Bière, capitale éphémère du «bidon Fritz»

HistoireUne centaine de véhicules de la Deuxième guerre se sont réunis ce week-end sur La Côte. L'occasion d'évoquer un objet obscur promis à un succès mondial.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Allemands et Anglo-saxons ont chanté Lili Marlene durant la Deuxième Guerre mondiale. Mais la chanson de la belle Marlene n’était pas le seul point commun entre les belligérants. Les uns et les autres ont recouru au même récipient pour faire le plein. La centaine de véhicules d’époque rassemblés samedi et dimanche à Bière en témoignent: américains, anglais, canadiens ou allemands, les camions, chenillettes, jeeps ou Kübelwagen ont tous un ou plusieurs jerricans arrimés quelque part.

Membre éminent du Military Vehicle Conservation Group de Suisse romande qui organise la réunion, Alain Cuendet est incollable sur les engins de l’époque. Et notamment sur ce «bidon Fritz» (Jerry étant le surnom donné aux Allemands par les Anglo-Saxons pendant le conflit), tellement pratique que les Anglais ramassaient tous ceux sur lesquels ils mettaient la main. Par la suite, tous les belligérants les ont copiés, avec plus ou moins de bonheur.

«Les Américains, par exemple, n’ont pas compris l’intérêt du bouchon à levier et l’ont remplacé par un bouchon vissé, explique Alain Cuendet. Résultat, il fallait serrer très fort pour éviter les fuites. Ensuite, bonjour pour le dévisser.» Mais l’ingéniosité germanique ne s’était pas arrêtée à ce bouchon, placé en retrait, à l’abri des chocs. «Les trois poignées permettaient de porter les bidons de plusieurs manières, seul ou à deux», explique cet habitant de Colombier-sur-Morges, venu en voisin avec son camion Ford Canada.

La conception géniale des jerricans et le secret qui les entourait s’expliquent par le rôle stratégique attribué par les Allemands à leurs Einheitskanistern: le ravitaillement des véhicules reposait sur ces bidons de 20 litres, plutôt que sur de lourds camions-citernes incapables de s’aventurer dans le terrain. Si la copie est le plus vibrant des hommages, le général Eisenhower, commandant des forces alliées en Europe, a aussi apporté sa pierre à l’édifice. «Conscient de l’importance des jerricans que les soldats avaient tendance à jeter dans le fossé une fois vides, il a ordonné de récompenser les enfants qui les ramenaient aux troupes», raconte Alain Cuendet, sanglé dans un uniforme du régiment de la Chaudière, une unité québécoise qui a débarqué le 6 juin 1944 en Normandie.

Comme les autres participants, le Vaudois met un point d’honneur à assortir sa tenue à son véhicule. Quitte à porter sous le soleil le gros drap épais et le béret des troupes de l’Empire. (24 heures)

Créé: 13.08.2017, 18h26

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actu croquée par nos dessinateurs, partie 4

Ce week-end à Lausanne, les coureurs du semi-marathon et du marathon se verront proposer une bière (sans alcool) à l'issue de la course. Les organisateurs suivent ce qui se fait en Allemagne ou en Suisse alémanique. Car la bière est isotonique, riche en vitamines B10 et B12, et passe mieux que certaines autres boissons.
(Image: Bénédicte) Plus...