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La brique Falconnier renaît au Château de Nyon

Une exposition met en scène l’invention de l’ancien préfet. Elle permet de découvrir aussi la modernité de cet objet chéri jusqu'en Russie.

Heliodoro Rodrigues monte avec précaution une paroi avec les briques Falconnier.

La brique Falconnier retrouve sa splendeur. L’invention de Gustave Falconnier, ancien préfet de Nyon, suscite à nouveau une grande fascination au-delà des cercles fermés des spécialistes de l’architecture et des historiens. L’exposition temporaire que lui consacrera d’ici un mois le château de Nyon en sera la démonstration. Elle est déjà promise à un beau succès, tant les signes d’engouement pour ces pièces de construction en verre soufflé sont nombreux.

L’appel au recensement d’Aline Jeandrevin dans nos colonnes en janvier 2017 a porté ses fruits. Six habitants du canton ont pris contact avec l’historienne, spécialiste de la brique Falconnier. «Tous ont apporté des connaissances nouvelles, souligne-t-elle. Nous avons retrouvé des modèles inédits issus de petites séries réalisées par Gustave Falconnier en guise d’essais.» Un modèle bleu et un autre en forme de coquillage ont pu être recensés. L’architecte nyonnais Vincent Mangeat a même prêté un prototype en bois. Certaines de ses trouvailles ont grossi les collections du château qui compte aujourd’hui 1800 pièces.

Un lot de 700 briques a aussi été acheté pour que des parois soient construites dans le cadre de l’exposition. «L’objectif est que le public puisse se rendre compte des jeux de lumière qu’offre la brique Falconnier», note Vincent Lieber, conservateur. Ce qui constitue toute une expérience, selon Aline Jeandrevin. «Les briques anciennes, faites de manière artisanale, ont l’avantage d’être imparfaites. Le public est souvent touché par les vibrations qu’elles dégagent.»

Un savoir-faire

Le maçon qui les travaille ces jours au château ne dira pas le contraire. Il avoue apprécier le montage de ces briques, qui est toutefois plus complexe qu’il n’y paraît. «Il faut avoir beaucoup de patience, souligne Heliodoro Rodrigues. Avec le verre, le mortier ne tient pas toujours. Il sèche lentement.» L’ouvrier ne peut élever qu’une rangée par jour pour assurer la stabilité de la structure. «Ce savoir-faire ne s’enseigne plus, note le maçon de Perrin Frères. Je l’ai appris avec un collègue bientôt à la retraite.»

En plus de remettre au goût du jour un savoir-faire, l’exposition aura aussi le mérite d’apporter une contribution historique importante. Un ouvrage de référence sortira à l’occasion du vernissage, le 7 juin. «Jusqu’ici, il n’y avait que peu de documents sur la brique Falconnier», note Vincent Lieber.

Des fans en Russie

Sous la direction d’Aline Jeandrevin, la publication est richement illustrée grâce à un important travail photographique. Les nombreux sponsors, parmi lesquels les entreprises actives dans la construction, y ont largement participé, prouvant l’engouement que suscite l’invention nyonnaise.

Un sentiment qui dépasse largement nos frontières. Plusieurs musées spécialisés dans le verre et des magazines d’architecture ont un œil attentif sur la future exposition du Château. Celle-ci pourrait à l’avenir être remontée dans différents lieux. Sans aucun doute, des fans russes espèrent qu’elle le soit à Moscou ou Saint-Pétersbourg où plusieurs bâtiments en sont ornés. Aline Jeandrevin a découvert un groupe dédié à la brique Falconnier sur Instagram. On y voit des jeunes gens se mettant en scène autour de briques, devenues stars de la déco. C’est d’ailleurs pour cette utilisation qu’elle est souvent vendue sur Internet, à des prix allant de 35 à 70 euros la pièce.

«La brique de verre Falconnier» À voir dès le 8 juin au château de Nyon: www.chateaudenyon.ch

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