L’association commerciale de Nyon se saborde

CommerceAprès le refus populaire de l’extension des horaires des commerces, le comité démissionne en bloc. La CCT pour le personnel de vente est menacée.

Les commerçants de Nyon doivent renouveler dans l'urgence le comité de leur association.

Les commerçants de Nyon doivent renouveler dans l'urgence le comité de leur association. Image: Alain Rouèche-Archives

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La claque subie il y a trois semaines à Nyon par le comité de la Société industrielle et commerciale (SIC) laissera des traces durables. Le refus dans les urnes de l’extension des horaires des commerces a poussé ses dix membres à démissionner en bloc au 31 janvier. Le climat de la campagne agressive et l’absence de mobilisation des commerçants favorables à l’heure supplémentaire le samedi ont conduit à cette décision radicale.

La Municipalité de Nyon a réagi rapidement à l’annonce tombée mardi à 11h. «Nous respectons cette décision parce que le comité de la SIC, malgré toute sa bonne volonté et son courage, a subi une déconvenue. Elle a surtout vécu une campagne difficile, pour laquelle elle était moins armée que ses adversaires, rompus à l’exercice d’une votation et aux attaques qui vont avec», écrit l’Exécutif dans un communiqué.

Le comité de la SIC assurera toutefois encore l’organisation du Marché de Noël et essayera de trouver une relève prête à lui succéder. Ce qui n’est pas gagné dans le climat actuel. Une élection pour le remplacer est toutefois prévue le 15 janvier. Avant cela, une assemblée extraordinaire est fixée au 31 octobre avec à l’ordre du jour un vote sur le maintien ou non de la convention collective de travail (CCT) communale dans les métiers de la vente. Nyon est avec Lausanne la seule ville du canton a en posséder une.

«Cette convention est un dés­avantage concurrentiel par rapport aux commerces des autres communes de la région qui ne sont pas soumis à une CTT, regrette Marisa Benedetto, présidente de la SIC. Les difficultés que rencontre le commerce local font que certains employeurs ne peuvent désormais plus assumer les conditions salariales incluses dans la CCT.» Le socialiste Alexandre Démétriadès, membre du comité référendaire, déplore cette décision. «Nous reconnaissons que la SIC a montré jusqu’à aujourd’hui de la bonne volonté pour entrer en négociation pour une nouvelle CCT. C’est dommage de ne pas aller jusqu’au bout une fois la votation passée.»

Le climat de la campagne, extrêmement tendu de part et d’autre, n’a pas permis de surpasser ces difficultés. La présidente de la SIC a largement critiqué le syndicat Unia, qui était son partenaire dans la CCT, en qui la confiance est rompue. «Si la campagne a été difficile, la SIC en est responsable, se défend le secrétaire syndical Komla Kpogli. La démocratie a parlé et elle a la particularité de désigner des vainqueurs et des perdants. Il faut vivre avec.»


Commentaire

La SIC ne peut pas disparaître

Voter le statu quo n’est pas une garantie que rien ne change. Le résultat du référendum contre l’extension des horaires des commerces en est la démonstration. Trois semaines après le verdict, le milieu des commerçants s’enfonce dans une crise qui dépasse celle de la concurrence du tourisme d’achat et de l’e-commerce. On ne peut que regretter aujourd’hui l’échec des négociations pour le renouvellement de la CCT. Les partenaires sociaux qui avaient conclu la précédente — faisant de la ville de Nyon une pionnière en la matière — sont devenus des ennemis inconciliables au terme d’une campagne agressive durant laquelle les échanges ont été émotionnels et sans nuances. Difficile de s’asseoir à une table après s’être traité de menteurs pendant des semaines.

Si le syndicat et le personnel de vente ont gagné dans les urnes, la dénonciation annoncée de la CCT communale pour le personnel de vente péjorera les salaires et les conditions de travail d’une centaine d’employés des enseignes indépendantes.

Le revers encaissé par la SIC a également mené l’association au bord de l’implosion. Son comité démissionne en bloc et de nombreux commerces auraient décidé de quitter le bateau en perdition. Une dissolution de la SIC est d’ailleurs clairement évoquée, si aucune perle rare n’est trouvée pour reprendre le flambeau. Une telle éventualité serait catastrophique. Avec la disparition de la SIC, ce sont aussi les grandes animations du centre-ville (marchés de Noël, de printemps et d’automne) qui disparaîtront alors qu’elles réunissent des milliers de personnes dans la rue.

Créé: 15.10.2019, 18h50

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