Musées militaire vaudois, de l’artillerie, de la figurine historique et de la gendarmerie. Au printemps prochain, il en accueillera un cinquième: le Musée Paderewski quittera le Grenier Bernois pour s’installer dans les murs de l’édifice. Le déménagement a déjà commencé en juin.

La venue de l’institution consacrée au compositeur polonais ne risque-t-elle pas de détonner avec la vocation des lieux? Non, affirme Albert Dutoit. «Ignace Paderewski fut le premier président de la Pologne moderne, rappelle-t-il. A ce titre, il fut le chef des armées. Il existe donc un lien solide entre ce personnage, qui a vécu à Morges pendant quarante ans, et le domaine militaire.»

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