Bassins, un village plus paisible qu’il n’y paraît

L'esprit des lieuxLa Commune de Bassins a souvent fait les titres des médias: la défense de son employé kosovar menacé d’expulsion, la construction de sa piscine tout en bois ou le refus d’entrer au Conseil régional du district de Nyon.

Malgré quelques péripéties politiques, le village de Bassins s’avère plutôt d’une tranquillité à toute épreuve, tout juste rythmée par les activités d’habitants qui prennent l’initiative d’animer la vie de la communauté de 1400 âmes.

Malgré quelques péripéties politiques, le village de Bassins s’avère plutôt d’une tranquillité à toute épreuve, tout juste rythmée par les activités d’habitants qui prennent l’initiative d’animer la vie de la communauté de 1400 âmes. Image: Vanessa Cardoso

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Ces dernières années, la Commune de Bassins a souvent fait les titres des médias: lorsqu’elle a défendu son employé kosovar menacé d’expulsion; quand elle a construit sa piscine tout en bois; quand elle a refusé d’entrer au Conseil régional du district de Nyon, quand ses finances étaient dans le rouge ou encore quand les autorités politiques et son remuant syndic, Didier Lohri, se sont fait chahuter par des référendums…

Cette image est trompeuse. Le village est plutôt paisible, voire trop calme, selon certains. Né à Bassins dans une famille venue de Savoie au XVIe siècle, l’agriculteur Bernard Treboux, la soixantaine, se souvient de sa jeunesse: «Quand j’avais 20 ans, c’était plus vivant. Il y avait deux magasins, deux bistrots, la laiterie, la boulangerie et une boucherie. Il fait toujours bon vivre mais la mentalité a changé.»

Président de la Jeunesse, Étienne Mercet, 24 ans, agriculteur lui aussi, ne quitterait Bassins pour rien au monde. «Je suis né là et je m’y sens bien. Quand je quitte Bassins et que j’y reviens, je me sens chez moi. Il y a cet esprit de la campagne. Si on a besoin d’un coup de main, d’un service, on n’hésite pas à demander. La Jeunesse se porte bien. On ne s’ennuie jamais. On a de l’espace, de la liberté. Ce samedi, on organise un souper mexicain. On aimerait bien attirer plus de monde parmi les nouveaux habitants.»

En vingt ans, le village de Bassins a changé. Les anciennes résidences secondaires des Genevois qui venaient passer leur week-end à la campagne, au pied du Jura, sont devenues des habitations à l’année. Et peu à peu, des quartiers de villas ont été construits sur les hauts. «En 1997, nous étions 777, aujourd’hui, nous arrivons à 1400 habitants, annonce le syndic, Didier Lohri. La population a presque doublé et le nombre de sociétés locales a été divisé par quatre. Alors oui, il y a eu du changement. La difficulté est de réussir la cohésion sociale entre des personnes qui n’ont pas les mêmes affinités, poursuit le syndic. Les nouveaux venus recherchent la tranquillité et n’ont pas nécessairement envie de se mettre dans des sociétés locales. Ils préfèrent des loisirs sans obligation d’horaire, sans engagement. Ce que leur fournit notamment notre piscine.»

Bassins, propriétaire de vastes forêts et de beaux pâturages, doit probablement son nom à ses sources abondantes. Le village compte encore 11 exploitations agricoles, plusieurs entreprises du secondaire et quelques commerces, dont une excellente boulangerie et un salon de coiffure tenu par Valérie Rod. «Je suis venue de Morges à Bassins pour le boulot, mais j’ai passé toute mon enfance à la campagne. Quand je suis arrivée en 2011, je me suis tout de suite sentie à l’aise. Les gens sont accueillants, respectueux. C’est mon village. Je n’ai plus envie de repartir.» Longtemps fermée, l’auberge communale de La Couronne a été reprise en septembre 2017 par le patron de l’Auberge Au Lion-d’Or à Tannay. Lui aussi se dit bien accepté. «Les gens d’ici sont simples et très sympas. À l’auberge, ils se sentent comme chez eux. En une année, j’ai acquis une clientèle fidèle, également parmi les jeunes. On ne cherche pas à s’imposer, on essaie de s’adapter à la mentalité locale, d’être à l’écoute des habitants.»

Comme partout, il y a toujours un noyau de citoyens plus actifs que d’autres pour animer la vie communautaire. Liliane Treboux en fait partie depuis des années. «Je suis arrivée de Luins à l’âge de 18 ans. J’ai eu la chance de tenir la laiterie, ce qui m’a permis de connaître tout le monde. Puis j’ai fondé la société de gym et passé mon brevet pour faire monitrice. J’ai vu passer des centaines d’enfants. Quel bonheur!»

À entendre tous ces témoignages, la vie semble agréable à Bassins. Quand on demande au syndic ce qui pourrait encore y manquer, Didier Lohri n’hésite pas: «Il faudrait des logements et des structures d’accueil pour les personnes âgées et les jeunes couples. Sinon, ils sont obligés d’aller habiter ailleurs. C’est important pour le tissu familial. Nous avons un projet au centre du village, mais il est contesté. Ce serait aussi bien de pourvoir mieux utiliser la colonie de vacances pour des classes vertes.»

Créé: 23.09.2018, 09h49

Les gens



L’agriculteur Bernard Treboux, ici avec sa femme Liliane, trouvait la localité plus vivante au temps de sa jeunesse, avec des commerces plus nombreux. DR




Albert Zumberi, le patron de l’auberge de La Couronne: «Les gens d’ici sont simples et très sympas.» DR





Valérie Rod tient le salon de coiffure de Bassins depuis 2011 et a totalement adopté son lieu de vie. DR





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