Berne reconnaît la dangerosité du projet routier rollois

Mobilité douceIl faut trouver un itinéraire bis pour assurer la sécurité des cyclistes à la route de la Vallée

Il n'y a pas de piste cyclable prévue en site propre dans le premier projet d'aménagement de la route de la Vallée à Rolle.

Il n'y a pas de piste cyclable prévue en site propre dans le premier projet d'aménagement de la route de la Vallée à Rolle. Image: BUREAU D'ARCHITECTE CCHE

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«Nouvelle jonction autoroutière à Rolle: les cyclistes envoyés au casse-pipe?» Tel est l’intitulé de l’interpellation «urgente» transmise au Comité directeur de Région de Nyon mercredi par Claude Farine. Le conseiller intercommunal demande aux autorités régionales d’étudier rapidement une alternative au projet actuel, jugé très dangereux pour les cyclistes. Même le Département fédéral de l’environnement, des transports, de l’énergie et de la communication (DETEC, section mobilité douce) l’a récemment reconnu et propose que l’Office fédéral des routes (OFROU) apporte son concours à la planification et à la réalisation des infrastructures nécessaires à cette solution.

Opposition au projet

Le réaménagement de la jonction autoroutière à Rolle est bloqué par une opposition de l’Association Transports et Environnement (ATE-Vaud) et de Pro Vélo déposée en mai 2018. Ce projet prévoit le déplacement de la bretelle d’entrée en direction de Lausanne, pour permettre la construction du nouveau site de production Schenk, mais aussi la création de trois nouveau ronds-points sur la route de la Vallée, qui vont aggraver la dangerosité de la chaussée pour les cyclistes.

Les opposants rappellent que cette artère a été considérée comme un des axes structurants du Réseau cyclable régional, adopté par les autorités du district de Nyon en 2017, notamment parce qu’elle assure l’accessibilité multimodale de la gare CFF de Rolle. Ils relèvent que des bandes cyclables sont effectivement prévues dans les deux sens, mais qu’elles sont discontinues à l’approche des quatre giratoires. De plus, le projet est contraire à l’égalité des modes de transport et au développement d’une stratégie de mobilité alternative dans la région de Nyon.

«Dans ce nouvel aménagement, les cyclistes sont tout simplement oubliés, dénonce Claude Farine dans son interpellation. Sur un tronçon avec une pente de 4 à 6% de déclivité, ils auront à slalomer entre les voitures et les bus sur une simple bande cyclable.» L’ATE-Vaud et Pro Vélo font valoir «l’extrême dangerosité du projet» et ont demandé qu’on trouve une autre solution (piste cyclable en site propre, trottoir mixte ou itinéraire alternatif).

Opposants sidérés

Dans un premier temps, l’OFROU a argumenté que ces bandes cyclables répondaient aux exigences de sécurité applicables au cas présent et que le gabarit actuel du pont de l’autoroute ne permettait pas d’envisager une solution en site propre. L’Office fédéral recommandait seulement de colorer ces bandes cyclables en rouge dans les zones d’entrelacement.

Cette réponse a sidéré les opposants, qui se sont empressés d’envoyer une «lettre de protestation» dans laquelle ils répètent leur vive inquiétude au sujet de la sécurité des cyclistes. Touché! Le 31 octobre dernier, la responsable du domaine mobilité douce du DETEC a reconnu que «les ronds-points posaient un lourd défi aux cyclistes et que le guidage du trafic cycliste du projet ne répondait pas aux exigences qualitatives d’un axe structurant tel qu’il est prévu dans le programme de Région de Nyon».

Un autre axe cyclable

Mais le courrier précisait aussi qu’il faudrait élargir le pont de l’autoroute pour aménager une piste cyclable en site propre. Et même prévoir d’équiper également les tronçons routiers adjacents d’une piste cyclable. Dès lors, «une nouvelle étude de projet entraînerait probablement un retard de 5 à 10ans». Raison pour laquelle le DETEC propose plutôt d’étudier un projet d’axe cyclable totalement distinct de la jonction et de la route cantonale et assure que dans ce cas-là, il y aurait un soutien conséquent de l’OFROU.

«Nous nous sommes assurés qu’il y aurait bien un apport financier, poursuit Claude Farine. Ce que nous voulons maintenant, c’est une promesse ferme que cette étude sera réalisée rapidement. Aucun des opposants ne cherche à bloquer le projet de Schenk. Nous espérons obtenir une séance de conciliation pour trouver un compromis.»

Créé: 14.12.2019, 08h13

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