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Des artistes en résidence donnent leur élan à l’Esp’Asse

L’expérience menée depuis sept mois doit aider le centre socioculturel de Nyon à imaginer sa future Maison des arts et de la culture.

Ils vivent et travaillent en communauté à leur œuvre individuelle, dormant dans les «sleeping pods», capsules à rideaux fabriquées tout exprès pour cette expérience à l’Esp’Asse. De g. à dr. Cairi Jacks, Kenneth Rose, Ilana Blumberg, Sara Ashrafi, Laura McGlinchey et Sarah Bovet.
Ils vivent et travaillent en communauté à leur œuvre individuelle, dormant dans les «sleeping pods», capsules à rideaux fabriquées tout exprès pour cette expérience à l’Esp’Asse. De g. à dr. Cairi Jacks, Kenneth Rose, Ilana Blumberg, Sara Ashrafi, Laura McGlinchey et Sarah Bovet.
Vanessa Cardoso

«Au réveil, quand je tire le rideau de mon lit, je replonge immédiatement dans mon œuvre», s’amuse Laura McGlinchey, artiste écossaise dont l’installation, composée de bandelettes et de copeaux de papier journal, occupe déjà tout le centre de l’atelier commun mis à sa disposition à la Fondation Esp’Asse, à Nyon. La jeune femme vit, travaille, mange et dort depuis des semaines dans ce local de 200 m2 en compagnie de cinq autres créateurs. Une expérience tant pour eux que pour la fondation qui gère le centre socio­culturel créé en 2001 dans l’ancienne usine Stellram.

Si l’Esp’Asse loue déjà depuis des années des locaux à des peintres et plasticiens établis, comme Bernard Garo ou Pierre Schwerzmann, elle teste depuis avril dernier le système des artistes en résidence. «Comme nous projetons la création sur notre site d’une Maison des arts et de la culture de 3000 m2, cette expérience, qui a permis d’accueillir une trentaine d’artistes, aura été source de nombreux enseignements sur la manière d’envisager de nouvelles infrastructures pour eux», explique Rodolphe Haener, attaché de communication de l’Esp’Asse.

Une passeuse d’art

Le succès de cette opération revient à Nina Rodin. Établie à Trélex, cette artiste d’origine danoise accueille depuis son arrivée en Suisse des artistes en résidence dans l’énorme galetas de sa maison. En sept ans, son association, Résidences d’artistes de Trélex, y a vu défiler pas moins de 150 créateurs du monde entier, en séjour deux par deux. Pour y gagner sa place, pas besoin de présenter un CV ou un dossier artistique. «Je ne fais pas de sélection. Ma règle, c’est de laisser à mes hôtes une liberté créative absolue, sans obligation de laisser une œuvre ou d’aboutir à une exposition», explique l’artiste, qui a réussi à créer, grâce à un réseau de connaissances et le bouche à oreille, un lieu de résidence très prisé.

«La liste d’attente pour venir à Trélex est de deux ans, sans avoir fait aucune publicité», se réjouit Nina Rodin, qui favorise la cohabitation de personnalités et de styles différents. «Les deux premiers artistes que j’ai accueillis étaient une Portugaise très expansive, qui faisait de grandes peintures et performances, et une miniaturiste pakistanaise dont le travail ne supportait aucune poussière! Elles se sont enrichies mutuellement et sont restées très amies.»

Le choc des cultures

À l’Esp’Asse aussi, les résidents actuels, qui dorment sur place dans des box en bois rappelant les lits du Moyen Âge, ne se connaissaient pas à leur arrivée, à l’exception de Kenneth Rose, penché sur de minutieux dessins géométriques, et sa compatriote écossaise Laura. La Nyonnaise Sarah Bovet, lauréate en 2018 de la Carte Blanche de la première Journée des arts de Nyon, les aide à se dépatouiller, car aucun ne parle français. Sara Ashrafi, peintre surréaliste iranienne, cherche son inspiration dans la vie quotidienne des gens. «Cet endroit est si différent de chez moi, sur le plan culturel comme du cadre de vie, que j’adore écouter tout simplement à la pause de midi ce que racontent mes collègues.» La Londonienne Ilana Blumberg, créatrice textile, est arrivée avec sa machine à tricoter. Elle est un peu malheureuse car elle a lavé le pantalon qu’elle avait tissé avec des poils de chien patiemment filés et celui-ci a rétréci! Cairi Jacks, une Galloise, crée des montages faits d’écorce, de feuilles ou de parois d’un nid de guêpes en résonance sensorielle avec la nature, tout en parachevant des écrits pour un doctorat en art et géographie.

Le public est invité à venir les voir travailler encore jusqu’au 29 octobre, où aura lieu dès 17 heures la verrée du finissage.

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